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ENTREPRENDRE AU FEMININ - Mia Sheng, Telma Domingues et Joy Bakalis

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 16/02/2015 à 14:25 | Mis à jour le 17/02/2015 à 01:34

Du désir d'entreprendre au succès savouré, il n'y a qu'un pas. C'est la route qu'ont choisi de prendre ces trois femmes engagées. Mia Sheng est Chinoise, et a quitté le monde des Ressources Humaines pour offrir à ses clients des créations de bouquets fruités originaux. Telma Domingues, est la Française qui offre à Singapour des soins esthétiques à domicile. La Singapourienne Joy Bakalis, enfin, a monté une boulangerie de quartier qui désormais ne compte plus ses clients fidèles. Rencontre avec ces femmes actives qui ont en commun un même amour du client et une soif commune de réussir…

Parlez-nous un peu de vous…

Mia ShengMia Sheng - Je suis née et j'ai grandi à Hang Zhou, en Chine. Depuis mon plus jeune âge, j'ai toujours aimé la musique, le dessin et l'artisanat. Un souvenir fort reste mon 1er prix de la Province qui récompensa l'une de mes créations. J'ai toutefois choisi, sous une certaine pression de mon entourage, la « voie sûre » qui était d'obtenir un diplôme à l'université. Après l'université, je suis venue travailler à Singapour en ressources humaines, pendant 8 ans. J'ai travaillé au sein de la société Gemalto, avant de créer ma propre entreprise en 2012. Ces expériences furent enrichissantes et j'ai aimé interagir avec tant de personnes différentes. Mais quelque chose manquait. Ma passion pour la création, ainsi que mon imagination, ne m'ont jamais quittée. Peu importe ma charge de travail, je continuais à créer des petits objets pour ma famille, peindre pour mon salon ou encore cuisiner pour des amis. Le processus menant à la beauté et la création, qu'elle soit culinaire ou non, m'attire irrémédiablement et fait partie intégrante de ma vie.

Telma - Née à Paris il y a tout juste 35 ans, je suis une vraie Parisienne dans l'âme. J'ai quitté ma ville pour Londres en 2006 où j'ai poursuivi ma carrière professionnelle en finances pendant 6 ans. En 2012, alors enceinte, nous avons décidé avec mon époux de quitter l'Europe et tenter une nouvelle aventure, à Singapour cette fois-ci.

Joy - Ma mère travaillait dans la restauration et mon père est ingénieur. Grandir et évoluer dans ce domaine m'a fait prendre conscience que c'est un milieu difficile. J'ai tout de même choisi d'étudier l'hôtellerie et plus tard j'ai obtenu mon MBA. Après mes études, j ai été consultante et je n'ai plus jamais travaillé ni dans la restauration ni dans l'hôtellerie. Je voulais éviter les longues journées et les horaires décalés. Dix ans plus tard, une petite voix intérieure à commencé à me parler et TheBreadproject est né.

Comment est née votre entreprise, quel est votre concept ?

Joy BakalisJoy Bakalis - Il y a 5 ans, il n'y avait pas autant de boulangeries qu'aujourd'hui. Mon fils cadet avait 18 mois et  nous nous sommes rendu compte qu'il était allergique à beaucoup de choses. À la maison nous mangeons beaucoup de pain car mon mari est hollandais. Le pain que nous achetions ici rendait mon fils malade. Nous avons fait pas mal de recherches et c'est ce qui m'a donné l'envie de retourner dans l'industrie alimentaire. L'expertise en boulangerie européenne n'était pas courante ici et la plupart des établissements utilisaient des mélanges industriels et des stabilisants pour faire du pain à l'européenne. Les produits chimiques et les émulsifiants utilisés rendaient le pain acceptable en apparence mais n'étaient pas très bons pour les allergies de mon fils. Nous avons donc commencé à imaginer faire notre propre pain. Nous étions convaincus que beaucoup de gens recherchaient la même chose que nous. Le concept de theBreadproject était de proposer du pain fabriqué à partir d'ingrédients de bonne qualité, de manière naturelle sur la base de bonnes vieilles recettes. Nous utilisons de la levure sauvage, ou des ferments et de longues périodes de fermentation afin de rehausser les goûts, au lieu de se concentrer sur de gros volumes de production où les temps de repos sont plus courts.

