Édition internationale

La kebaya, un vêtement traditionnel reconnu par l’UNESCO

En décembre 2024, à la demande conjointe de cinq pays d’Asie du Sud-Est, l’UNESCO a inscrit la kebaya au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Le petitjournal.com vous brosse l’histoire et les déclinaisons de ce vêtement traditionnel féminin, iconique dans la région.

kebayakebaya
Spécimens de kebayas Peranakan Nyonya (© Wikipedia)
Écrit par Jean-Michel Bardin
Publié le 9 juillet 2026, mis à jour le 12 juillet 2026

 

Vous avez sans doute déjà vu des kebayas sans le savoir : c’est par exemple le costume des hôtesses de l’air de Singapore Airlines, de Malaysian Airlines, ou de Garuda Indonesia. Mais ce vêtement traditionnel montre des formes très variées qui se sont développées au fil des siècles et au contact des différentes cultures de la région.

 

Une origine controversée

La kebaya est un haut féminin traditionnellement à manches longues, ouvert, sans bouton, dont la longueur varie du chemisier à la tunique. Son origine se trouverait au Moyen-Orient entre la Turquie, la Perse et les pays Arabes, où le mot, « qaba » désigne une robe de cérémonie. Un des indices qui le prouverait est le gousset, qui, placé sous l’emmanchure, facilite le mouvement du bras et qui caractérise aussi les vêtements du Moyen-Orient. 

Ce seraient probablement les portugais, première puissance coloniale européenne en Asie, qui, après être passés par le Moyen-Orient et l’Inde, auraient amené ce vêtement en Asie du Sud-Est, en commençant par Malacca au 16ème siècle. « Kebaya » proviendrait ainsi de l’ancien mot portugais « cabaya », signifiant « tunique » et les portugais l’auraient adopté, car adapté au climat chaud. Mais, ce pourrait tout aussi bien être des marchands arabes, car c’est aussi à cette époque que l’Islam pénètre la région. Au début, le vêtement était indifféremment porté par les hommes et les femmes.

 

Une très grande variation selon les époques et les endroits

Au gré des mouvements de population et du commerce, la kebaya, vêtement versatile adapté au climat tropical, s’est progressivement répandue dans l’ensemble de l’Asie du Sud-Est jusqu’en Thaïlande. Mais, elle a pris des formes très diverses en ce qui concerne les matières utilisées, la longueur de la kebaya, sa coupe (ample ou ajustée au corps), ses couleurs et sa décoration, le bas et le sous-vêtement utilisés. La kebaya est souvent portée avec un sarong (longue pièce de tissu rectangulaire enroulée autour de la taille) assorti. Elle est en général fermée devant par une broche ou une large ceinture d’étoffe.

 

Cinq modèles de kebayas (©catalogue Faire Belle)
Cinq modèles de kebayas (©catalogue Faire Belle)

 

A Malacca, la communauté peranakan (issue de mariages entre immigrants chinois et malaises) a adopté rapidement la kebaya en version longue, car elle était similaire aux robes chinoises. Au début du 20ème siècle, la kebaya était portée ample. Mais à partir des années 1930, elle est devenue plus ajustée, s’est décorée de couleurs très vives et enrichie de nombreuses ornementations : broderies, dentelles, parfois ajourées, perles, … À Singapour, cette kebaya était la tenue quotidienne dans les familles Peranakan nombreuses dans la cité-État. La large collection de ces kebayas exposées au musée Peranakan de Singapour est un ravissement pour les yeux.

A Java, la kebaya a été d’abord réservée à l’aristocratie, mais s’est progressivement étendue à l’ensemble de la population, y compris les femmes des colons néerlandais, à la fin du 18ème siècle. C’était le vêtement standard de tous les jours.

Voici cinq modèles de kebayas provenant de diverses régions de l’Asie du Sud-Est. Mais il en existe des dizaines d’autres, comme vous pouvez le voir dans l’article très bien documenté de Wikipedia.

 

Ho Ching, épouse du Premier ministre Lee Hsieng Loong, à la Maison Blanche en 2016 (© CNA)
Ho Ching, épouse du Premier ministre Lee Hsieng Loong, à la Maison Blanche en 2016 (© CNA)

 

La kebaya à Singapour aujourd’hui

Après avoir connu une éclipse dans les années 1950, la kebaya est revenue à la mode à partir des années 1980 comme vêtement de fête ou de cérémonie. De nombreuses boutiques en proposent et vous pouvez trouver en ligne la plupart des versions avec des aspects innovants pour des prix allant de 50 à 500 S$ selon la qualité des matériaux et la richesse de l’ornementation.

 

 

Cette vidéo, célébrant l’inscription de la kebaya au patrimoine culturel immatériel de l’Humanité, en dit plus sur ce vêtement iconique, dont il montre de multiples exemples.


 

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