Depuis janvier 2012, la Sorbonne University est présente à Singapour, au travers de son Ecole Internationale de Droit. Si l'ambition reste prudente, ce développement international constitue une vraie innovation dans le paysage universitaire français, particulièrement dans le domaine du Droit.
Lepetitjournal.com- Vous êtes, à Singapour, le doyen d'une entité qui associe les noms d'Assas et de la Sorbonne, de quoi s'agit-il ?
Stéphane Braconnier - L'école Internationale de Droit est un département autonome de l'Université de Droit Panthéon-Assas, qui fait elle-même partie d'un nouveau pôle dénommé Sorbonne University. L'idée qui a présidé à la création de Sorbonne University, c'est le souci d'offrir à un certain nombre d'institutions de Paris et sa région le moyen d'atteindre une taille critique, pour être visibles à l'international. En Province, ce regroupement s'est souvent fait entre établissements sur une logique de zone. Sorbonne University s'est au contraire construite sur la base de la complémentarité, regroupant sous un même nom, dans le cadre d'une fondation, l'Université Paris II-Panthéon Assas, pour le Droit, Paris IV-Sorbonne pour les Sciences Humaines et Paris VI-Pierre et Marie Curie pour les Sciences. La nouvelle entité bénéficie ainsi de la reconnaissance des laboratoires de recherche de Paris VI et de l'expérience acquise par Paris IV à Abu Dhabi. Sorbonne University inclut enfin un certain nombre de partenaires associés tels que l'Insead, l'Ecole des Chartes...
Le fait de vous présenter désormais sous la marque Sorbonne est-elle un avantage à l'étranger ?
C'est clairement un avantage. La marque Sorbonne a une forte notoriété à l'étranger. Elle est chargée d'histoire et est spontanément associée à une image d'excellence.
Comment est né le projet de l'Ecole Internationale de Droit ?
A l'origine du projet, je pensais qu'il fallait faire quelque chose en Asie. Il ne s'agissait pas nécessairement de créer une école. L'idée initiale était de créer un réseau virtuel d'enseignement et de recherche. Progressivement, le projet d'une Ecole s'est imposé, d'abord pour permettre à des étudiants européens de s'ouvrir sur l'Asie, puis, en sens inverse, d'ouvrir une fenêtre sur l'Europe aux étudiants asiatiques.
Pourquoi ce choix d'ouvrir un campus à Singapour ?
L'Ecole est organisée sur deux campus, à Paris, rue d'Assas, et à Singapour, depuis Janvier 2012, dans les locaux de l'Insead. L'Ecole a mis en place deux types de programmes : un programme diplômant, le LLM International Business Law, et des séminaires de formation à l'attention des cadres dirigeants et des avocats. Le LLM comme la formation continue sont organisés de manière parallèle sur les deux campus. Le choix de Singapour est lié à sa localisation, à son statut de plateforme d'affaires en Asie, la simplicité administrative et la stabilité. Lorsque nous avons construit le projet, nous avons commencé par contacter les autorités singapouriennes. L'EDB, Economic Development Board, s'est d'emblée montrée très intéressée car l'Ecole internationale de Droit s'inscrit naturellement dans la démarche de la cité Etat d'attirer les talents et de construire un hub de référence dans le domaine de l'Education. Le fait que le programme se fasse avec une Université de renom était aussi important. Nous avons eu également le support du ministère de la Justice et du ministère de l'Education.
Comment s'organise le programme diplômant ?
Le programme du LLM représente au total 160 heures de formations réparties sur une période de 6 mois de janvier à Juin. Il s'agit pour les intéressés d'obtenir une formation orientée vers le Droit Européen. Le contenu est identique sur les deux campus de Paris et Singapour. Par ailleurs un échange est prévu au mois de mai, qui permet aux étudiants qui le souhaitent d'étudier pendant un mois dans l'autre campus. L'enseignement est assuré par des professeurs et par des professionnels.
A qui ce programme s'adresse-t-il ?
A de jeunes diplômés en Droit travaillant dans des cabinets d'Avocats ou le service juridique de grandes entreprises. Certains étudiants de la première promotion, en 2012, avaient, en moyenne, 4 ans d'expérience professionnelle. Logiquement, le campus de Paris a vocation à accueillir des étudiants du monde entier. Celui de Singapour est destiné d'une part aux français qui s'intéressent à l'Asie, d'autre part aux asiatiques, travaillant avec l'Europe. Ce sont les grandes entreprises en France qui nous ont parlé spontanément de leurs besoins de formation pour les personnes travaillant localement dans leurs services juridiques. Lorsque nous avons approché les cabinets d'avocats locaux, ils nous ont confirmé que bien que l'essentiel de leur activité porte sur le Droit local, ils étaient aussi régulièrement confrontés à des problèmes de Droit Européen.
A quelles difficultés vous êtes-vous trouvés confrontés ?
L'ingénierie de formation, surtout à l'international, est un phénomène plutôt nouveau dans le monde juridique. Si les écoles de management ont rapidement exporté leur savoir faire, dans les universités de droit, la démarche est toute nouvelle. C'est ce qui fait que notre initiative est complètement novatrice. La capacité à monter un programme puis à mobiliser les experts de haut niveau pour le faire ne s'improvise pas. Tout est plus compliqué à l'international. Pour autant, j'ai été agréablement surpris par l'intérêt de mes collègues pour ce qu'on fait à Singapour. Les professeurs ont très bien réagi. Beaucoup sont demandeurs pour venir à Singapour. J'observe que contrairement aux idées reçues les professeurs français s'exportent bien et qu'ils n'ont pas de problème de langue.
En quoi consiste votre partenariat avec l'Insead ?
L'Insead a rejoint Sorbonne University alors que nous avions déjà engagé des contacts avec eux. A partir de ce moment, les échanges ont été très rapides. Le partenariat permet aujourd'hui d'installer l'école dans les locaux de l'Insead. Mais cela va au delà de cela. L'Insead va animer un séminaire de management. Par ailleurs les élèves qui le souhaitent pourront, après sélection, suivre plusieurs modules du MBA de l'Insead avec à la clé la délivrance.
Propos recueillis par Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com-Singapour) jeudi 10 janvier 2013
















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