À l’occasion des élections des conseillers des Français de l’étranger le 31 mai prochain (du 22 au 27 mai par Internet), nous sommes allés à la rencontre des cinq candidats tête de liste pour la circonscription de Suède. Océane Legrand se présente avec la liste ”Les Écologistes - EELV en Suède”. Elle détaille sa vision du mandat, les priorités de son équipe et les grands enjeux auxquels fait face la communauté française en Suède.


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Je m’appelle Océane Legrand, j’ai 31 ans, je suis originaire de Normandie et je vis à Stockholm depuis cinq ans. J’ai quitté la France à l’âge de 18 ans pour m’installer en Belgique, où j’ai rejoint mon compagnon qui allait devenir mon mari, tout en poursuivant en parallèle mes études d’informatique à l’université de Lille. J’ai ensuite commencé ma vie professionnelle, d’abord en Belgique puis en Suède, que j’avais découvert quelques années plus tôt lors d’un échange Erasmus.
Je travaille aujourd’hui comme développeuse dans une société de conseil en informatique. C’est pendant mes études que j’ai commencé à m’engager, en étant élue représentante étudiante à l’université Lille, pour défendre les droits des étudiant·es et porter leurs préoccupations. Après plusieurs années consacrées à ma vie professionnelle, la dissolution de juin 2024 et la montée de l’extrême droite ont été pour moi un électrochoc. J’ai alors décidé de me mobiliser, de devenir militante pour le Nouveau Front populaire, puis de rejoindre Les Écologistes.Très attachée aux valeurs de lutte contre les discriminations, de justice sociale et d'écologie, j'ai choisi de m’engager dans ces élections consulaires avec les Écologistes - EELV pour les Français de l’étranger.
Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?
Pour moi, la mission principale d’une conseillère des Français de l’étranger est d’être une élue de proximité : quelqu’un d’accessible, qui écoute, qui informe, et qui fait le lien entre les Français·es vivant ici, les institutions françaises et locales. C’est un rôle très concret. Il s’agit d’accompagner les personnes dans leurs démarches, de faire remonter les difficultés vécues sur le terrain, et de défendre les droits des Français·es de Suède aux conseils consulaires, l’instance locale où sont notamment examinées les questions de bourses scolaires, de financements aux associations et d’aide sociale aux Français·es en difficulté.
Mon mandat s’appuiera sur des valeurs claires portées par les écologistes. Cela veut dire défendre la justice sociale, l’accès aux droits, la lutte contre les discriminations, la solidarité et l’écologie. Les Français·es de l’étranger ne sont pas en dehors des enjeux politiques : ils et elles sont concerné·es par l’éducation, les bourses, les aides sociales, les retraites, l’accès aux services publics, ou encore les situations de précarité et d’isolement.

Comment avez-vous constitué votre liste ?
Notre liste, Les Écologistes - EELV en Suède, rassemble des personnes vivant en Suède, engagées dans la vie locale et aux parcours très différents. Pour constituer notre liste, nous avons discuté avec les différentes forces de gauche présentes en Suède, nous permettant d'être rejoint par Place Publique et Miljöpartiet, le parti écologiste suédois.
Par cette liste, nous avons cherché à représenter la diversité des Français·es vivant en Suède, avec des personnes vivant à Stockholm et de Göteborg. Nos expériences de vie et professionnelles sont diverses, avec des parcours dans l’informatique, la recherche en biologie, l’environnement, le développement durable, l’engagement politique local et le travail parlementaire.
En plus de moi-même, je pense qu’il est nécessaire de présenter nos colistiers. Simon, notre numéro 2, est installé en Suède depuis deux ans. Chercheur en biologie au Karolinska Institutet, il travaille sur le développement de nouvelles thérapies pour les maladies génétiques. Son parcours, entre la France, les États-Unis et la Suède, nourrit aussi son engagement avec Les Écologistes, notamment sur les liens entre environnement, santé, inégalités et discriminations.
Flora, notre numéro 3, est installée à Stockholm depuis sept ans. Chercheuse en biologie au Karolinska Institutet, dans la recherche contre le cancer, elle est aussi mère d’une petite fille. Engagée avec Les Écologistes, elle porte particulièrement les sujets liés à l’environnement, à l’écoféminisme et à la découverte de la nature pour les plus jeunes.
Louis, notre numéro 4, vit à Göteborg depuis dix ans et élève deux enfants dans une double culture franco-suédoise. Chef de projet chez Volvo sur des sujets environnementaux, il s’engage pour porter des valeurs d’humanisme, de justice sociale et d’écologie.
Cindy, notre numéro 5, vit en Suède depuis seize ans. Conseillère depuis 10 ans auprès de la vice maire de Stockholm en charge des questions d’environnement et climat, elle a aussi travaillé à l’ambassade de France en Suède à l’analyse des politiques sociales, de santé et de l’emploi dans les pays nordiques. Cindy est l’une des candidat·es têtes de liste de Miljöpartiet de Gröna pour les élections municipales à Stockholm de septembre 2026. Mère de deux jeunes enfants franco-suédois, elle connaît de près les enjeux liés à la vie de famille et à la transmission de la langue et la culture françaises en Suède.
