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Défense : La Suède choisit la France pour l'achat de quatre frégates

La Suède a choisi Naval Group, le géant français de la défense pour livrer quatre navires de guerre à la Marine royale suédoise. Un contrat colossal, évalué à près de 3,7 milliards d'euros.

Frégate française Amiral RonarchFrégate française Amiral Ronarch
Frégate française Amiral Ronarch © Wikimedia Commons -CC BY-SA 4.0
Écrit par Jade Mary
Publié le 20 mai 2026, mis à jour le 21 mai 2026

Cela faisait quatre décennies que la Suède n'avait pas commandé des navires de cette envergure. Le premier ministre Ulf Kristersson a qualifié l'opération du plus important investissement militaire de la Suède depuis les années 1980. Le retrait du service, dans les années 1980, des destroyers de la classe Östergötland avait mis fin à la présence de grandes unités de surface suédoises capables d'opérer au-delà de la Baltique.

L'adhésion de la Suède à l'OTAN et la dégradation de l'environnement de sécurité en mer Baltique ont mis en évidence l'absence de capacité d'escorte hauturière et de défense aérienne de zone de la Svenska Marinen. Difficile dans ce contexte de continuer à faire l'impasse sur des frégates de premier rang.

 

La FDI, une frégate « prête au combat »

Ce 19 mai, la Suède a fait part de son intention de commander quatre FDI auprès de Naval Group dans le cadre du programme baptisé « classe Luleå ». Ces navires ne sont pas des prototypes de laboratoire. Les deux premières unités, l'Amiral Ronarc'h pour la Marine nationale française et le Kimon pour la marine hellénique, ont déjà été livrées. La Suède bénéficiera donc d'une technologie déjà éprouvée.

 

Un calendrier serré

L'objectif officiel est d'avoir deux bâtiments en service idéalement d'ici 2030 et deux autres à l'horizon 2035. Pour y parvenir, la FDI présente un avantage décisif. Sa ligne de production est déjà rodée, ce qui limite les risques de retards industriels qui ont plombé tant d'autres grands programmes d’armement. Sur le plan technique, le navire est impressionnant. Il affiche un déplacement de 4 500 tonnes pour une longueur de 122 mètres, la FDI est dotée d'un sonar de coque, d'un sonar remorqué, d'une suite de guerre électronique, de lanceurs verticaux pour des missiles Aster 15 et Aster 30, d'une tourelle de 76 mm et de missiles antinavires Exocet.

 

La Baltique, théâtre de toutes les tensions

« La mer Baltique n'a jamais, à l'époque moderne, été aussi exposée, remise en question et disputée qu'aujourd'hui », a déclaré Ulf Kristersson lors de la conférence de presse gouvernementale. La Suède qui a adhéré à l'OTAN en mars 2024, a engagé un renforcement de son outil militaire depuis le début de la guerre en Ukraine. Le commandant suprême Michael Claesson a d'ailleurs souligné que les navires pourront opérer bien au-delà des frontières suédoises et que cette acquisition est importante pour la participation future de la Suède aux opérations de l'OTAN.

 

Une victoire diplomatique autant qu'industrielle

Du côté français, la satisfaction est palpable. Naval Group l'a emporté face au tandem britannique-suédois Babcock-Saab qui proposait sa frégate Arrowhead 120. Le ministre de la Défense suédois Pål Jonson a mis en avant la rapidité de livraison, la maturité technique et un système de défense aérienne éprouvé pour justifier ce choix. Le choix de Stockholm a été salué par le président Emmanuel Macron, qui a déclaré « Je remercie la Suède et je mesure la confiance faite à la France. Après le choix fait par la France de se doter du GlobalEye de Saab pour renouveler sa flotte d'avions radar AWACS, c'est une décision stratégique majeure, qui traduit la confiance mutuelle entre nos deux pays. »

Pour Naval Group cette commande porte à 13 le nombre total de FDI vendues. 5 pour la France, 4 pour la Grèce et désormais 4 pour la Suède. La frégate française s'impose ainsi progressivement comme une référence au sein des marines européennes membres de l'OTAN, ce qui n'était pas gagné d'avance il y a encore dix ans.

 

- Budget total : environ 3,7 milliards d'euros (40 milliards de couronnes suédoises)
- Coût unitaire : environ 10 milliards de couronnes par navire (selon le ministre de la Défense Pål Jonson)
- Calendrier : premières livraisons à partir de 2030, dernières livraisons en 2035

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