Édition internationale

SOCIETE- Citadel : coutellerie artisanale à Phnom Penh

Une coutellerie artisanale au Cambodge où tout est fabriqué à la main ? Et bien oui, ce n'est pas une plaisanterie. Installé depuis 9 ans en Asie, Dominique et son équipe fabriquent couteaux et sabres de manière artisanale. Retour sur une affaire atypique

(Source Photo: Citadel) Les artisants travaillent les lames avec précision et savoir-faire
Des lames du monde entier
Les artisans de chez Citadel fabriquent de tout en matière de lame : du petit couteau de berger pour découper tendrement la saussice sèche des Pyrénnées, en passant par le haiku japonais utilisé traditionnellement pour découper le poisson cru, spécialité ancestrale du Japon comme les succulents sushis. Nos forgerons phnompenois se sont de fait spécialisés dans le Japon ancien et ses sabres qui épatent autant par leur aspect raffiné que par leur nom qui nous emmènent du côté du levant. Il y a le fameux katanna des samouraïs, qui protégèrent le Japon féodal 700 ans durant, mais aussi le kaiken dont la fonction ultime était de permettre aux dames de préserver leur honneur. Les artisans de Citadel sont des passionnés de la coutellerie artisanale d'où qu'elle provienne. C'est ainsi que des couteaux de chasse Scandinaves sont exposés dans leur boutique aux cotés de ceux des Sherpas Népalais. « Le couteau » est le premier objet fabriqué et quand on a la chance de visiter la fabrique on se rend compte que le couteau, plus qu'une simple lame, a aussi une âme.

(Source Photo: Citadel)
La qualité pas la quantité
Du côté de la production, c'est la précision des finitions qui frappe le visiteur : la poignée des sabres est recouverte de galuchat, une peau de poisson très résistante qui, une fois travaillée, ressemble à des perles de nacre. Elle est fabriquée chez Citadel avec des peaux de raies péchées dans le golfe de Thailande. La soie qui tresse cette même poignée de sabre vient d'un des meilleurs fournisseurs japonais. « Il n'y a que là-bas qu'on en trouve avec un tressage aussi fin » confie Christophe, ancien gendarme d'Avignon qui a rejoint l'équipe de Citadel. Après avoir passé plus de 20 ans en Asie, Dominique Eluére, maître forgeron, a fondé Citadel, il y a bientôt 9 ans. L'aventure a commencé à trois amis motivés par une passion commune. Ils sont désormais plus d'une centaine à s'activer dans les grands ateliers de la société non loin de l'Aéroport International de Phnom Penh. La coutellerie vend désormais plus de 1000 pièces par mois, exportées vers les dojos en France et aux Etats unis. Le succès est là mais l'équipe se refuse à déroger à ses valeurs: « La qualité avant la quantité » reste et restera le credo de Citadel. En partant, Christian, jeune retraité venu donner un coup de main nous glisse « Chez Citadel, on est un peu des artistes fous? ». Des artistes qui veulent faire perdurer la tradition de la coutellerie, qu'elle vienne du Pays basque ou de Kyoto. La citadelle est donc bien gardée?
Simon Agez (LePetitJournal.com Cambodge) Mercredi 12 Novembre 2008

Pour plus d'informations:
http://www.citadel.com.kh/ ou visitez les ShowRoom au #10, Rue 110 (près du Quai Sisowath)

{mxc}
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.