Après plusieurs décisions controversées d’expulsion de jeunes ayant grandi en Suède, le gouvernement de Stockholm a annoncé un recul partiel. Certaines expulsions sont suspendues et des aménagements introduits pour les personnes intégrées. Cette révision survient face à la pression médiatique et aux critiques d’associations et de juristes.


Depuis 2022, la coalition de centre‑droite menée par le Premier ministre Ulf Kristersson a appliqué une politique migratoire particulièrement stricte. L’objectif était de réduire l’immigration d’asile et accélérer les expulsions. Parmi les mesures les plus controversées figurent la suppression du droit pour certains demandeurs d’asile de changer leur statut en permis de travail ainsi que l’expulsion automatique des jeunes adultes qui ont grandi en Suède. Les règles sur le regroupement familial et les permis permanents ont également été durcies. Ces décisions ont provoqué un tollé, tant dans les médias que parmi les associations humanitaires. Le site The Local rapporte plusieurs cas de jeunes « chassés de leur pays d’adoption » malgré des années passées à étudier et travailler en Suède
Le gouvernement suédois fait marche arrière
Face aux critiques, le gouvernement a récemment annoncé des ajustements. Les expulsions de jeunes adultes et de demandeurs d’emploi intégrés sont désormais suspendues ou limitées. Des exceptions sont prévues pour ceux qui étudient ou travaillent et certaines dispositions concernant le regroupement familial sont assouplies. Ulf Kristersson a défendu ces changements comme une réponse aux critiques et à la pression sociale. Il souligne que l’exécutif voulait désormais offrir « une chance réelle de construire un avenir en Suède » aux personnes déjà intégrées. Bien que le gouvernement n’ait pas formulé un désaveu explicite, les observateurs et les juristes considèrent ce revirement comme une reconnaissance implicite d’un excès de sévérité dans l’application des règles.
Des critiques fortes
Cette révision intervient dans un contexte européen plus large où plusieurs pays cherchent à durcir les expulsions de migrants en situation irrégulière. Le Parlement européen débat actuellement d’une directive « Retour » qui pourrait faciliter ces procédures. En Suède, l’Office de l’immigration a également été contraint de revoir certaines pratiques jugées trop strictes, notamment les expulsions de jeunes bientôt majeurs.
















