

En quelques semaines, la page Facebook "Chope for the Needy ? "Suspended Food Revolution" to Pay it Forward" ? a récolté plus de 8.300 "Likes" et le mouvement ne cesse de grandir. Une initiative originale dans un pays où la pauvreté fait rarement la une des journaux
Ils sont là et, pourtant, on ne les voit pas. A Singapour, où la mendicité est passible de 3.000 SGD d'amende et de 2 ans d'emprisonnement, les pauvres se font discrets.
Souvent travailleurs de l'ombre, le plus souvent à temps partiel - vendeurs de mouchoirs en papier dans les rues, homme ou femme de ménage dans les HDB ? ils sont les laissés pour compte du développement frénétique de la cité-Etat.
Et pourtant, les statistiques du Central Provident Fund Board affichent 458.000 Singapouriens gagnant moins de 1.500 SGD par mois, et 295.000 en dessous du seuil symbolique des 1.000 SGD.
L'initiative populaire "Chope for the Needy", lancée début avril par Michelle Tan, une citoyenne singapourienne, propose une action simple et concrète. Chaque Singapourien est invité à laisser au restaurateur de son choix, dans le Food Court qu'il fréquente régulièrement, un peu d'argent en plus de son addition pour financer le repas d'une, cinq ou dix personnes démunies. Ensuite, chaque restaurateur doit identifier la ou les personnes qui ont le plus besoin de cette aide.
Le système repose donc sur la connaissance "terrain" des hawkers, qui sont censés bien connaître leur clientèle et savoir détecter ceux qui n'ont pas toujours les moyens de se payer un repas. Il repose aussi une démarche active des restaurateurs, car ceux sont eux qui doivent proposer aux clients de leur offrir un repas, et non aux clients de venir demander si un repas pré-payé est disponible pour eux.
Cette démarche citoyenne n'est pas d'origine singapourienne mais?napolitaine ! En effet, l'histoire veut que tout ait commencé à Naples, dans la période de l'après-guerre. A cette époque, le quotidien des Napolitains n'était pas facile et l'accès aux denrées alimentaires de base très compliqué.
Pour faire face à cette situation, de riches Napolitains se sont mobilisés pour permettre à chaque homme de pouvoir s'offrir le nectar italien par excellence : le café ! Ainsi est né le "caffe sospeso", café pré-payé par les riches pour les pauvres. Aujourd'hui, le mouvement "Chope for Needy" se développe aux quatre coins du monde, de New York à Londres.
A Singapour, le mouvement commence à prendre une véritable ampleur, même si certaines réticences se font sentir. Comment être sûr que les "hawkers" ne vont pas garder l'argent pour eux et ne rien donner aux pauvres ? Cette initiative ne va-t-elle pas institutionnaliser une pauvreté assistée ? Telles sont quelques une des craintes formulées sur internet.
Pour y répondre, Michelle Tan poste quotidiennement sur Facebook des retours d'expériences positifs, comme celle d'Adeline K, au Lavender Hawker, qui après avoir essuyé les refus des patrons des stands "Popiah" et "Fried Carrot cake" a fini pour trouver un restaurateur généreux et collaboratif auquel elle a laissé de quoi payer 4 repas !
Et pour ceux qui hésitent encore, la page Facebook regorge de conseils pour passer à l'action. Alors, prêts à "choper" ce midi ?
Ludivine Hamy (www.lepetitjournal.com-Singapour) mercredi 24 avril 2013
















![Quatre comédiens de la comédie [title of show] sur un fond jaune semblent chanter.](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fbackoffice.lepetitjournal.com%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2F2025-12%2F%255Btitle%2520of%2520show%255D.jpeg&w=828&q=75)
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