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Ramer à la tahitienne à Sentosa avec la Va’a Team France Singapour

Depuis 2015, un club français spécialisé dans la pirogue tahitienne, le VA’A, permet à des rameurs de s’entrainer régulièrement, notamment pour des compétitions. Lepetitjournal.com a rencontré son co-fondateur, Xavier Keutch, pour en savoir plus sur cette discipline et les modalités de fonctionnement de ce club.

La VA'A team France est un équipe de kayak tahitienLa VA'A team France est un équipe de kayak tahitien
Écrit par Jean-Michel Bardin
Publié le 2 avril 2024, mis à jour le 4 avril 2024

Xavier, qu’est-ce que le VA’A?

VA’A signifie « pirogue » en Tahitien. Mais il porte d’autres noms suivant les langages : VAKA en tongan, WA’A en hawaïen, ou WAKA en maori. En anglais, on dit outrigger canoe.

A l’origine, ce sont les bateaux traditionnels qui ont permis aux polynésiens de se déplacer entre les îles et de pêcher pendant des millénaires. Ces pirogues pouvaient alors avoir des tailles variées, une coque et un flotteur ou deux coques, et parfois une voile. Le double appui sur l’eau leur permettait d’avoir une stabilité accrue, même sur des eaux agitées, tout en ayant un faible tirant d’eau, ce qui leur permettait d’être plus rapide. Leur vitesse avait d’ailleurs étonné les premiers navigateurs occidentaux qui s’étaient aventurés dans le Pacifique.

A partir du 19ème siècle, des compétitions ont commencé à être organisées à Tahiti, puis à Hawaï, et, au siècle dernier, ce sport s’est progressivement répandu dans une quarantaine de pays dans le monde. Des compétitions sont désormais organisées dans de nombreux pays. Les distances des courses peuvent aller de 500 mètres pour les courses de vitesse jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres, comme par exemple le tour de l’île de Hong Kong.

Les VA’As de compétition ont une coque et un flotteur et peuvent accueillir de un à six rameurs. Les compétitions se font en général avec des équipes de 6. Mais il existe aussi des VA’As à double coque pouvant accueillir 12 rameurs. Une partie des rameurs rament d'un côté, les autres de l'autre, et ils changent de côté régulièrement au cours de la course. 

La performance en VA’A dépend énormément de la coordination des efforts de l’équipe. Le rameur de tête est celui qui fixe la cadence. Vient ensuite celui qui commande les changements de côté des rames. Le rameur de queue est celui qui détermine la direction du bateau, en utilisant sa rame, plus large que les autres, comme un gouvernail. Mais au-delà de cette répartition formelle des rôles, une bonne communication entre les rameurs est indispensable.

 
En VA'A les rameurs rament alternativement d'un côté et de l'autres.
La répartition des rôles dans l’équipe de VA’A (@ VA’A Team France)

Le VA’A est régi par l’International VA’A Federation. Ce n’est pas encore une discipline olympique. Remarquons qu’il y a des versions de ce sport pour personnes handicapées.

Comment en êtes-vous venu à monter un club français de VA’A à Singapour ?

Je suis arrivé à Singapour en 2011 dans le cadre d’un VIE tardif. Ce pays m’a alors tellement plu que j’ai décidé de m’y installer, sachant que je suis photographe de profession.

Cherchant des activités sportives, j’ai commencé par faire du dragon boat, sport très en vogue à Singapour. Puis, grâce à l’équipe de dragon boat qui faisait aussi de la pirogue, j’ai découvert le VA’A. L’équipe a commencé à exister de façon éphémère avec un petit groupe de Français, entre 2012 et 2014, pour une course où chaque membre de l'équipage doit être de même nationalité. C'est la Singapore Country of Origin.

En 2015, voyant qu’il y avait déjà 33 Français adeptes de ce sport, j’ai décidé de monter un club pour pouvoir créer des équipes françaises en vue de compétitions. En effet, on est plus motivé pour s’entraîner lorsque c’est dans une perspective de compétitions. En 2019, une compétition à Tahiti m’a permis de mieux appréhender l’esprit de ce sport. Aujourd’hui, le club compte une quarantaine de membres de plusieurs nationalités.

Il y a, aujourd’hui, trois autres pays ayant des clubs de VA’A à Singapour : les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle Zélande. Tous sont basés, comme nous, sur Siloso Beach à Sentosa, sauf un, basé sur East Coast.

Comment fonctionne le club ?

Notre club s’appelle VA’A Team France SG.

Le club est inclusif, à partir du moment où les personnes adhèrent aux valeurs du club et savent nager. Il y a une cotisation à l’année de l’ordre de S$400, mais on peut aussi payer par trimestre, semestre, ou même à la séance. L’équipe fournit tout l’équipement (pirogue et rame).

Les entraînements ont lieu en semaine, les mardis, jeudis, et vendredis de 6h30 à 7h45, les samedis de 8h00 à 10h00 et de 15h00 à 17h00, et les dimanches de 16h00 à 18h00, avant de passer à l’apéro. En effet, au-delà du sport, le club est une occasion de socialiser. C’est devenu pour moi une seconde famille.

Nous participons à plusieurs compétitions chaque année, à Singapour, comme à l’étranger. Hong Kong Around the Island Race et Sydney Harbour Challenge sont deux courses incontournables dans la région. Nous revenons tout juste de Sydney où nous avons fini pas loin du podium, sixième dans notre catégorie.

En 2026, c’est nous qui allons organiser les championnats du monde de vitesse en 500 mètres ou 1500 mètres avec virages, qui se dérouleront à Singapour.

Si vous êtes intéressé par ce sport, ou même simplement curieux de l’appréhender de première main, rendez-vous à Siloso Beach près du Siloso Beach Cafe. La prochaine séance d’initiation sera le samedi 13 avril à 16h00. Mais, pour des raisons d’organisation, vous devez vous inscrire en remplissant un formulaire avant le 7 Avril. Et si vous ne pouvez pas ce jour-là, pas de problème : des initiations ont lieu tous les mois, et les personnes qui se sont inscrites sur le formulaire seront recontactées.

La VA'A team France a participé au Sydney Challenge Harbour.
Le Sydney Harbour Challenge (@ Australian Outriggers & Bondi Outrigger Canoe Club)

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