Ossian, notre numéro 6, est franco-suédois, né en Suède et vivant à Stockholm. Il est conseiller politique auprès du conseiller régional de Stockholm en charge des transports pour Miljöpartiet. Il fait également partie de l’équipe de klimatgranskare.se, un site d’actualité consacré aux politiques climatiques et environnementales.
Edwige, notre numéro 7, est installée en Suède depuis quatre ans. Engagée avec Place Publique, elle a un parcours entre éducation, relations internationales et sciences de l’environnement. Aujourd’hui consultante en développement durable, elle souhaite mettre son expérience au service de la transition écologique, de l’accès à l’éducation et de la lutte contre les inégalités.
Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
Ces élections sont parfois peu connues, mais elles sont importantes parce qu’elles concernent directement notre vie quotidienne à l’étranger. Les conseiller·ères des Français de l’étranger siègent au conseil consulaire et peuvent intervenir sur des sujets très concrets : les bourses scolaires, les aides sociales, l’état civil, les démarches administratives, l’accompagnement des personnes en difficulté ou encore l’accès à l’enseignement français.
Ce scrutin a aussi une portée nationale, puisque les conseiller·ères sont des grands électeurs et participent à l’élection des sénatrices et sénateurs des Français·es de l’étranger. Voter pour notre liste écologiste, c’est aussi participer à donner plus de poids au groupe écologiste au Sénat, notamment en soutenant la réélection de nos deux sénatrices écologistes, Mélanie Vogel et Mathilde Ollivier. Elles ont porté des combats majeurs, comme la constitutionnalisation du droit à l’IVG et une proposition de loi sur la protection des océans. Elles ont également obtenu des avancées concrètes pour les Français·es de l’étranger comme l’ouverture d’une mission d’information sur l’enseignement français à l’étranger, des propositions pour améliorer la protection sociale, faciliter l’accès à un compte bancaire en France, ou une meilleure prise en compte des situations de handicap.
Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
Je pense que l’un des plus grands défis est l’accès à l’information, à l’accompagnement et aux droits. La Suède est un pays où beaucoup de Français et Françaises s’installent avec enthousiasme, mais les démarches peuvent vite devenir complexes : comprendre les systèmes français et suédois, connaître ses droits dans les deux pays, savoir vers qui se tourner, demander une aide ou être accompagné en cas de difficulté.
Il faut aussi mieux prendre en compte les Français·es vivant sur l’ensemble du territoire suédois, au-delà de Stockholm, afin de garantir un meilleur accès à l’information, aux services et à la représentation consulaire. Pour les familles installées ici, un autre enjeu important est aussi la transmission de la langue et de la culture françaises aux enfants, à travers le soutien aux associations, aux initiatives culturelles et aux offres éducatives en français. Cela concerne aussi particulièrement les situations de vulnérabilité : précarité, violences, discriminations, isolement.
Je serai une conseillère consulaire toujours accessible et à l'écoute pour aider à orienter, accompagner, rendre les dispositifs plus visibles et faire remonter les problèmes rencontrés par les Français et Françaises de Suède.
Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme pour ces élections ?
Notre programme s’articule autour de quatre grands axes : les services et démarches, l’éducation, la communauté francophone, et l’écologie et l’égalité. Le premier axe concerne la défense des droits lors des conseils consulaires et l’accompagnement dans les démarches. Nous voulons être des élu·es accessibles, capables d’orienter les Français·es de Suède dans leurs démarches administratives, les demandes de bourses, les aides sociales ou les situations plus difficiles. Il est important que chacun·e sache vers qui se tourner et puisse être accompagné·e, notamment en cas de précarité, de violences ou de discriminations.
Le deuxième axe est l’éducation et l’enseignement de la langue française. Nous voulons défendre un enseignement français accessible et de qualité, avec un financement pérenne de l’enseignement français à l’étranger, des frais de scolarité maîtrisés, un accès équitable aux bourses, le renforcement des associations FLAM (français langue maternelle) et le développement de l’offre éducative en Suède, notamment à Göteborg.
Le troisième axe porte sur la communauté francophone et le soutien aux associations locales. Elles sont essentielles pour tisser du lien social, faire vivre la culture francophone et lutter contre l’isolement. Nous souhaitons donner plus de visibilité aux événements et aux initiatives partout en Suède, pas seulement à Stockholm, et encourager les projets qui renforcent les liens entre les Français·es et les acteurs locaux.
Enfin, notre programme porte une ambition écologiste et sociale. Cela signifie soutenir les projets associatifs qui intègrent des critères sociaux et environnementaux, sensibiliser aux enjeux climatiques et aux discriminations, et mieux accompagner les personnes confrontées à des violences ou à des situations d’inégalité.












