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Ana Girardot, l'actrice globe-trotteuse

Par Clémentine de Beaupuy | Publié le 16/11/2017 à 13:30 | Mis à jour le 18/11/2017 à 07:13
Photo : Ana Girardot ©Thomas Lavelle
Ana Girardot ©Thomas Lavelle

Ana Girardot construit à pas feutrés un parcours singulier. Repérée en 2010 dans le film Simon Werner a disparu, sélectionnée à Cannes dans la catégorie Un Certain regard, elle alterne depuis les projets à la télévision et au cinéma. Dans le film de Cédric Klapisch, Ce qui nous lie, elle crève l’écran en incarnant Juliette, une jeune femme qui s’affirme peu à peu dans un milieu dur, celui du vin.

Retour avec simplicité sur son métier d’actrice, où l’on apprend au détour de la conversation que c’est grâce à un voyage à Singapour qu’elle a participé à la série à succès les Revenants…

 

LPJ/singapour - dans le film Ce qui nous lie de Cédric Klapisch, que vous présentez dans le cadre du French Film Festival, votre personnage Juliette s’impose dans le monde du vin, un milieu plutôt masculin. Existe t’il un effet miroir avec le monde du cinéma ?

Anna Girardot - Le cinéma aujourd’hui n’est pas fait que par les hommes et c'est vrai dans le monde du vin également. Comme je le dis à la fin du film, les femmes vigneronnes apportent peut-être plus de sensibilité. Mais l’idée d’un monde essentiellement masculin perdure. Cette jeune femme s’imposant dans ce milieu s’est d’ailleurs renforcée lors du tournage. Cette facette du personnage, grâce à la sensibilité de Cédric, s’est développée. Mon personnage prend également en main la responsabilité familiale : c’est le nom de la famille qui sera inscrit sur les bouteilles. J’ai d’ailleurs, personnellement un peu de cette responsabilité qui pèse sur moi : avec mon nom, mon père et ma mère qui sont comédiens, ma belle-mère qui est productrice. Je prends « soin » de mon nom et j’essaie de faire du bon travail. Cet élément personnel m’a aidé à me connecter avec mon personnage. Juliette réussit à prendre les rênes. J’ai découvert, sur une année, le difficile travail pour créer un vin. Il faut constamment s’adapter. Ce travail est également soumis aux aléas de la météo : un coup de grêle, un orage peuvent faire perdre une partie de sa production.

 

Pourrait-on faire un autre parallèle entre votre carrière et le film de Cédric Klapisch : Juliette s’impose progressivement par rapport à son milieu professionnel. Est-ce aussi votre cas d’une carrière qui s’impose pas à pas ?

C’est un joli rapprochement. J’ai toujours essayé de faire des choix qui me correspondaient et de ne jamais me dire qu’il fallait que j’accélère la machine. Je pense que quand on agit comme cela, on inspire peut-être plus de confiance, on vous donne plus de responsabilités. J’avais besoin d’acquérir cette expérience.

 

Quels sont vos projets actuels ?

Je viens de finir le tournage d’un film à New-York d’une jeune réalisatrice très talentueuse, Milena Lury. L’équipe était à 80% féminine d’ailleurs et cela marchait génialement bien ! La chef opératrice avait lancé une sorte de jeu avec des pinces à linges sur lesquelles il était noté « sorry » et à chaque fois que l’on s’excusait pour rien, elle nous collait une pince. C’est fou le nombre de fois où l’on s’excuse !

Ce film raconte l’histoire d’une jeune femme qui se remet en question à la suite d’une fausse couche. Pendant 5 nuits à New-York, elle va rencontrer 4 personnages qui vont lui ouvrir les yeux sur ce qu’elle a envie de faire de sa vie.

J’ai un film qui sort en décembre : c’est un premier film réalisé par deux sœurs, Clara et Laura Laperrousaz, soleil battant, un très beau film sur un drame familial. Et en mars 2018 sort un film de Marion Vernoux, Bonhomme, dans lequel j'ai tourné avec Nicolas Duvauchelle

Ana in Back to Burgundy © Emmanuelle Jacobson Roques
Ana Girardot, Ce qui nous lie © Emmanuelle Jacobson Roques

 

Comment travaillez-vous vos rôles d’actrices ?

