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CULTURE- Suhaili Osman: «En tant que citoyens singapouriens, nous avons tous une destinée commune »

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 17/01/2017 à 12:00 | Mis à jour le 12/10/2018 à 09:56
Photo : Rencontre avec Suhaili Osman, conservatrice adjointe du Malay Heritage Center (MHC)
Suhaili Osman

Les heritage centres sont une des particularités de Singapour et permettent à chaque communauté de mettre en valeur sa culture, son patrimoine, son histoire. Implantés au coeur des quartiers originels de ces communautés, souvent de taille confidentielle, ils sont cependant une bonne porte d'entrée pour appréhender le multi-culturalisme de la cité-Etat. La communauté malaise de Singapour représente 13% de la population. Ce pourcentage est en léger déclin (15% en 1970). C'est une population jeune: l'âge moyen est en effet de 31,4 ans contre 37,4 pour la moyenne nationale. 

 

 

www.lepetitjournal.com/singapour - Pouvez-vous nous parlez de vous ? Quel est votre parcours ? 

Suhaili Osman - Je suis née à Singapour de grands-parents nés en Indonésie et en Malaisie. Depuis ma plus tendre enfance, j'ai appris à m'exprimer en anglais, en malais, en javanais et en arabe. Ma grand-mère maternelle, par exemple, parlait le javanais mais également le cantonais et le hokkien. Beaucoup de singapouriens parlent ainsi plusieurs langues. Après des études d'histoire je suis devenue professeur d'histoire au lycée. Puis j'ai travaillé au Ministère des Affaires Etrangères où j'étais en charge des relations diplomatiques avec l'Europe et l'Amérique du Sud. Après une pause me permettant de réussir un Master en Muséologie, j'ai intégré l'équipe du Malay Heritage Centre. J'y suis responsable de la collection du centre à laquelle je donne une signification et que je rends accessible au public.

Qu'est-ce qu'un Heritage Centre? En quoi se différencie-t-il d'un musée?

- Tout d'abord il y a 3 Heritage Centres dirigés par la National Heritage Board: malais, indien et chinois. Pour moi, le MHC est un point de ralliement pour la communauté malaise qui occupe 18% de la population singapourienne; cette dernière peut ainsi se rappeler, analyser et mieux connaitre sa culture. Mais le MHC s'adresse aussi aux non-Malais pour leur permettre de découvrir la culture malaise, les programmes sont en effet toujours bilingues. Mon rôle est celui d'un animateur mais aussi d'un traducteur. Un Heritage Centre se différencie d'un musée par la proximité de ses liens avec le lieu géographique où il est situé et avec la communauté. Le MHC est en effet situé à Kampong Glam, Kampong signifiant village et Glam étant un arbre à écorce papetière qui poussait à cet endroit et était utilisé pour construire des bateaux. 

Quelle orientation souhaitez-vous faire prendre au MHC?

- Je souhaite encourager la communauté malaise à inspecter plus en profondeur ce qu'elle prend pour acquis. Nous sommes malais mais nous sommes reliés au reste du monde. Il faut répondre aux tendances locales tout en étudiant l'identité malaise qui est en constante évolution. Je tiens aussi à ce que la communauté non-malaise ne nous regarde pas comme une communauté différente dans la mesure où, en tant que singapouriens, nous partageons une destinée commune. 

Quelle empreinte souhaitez-vous laisser au MHC?

- Ce serait de faire du MHC un lieu ouvert aux différentes conversations, un lieu permettant d'échanger sur ce que être un malais singapourien signifie, le tout à travers différentes plateformes de dialogue. En effet, tout le monde n'aime pas visiter une exposition. Certains préfèrent assister à un spectacle de danse et d'autres bénéficier d'une expérience pratique. Nous essayons de multiplier les formes et supports pour attirer différents types de public.  

 

Singapour/MHC2EXPOSITION - Mereka Utasan: Imprinting Malay Modernity au MHC du 16 octobre au 25 juin 2016

Le MHC accueille du 16 octobre 2016 au 25 juin 2017 sa cinquième exposition Mereka Utasan: Imprinting Malay Modernity. C'est une façon de rappeler que Kampong Glam a été un centre de publication important dans la région. Le développement de la modernité et de l'identité malaises sont présentées dans l'exposition à travers le langage des publicités et des dessins de presses produits des années 20 aux années 60. On comprend ainsi comment la communauté malaise de Singapour a utilisé le pouvoir des médias de masse pour discuter et répondre aux événements historiques tels que la Grande Dépression, la Seconde Guerre mondiale et les mouvements nationalistes qui ont balayé l'Asie du Sud-Est par la suite.

On peut y voir notamment l'oeuvre de Mojoko In love with the world. Mojoko, alias Steve Lawler, est né en Iran. Il a grandi à Hong Kong et a fait ses études en Europe. Les publications malaises lui rappellent les magasines circulant avant la révolution islamique de 1979 en Iran. In love with the world est un collage de photographies de célébrités, de politiciens et de publicités.Cette oeuvre célèbre l'imagerie et la diversité des publications malaises dans les années 1950, 1960 et 1970. Ladite époque a  en effet été marquée par l'essor de la culture populaire, de l'industrie de l'édition et de la politique internationale. Cette composition artistique relaie l'image d'une communauté malaise à la fois diverse et excitante.

Carole Aupoix ( www.lepetitjournal.com/singapour) mercredi 18  janvier 2017

Le site du Malay Heritage Centre: ici

 Malay Heritage Centre, 85 Sultan Gate, ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h et fermé le lundi

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