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PEINTURE - Sur les traces de Georgette Chen

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 22/06/2016 à 11:00 | Mis à jour le 06/01/2018 à 22:56

Dans le cadre de l'exposition Reframing Modernism, un tableau, signé de Georgette Chen, témoigne, par son sujet et par sa technique, du long séjour en France que fit l'artiste d'origine chinoise avant de revenir à Singapour en 1953. Comment le tableau est-il arrivé dans les collections du Musée Georges Pompidou ? De quelle nationalité était Georgette Chen, née en Chine en 1906, ayant longtemps vécu en France, mariée à un Chinois et revenue à Singapour en 1953.

Dans la 1ère galerie de l'exposition Reframing Modernism, un tableau de Georgette Chen, Landscape, peint dans les années 30 représente un paysage paisible : mer calme, ciel bleu et lumière chaude? Les pins et la maison du bord de mer n'évoquent pas les côtes malaises et les paysages typiques des tropiques mais plutôt les contours et les couleurs franches qui pourraient se trouver en méditerranée ou ailleurs.

On sait que Georgette Chen a beaucoup travaillé en France. Landscape en serait un témoignage?avec, notamment, ces couleurs chaudes qui seraient à rapprocher du Fauvisme. Au delà de l'esthétique, ce qui est aussi surprenant est que ce tableau, sobrement intitulé Landscape, appartient à Beaubourg et que son mode d'acquisition est inconnu ! Comme le confirme un des commissaires d'exposition français lors de la visite de l'exposition de la National Gallery « nous avons trouvé (ce) tableau dans les collections du Centre Georges Pompidou à l'occasion de la préparation de cette exposition. On a essayé de retracer son histoire que nous ne connaissons pas? »

Remontons un peu dans le temps pour comprendre?

Beaubourg inauguré en 1977 par le Président Pompidou se devait d'être le fer de lance de l'art moderne et contemporain en innovant par son architecture et en épatant par ses collections. Pour répondre à cette ambition, les collections du nouveau musée ont été constituées à l'origine par la fusion des collections du Musée des écoles étrangères au jeu de Paume avec celles du Musée du Luxembourg.

C'est précisément au jeu de Paume, en 1933 que fut présentée une grande exposition d'artistes chinois. Cette exposition, qui fut la plus importante manifestation consacrée a? la peinture chinoise contemporaine de l'entre-deux-guerres, réunissait sous la houlette du commissaire d'exposition Xu Beihong, ancien étudiant des beaux-arts de Paris près de 200 ?uvres représentatives des principaux centres artistiques en Chine : Canton, Shanghai, Pékin et les peintures d'artistes chinois exposant déjà à Paris.

Les ?uvres présentées lors de cette manifestation étaient à la fois celles issues de la pure tradition picturale chinoise et celles de peintres contemporains qui depuis 20 ans voyageaient en Europe et aux Etats-Unis et avaient créer des ponts stylistiques entre l'Orient et l'Occident.

Dans le catalogue de l'exposition de 1933, Paul Valéry écrivait : "Deux manières de voir, prodigieusement différentes, se proposent a? l'artiste (chinois) . Que fera-t-il ? Quelle leçon peut-il retirer de nos musées ? Quels ouvrages saura-t-il mener a? bien avec nos brosses et nos couleurs broyées à l'huile ? Quelle interprétation donnerait-il d'un Titien qu'il copierait ?... Mais les questions sont innombrables. Je n'ai voulu que signaler une sorte d'évènement et saluer de tous mes v?ux les efforts très nobles et très courageux des jeunes peintres chinois".

A l'issue de cette exposition, une trentaine d'?uvres d'artistes chinois auraient été achetées par le conservateur du Musée. 42 ans plus tard, elles auraient rejoint, avec le reste des possessions du musée des Ecoles Etrangères, les collections du nouveau musée d'art contemporain du Centre Georges Pompidou

Longtemps considérée une artiste française

L'artiste Georgette Chen, faisant partie ce mouvement d'artistes chinois qui partirent étudier et se former à Paris, aurait été exposée au Jeu de Paume en 1933 et son paysage, dévoilé aujourd'hui à la National Gallery, représenterait cette « nouvelle manière de voir », décrite par Paul Valéry. Pendant un temps, elle fut considérée comme une artiste française, née en France en 1906. Son certificat de mariage avec Eugene Chen précise cependant une naissance chinoise. Aujourd'hui, considérée comme une artiste singapourienne, elle serait revenue à Singapour en 1953 et se serait associée au Nanyang Movement et à son école, perpétuant ainsi le pont entre l'art de l'Occident et celui de l'Orient.

Le cheminement de ce tableau - Landscape -, fait de suppositions, reste encore à éclaircir. Il représente, en tout cas, un condensé d'histoire : celle de la constitution des collections, celle des échanges entre artistes à cette époque et celle d'une artiste singapourienne encore peu étudiée.

Clémentine de Beaupuy (www.lepetitjournal.com/singapour) mercredi 23 juin 2016 (reprise de l'article publié le 10 mai 2016)

Crédit photo : Georgette Chen, Landscape, c1930s, Oil on Canvas,
Method of acquisition not known,
Collection of Centre Georges Pompidou, Paris,
Musée national d'art moderne/Centre de création industrielle

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