Édition internationale

Visite de Poutine en Chine, que retenir ?

Arrivé à Pékin sur les pas de Donald Trump, le président russe Vladimir Poutine a été reçu par son homologue chinois Xi Jinping. Le voyage d’Etat de deux jours se solde par une liste très concrète de sujets traités et une confirmations de liens solides entre les deux pays. 

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Écrit par Anna Riondet
Publié le 21 mai 2026

Contraste flagrant avec la visite de Trump

À l’opposé de la rencontre Xi-Trump il y a à peine quelques jours, marquée plus par des gestes d’apaisement et de la “soft diplomacy”, celle de Xi Jinping et de Vladimir Poutine a résulté en la signature de 20 accords dans des domaines d’intérêt principaux pour les deux pays à savoir l’énergie, les échanges commerciaux, la technologie et les infrastructures.

Au total, lors de la conférence de presse, Poutine a mentionné une quarantaine d’accords signés au niveaux gouvernementaux et business. Véritable pied de nez à Donald Trump reparti avec bien moins dans ses dossiers. Une façon pour le président chinois de montrer qui est un véritable partenaire stratégique de la Chine. 

 

Validation de l'accord gazier Power of Siberia 2 

D’après l’agence de presse russe Tass il y a eu une avancée significative sur le dossier de gazoduc Power of Siberia 2 pouvant acheminer jusqu'à 50 m3 de gaz par jour en Chine en passant par la Mongolie et dont le tracé et les détails de construction auraient été enfin validés. Esquissé depuis une vingtaine d’années ce projet de gazoduc cher à la Russie doublerait le volume de l’exportation du gaz russe en Chine.  La Russie, le plus gros producteurs de ressources naturelles, peine à exporter suite aux sanctions imposées suite à l’invasion de l’Ukraine.

La Chine de son côté avait trainé des pieds pour donner le feu vert au projet car elle souhaite assurer sa sécurité énergétique en diversifiant ses importations d’énergie sans se rendre dépendante d’un seul fournisseur. Mais avec le conflit au moyen orient qui perturbe le transit mondial de pétrole la Chine a tout intérêt à garder l’option russe.

 

Coopération et échanges commerciaux 

Ce n’est pas un hasard si la visite de Poutine en Chine a été précédée par China -Russia Expo, localisée à Harbin (la ville “russe” du Heilongjiang) et inauguré ce dimanche. Prévu pour 5 jours avec 1500 sociétés de 45 pays et régions. Poutine est  d’ailleurs venu accompagné lors de cette visite par de nombreux ministres et chefs de compagnies. Pour la Russie les liens commerciaux avec la Chine sont primordiaux car le pays dépend de la Chine notamment pour les biens de consommation et les technologies. 

Les échanges commerciaux entre les 2 pays ont doublé depuis que la Russie a perdu le marché Européen et la confiance mutuelle se traduit économiquement par un échange commercial de la valeur de 240 milliards de dollars entre les 2 pays (en 2024). Ce n’est pas pour autant une relation très équilibrée. Très isolée sur la scène internationale et plombée par les sanctions, la Russie dépend  lourdement de la Chine pour les échanges commerciaux. Les importations russes en Chine ne représentaient que 5% des importations totales en 2025, alors que la Chine représente près au quart des importations et exportations pour la Russie. À l’issue de la visite de Poutine, le président Xi a affirmé une coopération renforcée avec la Russie dans le domaine du digital, l’IA et de l’innovation technologique. 

 

Réaffirmation des liens politiques sino-russes

En se rendant à Pékin, Poutine cherchait à montrer au monde qu’il n’est pas totalement isolé sur la scène internationale. D’après certains commentateurs internationaux la visite de Poutine sur les talons de Trump traduirait une certaine inquiétude de la Russie face a un possible rapprochement entre la Chine et les USA. Poutine a notamment besoin de support chinois dans ses prétensions en Ukraine.

Rappelons que la visite de Poutine en Chine est la 14e visite depuis 2013 alors que Xi Jinping de son côté s’est rendu en Russie 11 fois durant cette période. Cette visite d’Etat de 2 jours intervient lors du 30e anniversaire de l’établissement du partenariat stratégique entre les 2 pays et du 25e anniversaire de la signature du traité du bon voisinage. La coopération Sino-russe s’affiche également dans le cadre des structures internationales comme l’ONU et surtout BRICS ou la’Organisstion de Shanghai où ils s’affichent à la même page.

Bien que ça ne soit pas à proprement parler une alliance entre les deux pays, les chefs d’Etat se sont au total rencontré à 40 reprises lors de différents sommets et visites. D’après les commentateurs russes et chinois la dernière visite confirme l’entente et support mutuel dans des domaines tels que la souveraineté, la sécurité, l’intégrité territoriale.  Elle souligne également la stabilité dans les relations bilatérales. Alors que les pays occidentaux s’attendaient à ce que Xi mette la pression sur Poutine pour terminer la guerre en Ukraine, Beijing maintient une position de neutralité face aux conflits. 

« Le monde est loin d’être  calme. Les dommages causés par des actions unilatérales et l’hégémonie sont accablants et on craint un retour vers la loi de la jungle » - a déclaré le président Xi dans une critique à peine voilée de la politique de son invité de la semaine dernière. 

Quoi qu’il en soit, en accueillant deux rencontres bilatérales majeures ces derniers jours la Chine s’érige en interlocuteur incontournable et un pilier de stabilité sur la scène internationale.

 

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