À partir du 1er avril 2026, Singapour se dote d’une agence spatiale nationale pour structurer ses ambitions et capter une part d’un marché appelé à exploser. La Cité-Etat n’est pas nouvelle dans l’espace et, derrière cette annonce, il y a toute une stratégie mêlant innovation, souveraineté technologique et influence régionale.


Le compte à rebours est enclenché. Le 2 février 2026, à l’occasion du Space Summit, le ministre des Sciences et Technologies Tan See Leng a officialisé la création d’une agence spatiale nationale. Sa mise en service est prévue le 1er avril 2026, sous la tutelle du ministère du Commerce et de l’Industrie. L’objectif est clairement affiché : structurer et accélérer les ambitions spatiales de la cité-État pour en faire un acteur crédible de l’écosystème mondial. L’agence devra piloter une stratégie déjà bien engagée.
Son premier satellite a été lancé en 2011, suivi d’une quinzaine d’autres

Une montée en puissance dans l’espace discrète de Singapour
Contrairement à l’image d’un nouvel entrant, Singapour évolue dans le secteur spatial depuis plus d’un demi-siècle. Son premier satellite a été lancé en 2011, suivi d’une quinzaine d’autres, principalement dédiés à la recherche. Depuis 2022, le gouvernement a investi plus de 200 millions de dollars singapouriens (environ 135 millions d’euros) dans la recherche et le développement. Ces financements ont permis de soutenir des instituts et des entreprises locales dans la conception et les tests de technologies spatiales.
Début 2025, Singapour a franchi une nouvelle étape en dévoilant sa première stratégie spatiale nationale. Celle-ci repose sur trois piliers : stimuler l’innovation technologique, renforcer les coopérations internationales et développer des programmes appliqués dans des secteurs clés tels que l’aviation, le maritime, la connectivité ou encore la gestion des catastrophes. Cette stratégie s’appuie également sur un réseau d’accords bilatéraux et de coopérations internationales. Singapour est notamment signataire des accords Artemis et membre du Comité des utilisations pacifiques de l’espace des Nations unies. En 2026, la création de l’agence spatiale vient donc compléter cet écosystème. Elle devra notamment encadrer le secteur à travers un futur cadre réglementaire national.
Près de 43 000 satellites devraient être fabriqués et lancés d’ici dix ans

Une bataille mondiale qui s’intensifie dans l’espace
L’initiative singapourienne s’inscrit dans une dynamique globale d’accélération. Dans la région, plusieurs pays - Indonésie, Vietnam, Thaïlande ou Philippines - développent eux aussi leurs capacités spatiales. Selon le Forum économique mondial, l’économie spatiale pourrait tripler entre 2023 et 2035 pour atteindre 1 800 milliards de dollars US. Cette croissance repose sur plusieurs moteurs. Le premier est l’essor massif des constellations de satellites. Près de 43 000 satellites devraient être fabriqués et lancés d’ici dix ans, pour un marché estimé à 665 milliards de dollars. Cette dynamique est largement portée par quelques mégaconstellations privées et étatiques, dont Starlink et Kuiper, auxquelles s’ajoutent des programmes chinois.
Inédit, un satellite européen est peut être retrouvé après un mois de silence à 60 000 km de la Terre. Après plusieurs semaines sans nouvelles, un satellite de la mission Proba-3 de l’Agence spatiale européenne a émis un signal faible le 23 mars 2026 capté depuis l’Espagne, redonnant espoir aux équipes engagées dans une opération de sauvetage complexe.

Le deuxième levier de croissance est la militarisation croissante de l’espace. Les capacités spatiales sont devenues centrales dans les stratégies de défense, comme en témoigne l’évolution des budgets : les dépenses spatiales militaires ont plus que doublé, passant de 33 milliards de dollars en 2018 à 73 milliards en 2024. À la course aux satellites s’ajoute désormais une véritable course à l’influence. L’espace n’est plus seulement un terrain scientifique, il s’impose comme un levier économique et stratégique majeur. Dans cette nouvelle donne, Singapour affiche clairement son ambition : ne pas rester spectateur d’une orbite en pleine expansion.
Sur le même sujet
















![Quatre comédiens de la comédie [title of show] sur un fond jaune semblent chanter.](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fbackoffice.lepetitjournal.com%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2F2025-12%2F%255Btitle%2520of%2520show%255D.jpeg&w=828&q=75)
![Quatre comédiens de la comédie [title of show] sur un fond jaune semblent chanter.](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fbackoffice.lepetitjournal.com%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2F2025-12%2F%255Btitle%2520of%2520show%255D.jpeg&w=750&q=75)



