Édition internationale

Raphaël Millet lance son nouveau livre sur le cinéma singapourien

Raphaël Millet, résident de longue date à Singapour, avait déjà publié son premier livre sur le cinéma singapourien en 2004, alors qu’il était attaché culturel à l’ambassade de France. Féru de cinéma et amoureux de Singapour, il publie aujourd’hui un nouveau livre consacré à ses deux passions : Singapore : A Cinematic Portrait. Lepetitjournal.com l’a rencontré à cette occasion.

Raphaël Millet lance son nouveau livre sur le cinéma singapourienRaphaël Millet lance son nouveau livre sur le cinéma singapourien
Écrit par Jean-Michel Bardin
Publié le 22 mai 2026, mis à jour le 25 mai 2026

 

Ce livre ne relate pas seulement l’histoire du cinéma singapourien, plus riche que ne le laisse deviner la taille du pays (plus de 600 films). Il décrit aussi et surtout l’évolution de Singapour et de son image depuis le début du 20ème siècle à travers le cinéma - les films singapouriens comme ceux faits par des étrangers avec Singapour comme toile de fond.

 

 

Le cinéma singapourien, réinvention et renaissance 

Ce livre retrace comment Singapour s’est vu, imaginé, et réinventé sur écran, depuis les premiers documentaires réalisés par des étrangers au début du 20ème siècle, jusqu’aux films d’aujourd’hui. Entre les deux guerres mondiales, de nombreux films étrangers ont Singapour comme décor : le pays est alors vu comme lieu de perdition exotique, avec drogue, gangs, et mœurs légères. C’est à la même période que naît le cinéma singapourien qui va connaître son apogée dans les années 1950, avant de faiblir au début des années 1970. Les plus de 300 films tournés par des studios singapouriens entre 1946 et 1972, la plupart en malais, montrent une société singapourienne beaucoup plus décontractée et intégrée que celle d’aujourd’hui. Les années suivant la seconde guerre mondiale voient une nouvelle salve de films étrangers jouant de nouveau sur l’exotisme de Singapour, comme le film français Cinq gars pour Singapour ». Mais à partir des années 1970, l’inspiration se tarit. Il faut attendre les années 1990, pour voir de nouveaux films singapouriens. 

Cette renaissance, qui avait à peine commencé lorsque Raphaël Millet écrivit son premier livre sur le cinéma singapourien, occupe la seconde moitié du livre. Elle est présentée autour de quatre thèmes : la mélancolie, à travers la peinture de lieux ou de personnages marginaux ; la nostalgie, qui cherche à faire revivre des atmosphères du passé, comme celle des Kampong ; le rêve singapourien, notamment pour l’argent et le succès professionnel, parfois inaccessibles à certaines parties de la société ; le récit national singapourien, visant à créer une identité autour de valeurs partagées. Depuis les années 2000, de nombreux nouveaux réalisateurs sont apparus, et les films singapouriens ont été souvent récompensés dans les festivals internationaux.

 

 

un livre sur le cinéma singapourien
Presentation du livre par Raphaël Millet et Karen Chan, directrice de l’AFA (© Firdaus Ridwan)

 

 

Un passionné de cinéma et un amoureux de Singapour 

Raphaël Millet est passionné de cinéma. Dès son adolescence, il ne manquait pas un film à la télévision et fréquentait assidûment les cinémas parisiens et la Cinémathèque française alors installée au Palais de Chaillot. Diplômé en études cinématographiques de l’université de la Sorbonne, il a travaillé successivement au Centre National du Cinéma (CNC) et de l’image animée, à France Télévisions, et au cabinet du ministre de l’outremer. En parallèle, il a enseigné le cinéma à la Sorbonne. En 2002, il rejoint le ministère des affaires étrangères pour être nommé attaché culturel à l’ambassade de Singapour. Il y découvre la richesse du cinéma de ce pays, écrit ses deux premiers livres sur ce sujet (un en français, un en anglais), et organise en 2005 une rétrospective du cinéma singapourien, faisant revoir des films qui avaient disparu des écrans pendant de longues années. Raphaël Millet écrit régulièrement des articles dans des revues sur le cinéma, et produit ou réalise des documentaires relatifs au cinéma. Aujourd’hui, il partage sa vie entre Singapour, où il s’est marié avec une Singapourienne, et la France, où il a sa société de production.

 

 

L’auteur du livre en compagnie de celui de l’article (© Firdaus Ridwan)
L’auteur du livre en compagnie de celui de l’article (© Firdaus Ridwan)

 

Le livre est publié par l’Asian Film Archive (AFA) avec le support du National Heritage Board (NHB) et de l’Infocomm Media Development Authority (IMDA). Il compte plus de 500 pages et autant d’illustrations. Son lancement a eu lieu le 21 mai 2026 au Oldham Theater, la salle de spectacle qui est située dans l’immeuble des archives nationales de Singapour et où sont régulièrement projetés des anciens films. L’événement, qui a réuni la communauté des cinéphiles singapouriens, a été l’occasion de revoir quelques extraits de documentaires de Raphaël Millet sur le cinéma singapourien. En parallèle, l’AFA organise du 8 au 30 mai 2026 une rétrospective de films singapouriens de diverses époques, certains étant introduits par Raphaël Millet, qui reste le meilleur expert en la matière.

Ce livre est une invitation à aller voir des films singapouriens. Ce sont non seulement des témoignages de différents aspects et époques de ce pays qui aident à mieux le comprendre, mais aussi des réflexions originales, car produites par une culture différente, sur des sujets universels.

 

 

 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.