Adoptée par le Parlement suédois le 29 avril, la réforme qui vise à durcir l’accès à la nationalité suédoise entrera en vigueur le 6 juin prochain. Elle s’appliquera aussi à des dizaines de milliers de demandes déjà en attente de traitement.


La Suède vient à nouveau d’opérer un durcissement de son droit de nationalité. Le Riksdag a adopté le 29 avril une réforme des conditions d’accès à la citoyenneté. Le texte, porté par le gouvernement de coalition de centre-droit avec le soutien des Démocrates de Suède doit entrer en vigueur le 6 juin 2026, jour de la fête nationale. Une date importante pour un texte présenté par l’exécutif comme une manière de « revaloriser » la citoyenneté suédoise.
Les nouvelles règles ne concerneront pas uniquement les futurs candidats. Elles s’appliqueront aussi aux demandes déjà déposées mais non encore traitées par l’administration suédoise. Selon les estimations de Migrationsverket, l’agence suédoise des migrations, près de 100 000 dossiers sont actuellement en attente.
Des candidats pris au piège des délais administratifs
Pour beaucoup de résidents étrangers installés de longue date en Suède, le changement a l’effet d’un couperet. Certains ont déposé leur demande il y a plusieurs années en remplissant toutes les conditions légales. Or, faute de traitement suffisamment rapide de leur dossier, ils pourraient désormais se voir opposer les nouvelles exigences. Le problème n’est pas marginal. D’après les chiffres communiqués par Migrationsverket près de 30 % des demandes en cours ont plus de deux ans et environ 12 % datent d’avant 2023.
Huit ans de résidence au lieu de cinq
Jusqu’ici, la règle générale imposait cinq années de résidence continue en Suède. À compter du 6 juin, cette durée passe à huit ans, sauf exceptions limitées. Pour les conjoints de citoyens suédois, les délais sont eux aussi allongés. Trois années supplémentaires qui changent considérablement le calendrier de nombreux candidats.
Une exigence d’autonomie financière
Les candidats devront également prouver leur autonomie financière. Une évolution assumée par l’exécutif suédois qui, comme le souligne une analyse de KPMG Suède consacrée à la réforme, souhaite désormais faire de l’indépendance économique un marqueur essentiel de l’intégration, à l’image de plusieurs États européens.
Des tests de langue et de société
Autre évolution majeure : l’introduction de tests obligatoires de langue suédoise et de connaissances civiques. Les premières épreuves de compréhension devraient entrer en vigueur à partir d’octobre 2027 avec un calendrier progressif pour les autres volets linguistiques.
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