Mia - Je n'ai jamais arrêté de chercher une idée qui concorderait avec ma passion, plutôt qu'avec ma routine. Un vendredi matin en 2013, j'ai vu une photo d'un bouquet de fruits qui a instantanément capté mon regard. Il était si coloré, rafraîchissant, créatif et paraissait si délicieux… Je me suis chuchoté à moi-même : « C'est ça, c'est ça que je veux faire » !
Le concept de Rainbowly est de proposer des bouquets faits de fruits frais et de chocolat via une plate-forme en ligne. Nos produits ne sont pas seulement un plaisir pour les yeux, mais également un délice pour les papilles. Lors de l'élaboration de notre offre et d'un nouveau produit, l'objectif que nous gardons en tête est le partage inoubliable d'un cadeau unique avec ses proches, ses amis et ses clients.

Telma - En congé maternité à Singapour, j'ai eu du temps pour réfléchir à ma vie professionnelle et à une potentielle reconversion. Le début d'une nouvelle vie en Asie m' a encouragée à faire le choix d'abandonner mon métier de base pour relever le challenge de l' entreprenariat. La décision de me lancer dans le secteur de la beauté et en particulier de l'épilation est fondée sur mon expérience personnelle. A mon arrivée, comme la plupart des nouvelles expatriées, je cherchais un salon d'épilation de confiance en termes d'hygiène et de qualité de service mais je ne parvenais pas à trouver l'endroit dans lequel je me sentais enfin à l'aise : soit l'hygiène était négligée soit le « hard-selling »  des esthéticiennes de certains salons me faisaient regretter d'y être rentrée ! Par ailleurs, j'avais à l'époque un très jeune bébé et aucune aide et j'ai souvent regretté de ne pouvoir réserver un RDV à domicile, comme il est possible de le faire en Europe. M'est venue alors l'idée de La Parisienne : permettre à toutes et à tous de retrouver un service de qualité irréprochable sans avoir à se déplacer. Le projet était né, il ne manquait plus qu' à le concrétiser ! Il a fallu une année de travail pour que La Parisienne voie enfin le jour.

Qui sont vos clients?

Telma DominguezTelma Domingues- La Parisienne fournit des services d'épilation à domicile pour les dames, les femmes enceintes et les messieurs. Nos priorités se concentrent sur offrir à nos clients une cire de haute qualité (celles que nous utilisons sont importées de France),  un niveau d'hygiène indiscutable et une ambiance très « Parisienne » lors de chaque rendez-vous. Grâce au marketing mais aussi grâce au large bouche à oreille dont nous avons hautement bénéficié, La Parisienne est aujourd'hui de plus en plus connue de toutes les communautés expatriées, conquises par la possibilité d'accueillir une esthéticienne dans le confort de leur domicile.

Mia - Nos clients sont aussi bien des particuliers que des entreprises. Les premiers achètent généralement nos bouquets pour leurs proches pour souhaiter un anniversaire, un bon rétablissement ou exprimer leur amour. Les entreprises recherchent des bouquets exprimant leur gratitude et le renforcement des relations professionnelles à leurs clients. Le profil de nos clients couvre un spectre très diversifié, tant pour le genre, la nationalité que l'âge. Concernant les entreprises, nous travaillons majoritairement avec celles liées au milieu médical, mais également avec le secteur bancaire. En 2015, notre objectif est d'établir des collaborations durables avec les hôtels dans le cadre d'évènements comme les mariages.

Joy - Nous avons beaucoup de clients fidèles qui deviennent de plus en plus nombreux. La plupart sont des expats qui vivent à East Coast.

Quel est votre plus grand défi?
 
Mia - Le  processus de création d'entreprise est en soi un grand défi. Mais plus le défi est grand, plus les opportunités sont importantes. Rainbowly est la première et seule entreprise à Singapour à proposer des bouquets de fruits. Etre la première sur ce marché me donne un avantage compétitif certain, mais cela signifie également que je dois « baliser » la route puisque je ne possède aucune référence. Démarrer à partir d'une feuille blanche a nécessité de longues périodes de R&D. En ce qui concerne le chocolat que j'utilise pour enrober les fruits par exemple, plus de 10 variétés ont été testées afin de sélectionner celle qui plait, mais aussi qui résiste au climat local et se combine parfaitement avec les fruits utilisés.
 