Je commence souvent par aller voir les costumes. A partir des vêtements, je commence à me construire mon personnage, à me comporter, à me tenir comme lui. Je vais chercher son signe astrologique, ses plats préférés, savoir s’il a des tics de langage etc. …. Pendant 1 mois, 1 heure par jour, je vais marcher, parler, danser, manger comme mon personnage. Je crée une playlist, je vais sur Pinterest pour me créer un « mood board » sur l’univers de mon personnage. Je travaille et retravaille les scènes clefs. Par exemple, pour mon dernier film, mon personnage fait une fausse couche. Je n’ai jamais été enceinte. J’ignore tout de cette sensation. Donc, je vais aller chercher dans ma propre vie ce que représente une fausse couche et l’associer à une chanson ou à un geste. Comme ça, en écoutant cette chanson ou en faisant ce geste, je pourrais l’associer à un sentiment et le ressentir lors du tournage. 

 

Vous connaissez déjà Singapour. Dans quel cadre avez vous découvert cette ville ?

Je suis venue en 2011 pour présenter mon 1er film, Simon Werner a disparu, dans le cadre du Singapore International Film Festival, le SGIFF. Ce film avait reçu un très bon accueil. J’adore accompagner un film à l’étranger. Le public qui le découvre a un autre point de vue, un autre regard. Je ne reste jamais plus de 10 jours à Paris de toutes les façons !  J'aime tellement voyager.

J’apprécie le dynamisme des villes asiatiques, Singapour, Hong-Kong, Séoul... J’avais amené Fabrice Gobert, le réalisateur dans un karaoké ici et nous avions passé une excellente soirée. J’ai d’ailleurs l’intention de faire la même chose  avec Cédric Klapisch !

Pour l’anecdote, dans l’avion de retour, on n’arrêtait pas d’évoquer avec Fabrice son nouveau projet de série les Revenants, on s’était tellement bien entendu qu’il a voulu m’intégrer à la distribution. J’ai pris donc le rôle de Lucy, une serveuse de bar qui mourait au début de la série, mais comme elle était revenante, cela a été facile de rejoindre la distribution …

 

Justement concernant les Revenants, y aurait il une saison 3 ?

Non, je ne crois pas. Déjà Fabrice Gobert a des projets personnels de long métrage. Et, puis cette série a été conçue au départ pour une saison unique. Face à son succès, une 2ème saison a été réalisée. Il y avait un tel casting dans cette série, que cela a été difficile de réunir tous les acteurs pendant plusieurs mois. Et, puis avant le tournage, il a fallu l’ écrire. Il n’y avait pas sur pieds une équipe de scénaristes. Cela a donc pris du temps. Et entre temps, l’envie des téléspectateurs s’était un peu émoussée.

 

Avez –vous d’ailleurs une préférence entre tourner pour le cinéma ou pour la télévision ? Est-ce pour vous le même processus ?

Il se passe des choses formidables à la télévision, de grande qualité cinématographique. Mais, j’ai toujours la crainte, en tournant des séries pour la télévision, d’être enfermée dans un type de rôle. Je me souviens de ma mère qui a joué pendant 5 ans le même rôle dans une série et qui a mis du temps à s’en détacher alors qu’elle a une palette formidable de jeu. Pour l’instant, le format de cinéma me correspond plus . 

 

Sortie officielle à Singapour du film « Ce qui noue lie » (Back to Burgundy) le 23 novembre 2017.

Pour le programme du week-end pour le  French Film Festival 2017 : cliquez-ici

 

 

clémentine de beaupuy

Clémentine de Beaupuy

Diplômée de Sciences-Po, entrepreneuse et hyperconnectée, Clémentine est spécialiste de tout ce qui touche à la culture, la société, la religion et l'innovation urbaine.
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