Édition internationale

Anne Baer, Israël : « J’ai envie que les Français d’Israël soient défendus »

Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste d’Israël (Tel-Aviv et Haïfa) . Anne Baer se présente pour la liste Union francophone des bâtisseurs d'Israël.

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Écrit par La Rédaction
Publié le 15 mai 2026

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

Les « Bâtisseurs d’Israël », c’est 18 femmes et hommes qui tout en menant de front leurs entreprises n’ont cessé d’exprimer leur engagement au sein d’associations. Avec Yonathan Dahan, nous avons décidé que le moment était venu de monter notre liste et d’apporter quelque chose de différent. Yonathan est né en Israël. Je suis née en France et me sens israélienne à 100%.

J’ai fait deux fois mon Alya. La première Alya en 1984 avec le désir de devenir plus israélienne que les Israéliens. Mais j’ai toujours gardé un lien fort avec la France. La seconde, il y a 15 ans quand je suis revenue après un long séjour professionnel à l’étranger en Afrique et aux Nations Unies. Cette fois j’étais décidée à vivre ma double identité. Regardez Noam Bettan ! Quelle fierté pour nous tous les Franco-israéliens.

Professionnellement, je représente depuis 10 ans le fonds d’investissement d’un grand acteur français de l’énergie et préside en parallèle les Conseillers du Commerce Extérieur de la France en Israël depuis 2019. Je suis très impliquée sur les questions d’environnement, de relations internationales, de technologie et de défense d’Israël au sein d’Elnet par exemple.

Yonathan apporte avec lui l’expérience d’un self-made man complet, patron d’une très belle entreprise d’assurance en France, en Israël et en Afrique. Il est administrateur de la Chambre de Commerce Israël-France.

Par rapport aux dernières élections consulaires en 2021, le nombre d’inscrits au consulat a augmenté. Du coup, nous avons deux fois plus de représentants à élire. On est passé de 7 à 13 ! Vu l’état dégradé des relations entre nos deux pays, nous nous sommes dits que le moment était venu de renforcer le travail déjà réalisé par les élus en place, étoffer la gamme des bonnes volontés, en apportant quelque chose de différent : notre liste adresse toutes les compétences avec de l’économique, de l’emploi, des stages, des professionnels de l’éducation, de la tech, de la banque, de la santé et des héros franco-israéliens parfois méconnus qui ont réussi leur intégration, et tendent la main à tous.

 

Que représente pour vous la mission principale de Conseiller des Français de l'étranger ?

Notre marque de fabrique – les bâtisseurs – résume bien notre message. Pour nous - et c’est fondamental - la mission principale des conseillers consulaires doit rester locale, terre-à-terre, et quotidienne et ne pas servir d’autres ambitions que celle de servir…

Nous sommes sans étiquette politique et ne portons l’étendard d’aucun parti politique, ni en France ni en Israël.  Nous voulons juste apporter du positif à nos compatriotes en temps de crise.

 

Comment avez-vous constitué votre liste ?

On a pensé notre liste comme une trousse à outils. Nous voulons apporter des solutions à tous les types de difficultés. Vous êtes perplexes devant le système de santé ou le système scolaire ? C’est normal. On est passé par là et on va vous aider. Vous manquez de réseau, nous vous apportons le nôtre pour vous aider à vous intégrer économiquement. On peut vous aider à faire votre livret de famille mais surtout à la fonder ou à la nourrir ! On a dans notre liste des jeunes comme Daniel à Tel Aviv et Salomé à Eilat qui ont monté des coopérations et des cercles pour se rencontrer.

Nous avons parmi nous des gens qui ont fait leur Alya dans les années 70 et d’autres il y a 8 mois. Les enjeux ne sont pas les mêmes.  Les solutions non plus. Nous couvrons tout le territoire aussi du nord au sud.

 

Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?

Israël traverse tant de crises globales et locales qu’il faut s’entraider plus que jamais. On est en pleine guerre au moment où on lance ces élections. On est tous épuisés, surmenés, angoissés. Mais nous n’avons pas le choix. On doit continuer à vivre, à travailler et à exprimer nos choix aussi. J’ai envie que les Français d’Israël soient défendus et représentés le mieux possible partout et tout le temps.

Les relations entre nos deux gouvernements ne vont pas bien. Mais il se place plein de choses positives dans les relations entre les deux pays qu’on ne voit pas assez.

C’est exactement ça que je veux changer. Montrer ce qui marche. Parler de dispositifs d’aide pour les Français de l’étranger que les gens ne connaissent pas. Parler des financements pour des coopérations entre entreprises des deux pays. Donner de la visibilité au travail de la Chambre de Commerce, des Conseillers du Commerce Extérieur, de la French Tech, mais aussi à EVA, aux Eis de Hameirim, aux associations d’aide aux réservistes et à leurs familles, et à tous ces franco-israéliens qui depuis des décennies travaillent et militent dans des associations israéliennes ou franco-israéliennes et des entreprises et qui font tant pour les autres.

 

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?

Nous devons une fois de plus faire face à la guerre et au rejet international. Les bombardements incessants qui ciblent les civils n’ont pas d’équivalent dans l’histoire d’Israël. Alors non seulement nous sommes dans une guerre de survie face à un ennemi déterminé à nous réduire à néant, mais nous sommes isolés.  Je refuse de baisser les bras. J’ai trop d’amis en France mais aussi dans les pays voisins qui me disent à voix basse de continuer. Notre défi c’est de tenir et de nous soutenir les uns les autres.

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