Telma - La communauté locale est encore timide face à notre offre puisqu'il n'est pas dans les habitudes singapouriennes d'accueillir un étranger chez soi. Parfois plusieurs générations habitent sous le même toit, ce qui rend le service à domicile compliqué. Souvent le concept même du service de beauté est associé au plaisir d'aller se faire « dorloter » dans un salon avec une atmosphère tamisée, musique douce et senteur appropriée.
Un de mes prochains objectifs est de réussir à convaincre cette communauté et lui démontrer qu'elle peut retrouver une atmosphère tout aussi cosy sans devoir se déplacer. En plus de l'épilation, étendre notre service à domicile avec une gamme plus variée de prestations tels que manucure, pédicure, massage… fait également partie de nos objectifs à moyen terme.

Joy - Mon plus grand défi est de trouver un équilibre entre mon rôle de boulanger, entrepreneur, mère, épouse, fille et amie. Je suis mère de trois enfants et il faut que je reste réaliste par rapport à mes objectifs et la manière dont je veux les atteindre. J'essaye aussi de ne pas trop remplir mes journées pour pouvoir profiter des moments avec mes proches et avec moi-même.

A quoi ressemble une journée-type ?

Mia - Existe-t-il une journée type dans une jeune entreprise que vous avez créée ? Je n'en suis pas certaine. Chaque jour constitue une nouvelle étape vers la maturité de mon projet. Je parle parfois de Rainbowly comme de mon bébé, car je lui ai donné la vie et celui-ci me réserve toujours son lot de surprises. Au début, je passais beaucoup de temps en cuisine à tester des recettes, à former l'équipe et améliorer le design. Désormais, mon temps se répartit entre le développement et des rendez-vous avec des investisseurs et des clients. Heureusement, je consacre toujours du temps à la création de nouveaux designs car cela reste, je l'avoue, ce que je préfère!

Telma - Mes efforts au quotidien se concentrent principalement sur le marketing : augmenter la visibilité de La Parisienne auprès de toutes les communautés présentes à Singapour est primordial pour grandir. Un de mes efforts quotidiens, le plus important, est aussi de « chouchouter » les clients et clientes qui accueillent déjà La Parisienne à leur domicile. Je ne suis pas l'esthéticienne qui effectue les traitements mais je m'efforce autant que possible à être présente tout au long du processus de booking et de traitement pour m'assurer d'une satisfaction totale.

Joy - Il n'y a jamais deux journées identiques. Je consacre certains jours par semaine à la boulangerie pour être à 100 % avec mon staff et mes clients et après le travail, j'essaye de passer du temps avec chacun de mes enfants pour parler de leur journée à l'école et les mettre au lit. D'autres jours, je travaille sur de nouveaux projets professionnels, je gère le personnel et la gestion de la boulangerie. Enfin, s'il me reste un peu de temps - ce qui est rare ! -, j'essaye de me faire plaisir.

De quoi sera fait demain ?
 
Mia - Nous avons déjà eu plusieurs propositions de franchises à l'international, et c'est en effet la direction que va prendre Rainbowly. Plus personnellement, je veux continuer à explorer mon domaine de création et devenir un chef certifié du Cordon Bleu. J'aimerais également  écrire un livre dont le thème serait la poursuite d'une passion d'enfant.

Telma - Je travaille aujourd'hui à ce que La Parisienne devienne un des prestataires incontournables de services de beauté à Singapour. Pour cela nous sommes bien sûr toujours à la recherche de nouveaux clients, mais également d'esthéticiennes motivées qui souhaiteraient relever avec nous ce défi !

Joy - Avec le consentement et le soutien de ma famille, j'aimerais continuer à faire grandir mon entreprise et me lancer dans la vente au détail. Mon vrai grand rêve est de concilier travail et philanthropie.

Propos recueillis par Raphaëlle CHOËL (www.lepetitjournal.com/Singapour) mardi 17 février 2015

INFORMATIONS :
www.laparisienne.com.sg
www.rainbowly.com
www.thebreadproject.com.sg

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