Samedi 5 décembre 2020
Singapour
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Mise en place d’une “Bulle de Voyage” entre Hong Kong et Singapour

Par Emma Dailey | Publié le 27/10/2020 à 18:15 | Mis à jour le 27/10/2020 à 18:21
Photo : @AndyLeungHK
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Jeudi 15 octobre, les gouvernements singapourien et hongkongais ont annoncé la mise en place d’une “bulle de voyage” entre les deux villes dans les semaines à venir. Cet accord devrait permettre à leurs résidents de voyager librement, sans quarantaine, à condition qu’ils aient séjourner au moins quatorze jours consécutifs au préalable dans le port de départ, Singapour ou Hong Kong, et qu’ils puissent attester d’un test COVID-19 négatif au départ et à l’arrivée.

 

Cette nouvelle mesure ne sera toutefois pas valable pour les travailleurs immigrés vivant dans les dortoirs souligne dans son allocution le ministre des transports singapourien, M. Ong Ye Kung.

Des vols spécifiques seront dédiés à ces échanges, permettant aux gouvernements de croître ou réduire rapidement le nombre de trajets autorisés dans la “bulle” en fonction de l'évolution du nombre de cas de COVID-19. Les voyageurs devront toutefois, avant d’acheter leurs billets, obtenir une autorisation du gouvernement (un “air travel pass”). Pour l’instant, Singapour et Hong Kong sont encore en phase de négociation notamment en ce qui concerne le nombre de voyageurs et la mise en place de potentiels quotas. Cette première “bulle” pourrait ainsi être un modèle pour de futurs échanges entre des états aux situations similaires. Ailleurs, l’Australie et la Nouvelle Zélande sont également entrés en pourparlers pour mettre en place des échanges qui ne sont toutefois prévus qu’en décembre.

Bien que cet accord ne soit pas encore établi de façon définitive, les voyageurs arrivant de Hong Kong à Singapour ont, depuis le 12 octobre, le droit de faire une “quarantaine” d’une durée réduite à une semaine seulement et qui plus est dans leur propre résidence et non plus dans un hôtel désigné par le gouvernement. Hong Kong est en effet considéré par Singapour comme étant une zone au même ‘profil de risque’ que Singapour. Cette annonce est bien sûr très appréciée par les populations locales, particulièrement les individus ayant des intérêts commerciaux d’un côté ou de l’autre de la mer de Chine du sud, qui sépare les deux territoires.

Cette collaboration est d’autant plus attendue que le secteur aéronautique contribuait à hauteur de 6% du PIB Singapourien et 5% du PIB de Hong Kong en 2019, à la veille de la crise sanitaire mondiale et qu’il est parmi les plus touchés, suite aux différentes restrictions de voyages qui ont été instaurées à travers le monde. L'aéroport de Changi et de Hong Kong opèrent actuellement avec seulement 1.5% du nombre de passagers habituels.

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Ces restrictions ont particulièrement affecté les compagnies aériennes des pays qui n’ont pas de vols domestiques, tels que Singapour et Hong Kong. Cette “bulle de voyage” devrait donc insuffler un peu de vie aux aéroports et compagnies aériennes de Singapour et de Hong Kong sachant qu’avant la pandémie, environ un million de voyages avaient lieu annuellement entre Hong Kong et Singapour, selon les statistiques des centres de tourisme des deux villes.

L’annonce de cette potentielle “bulle” a tout de suite stimulé économiquement le secteur aéronautique ainsi le prix d’un billet Hong Kong - Singapour a augmenté de 40% au lendemain de l’annonce ! De même, l’index de Cathay Pacific Airways, compagnie aérienne hongkongaise, est passé de 6.1% à 6.4% . Il est estimé par James Teo et Chris Muckensturm, analystes de Bloomberg, que l’accord pourrait augmenter les revenus mensuels de Cathay de HK$90 millions, réduisant leur taux d'érosion des capitaux d’environ 6%.

Cet accord a donc le potentiel de revitaliser le secteur aéronautique de Singapour et de Hong Kong, tout en facilitant les échanges économiques et sociaux entre les deux cités. Il reste cependant à voir exactement quelles seront les mesures et quotas qui seront décidés par les gouvernements respectifs en fonction du développement de la pandémie. Cependant malgré ces derniers détails qui restent à être définis, cette bulle de voyage sera la première, permettant aux résidents et aux entreprises de potentiellement envisager un retour progressif à la normale.

Emma Dailey

Emma Dailey

Franco-Américaine, Emma a passé plus de dix ans à Singapour. Après une licence en Sciences Sociales, focalisée sur les relations entre l'Europe et l'Asie, elle est actuellement étudiante en Master de Sécurité Internationale à SciencesPo Paris.
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