La Chine s’est imposée depuis une décennie comme l’un des leaders mondiaux des smart cities grâce à une stratégie d’urbanisation fondée sur les technologies numériques, l’intelligence artificielle et la gestion centralisée des données. Le pays a multiplié les projets pilotes, avec environ 500 villes intelligentes en phase de développement selon une étude Deloitte de 2018, ce qui le place en tête à l’échelle mondiale.


L’exemple de Xi’An
L'émergence des smart cities s’inscrit dans une transformation urbaine plus large, où les autorités cherchent à répondre aux défis de la densité, de la mobilité, des services publics et de la sécurité. En Chine, la smart city devient une véritable méthode de gouvernance comme l’illustre Xi’an, où les autorités utilisent un centre d’appel citoyen, des données de circulation en temps réel et des dispositifs intelligents pour améliorer la gestion urbaine et la réactivité des services publics. A Xi’an, le tourisme évolue également au rythme de la smart city : lors du dernier festival du printemps, on a pu y retrouver des robots récitant de la poésie traditionnelle ou des visites organisées à bord de bateaux autonomes. Les avancées technologiques pour faire des villes chinoises des smart cities se retrouvent donc sur différents aspects de la vie urbaine.
Le rôle du city brain
Au cœur du modèle chinois se trouve le concept de city brain, ou « cerveau urbain », qui désigne une infrastructure numérique intégrée capable de centraliser, analyser et croiser d’énormes volumes de données urbaines en temps réel. Il repose sur un ensemble de technologies complémentaires telles que : l’intelligence artificielle, les big data, le cloud computing, ou encore les jumeaux numériques (copie virtuelle d’une ville réelle qui sert à observer, simuler et prévoir ce qui pourrait se passer dans la réalité grâce à des données en temps réel, des modèles 3D). Ces technologies transforment la ville en un espace piloté par l’information. L’objectif n’est pas seulement de numériser les services publics, mais de créer un système de gestion urbaine plus réactif, plus précis et plus efficace. En mars 2025, la Chine a lancé City Brain 3.0, basé sur le modèle DeepSeek-R1, afin de renforcer la patrouille urbaine et la gestion du trafic. Des villes comme Jinan, Guangzhou ou Xiong’an illustrent cette logique avec des outils de visualisation 4D, des données météorologiques et hydrologiques pour la prévention des inondations, ou encore des jumeaux numériques pour la planification urbaine.
Des applications concrètes et visibles
Les exemples récents montrent que la Chine continue d’investir massivement dans ce domaine. Il y a un mois, à Nanning, une compétition nationale sur le développement des smart cities a eu lieu. La Chine prévoit l’application pilote des projets participants de haute qualité au niveau local et permettra de créer un certain nombre de scénarios d’application types pour la construction de Smart Cities. En février 2026, la Chine et Hong Kong ont aussi lancé le premier satellite d’observation terrestre à grande échelle doté d’une intelligence artificielle, présenté comme dédié au développement urbain durable. Ce satellite, appelé “Hong Kong Youth Scientific Innovation”, doit fournir des données géospatiales de haute précision pour la surveillance environnementale, les transports et la réponse aux catastrophes. La Chine développe ainsi un modèle où l’observation, l’analyse et l’intervention sont rendues plus rapides grâce à la technologie. Dans cette logique, la ville intelligente devient un espace de coordination entre capteurs, satellites, plateformes numériques et administrations. L’objectif affiché est d’améliorer l’efficacité, mais aussi de renforcer la résilience urbaine face aux risques climatiques et logistiques.
Un savoir-faire qui s'exporte
Le leadership chinois ne se limite pas au territoire national. Pékin promeut aussi ses technologies de smart city à l’étranger, notamment dans le cadre des routes de la soie et des coopérations avec l’Asie centrale, le Moyen-Orient et d’autres régions. En 2023, une déclaration conjointe avec l’Asie centrale encourage explicitement la coopération dans l’intelligence artificielle, les smart cities, le big data et le cloud computing. Des firmes chinoises participent à des projets de villes intelligentes dans plus d’une centaine de pays, ce qui montre une forte capacité d’exportation technologique. Des entreprises comme Huawei, Alibaba et Baidu jouent un rôle clé dans cette diffusion internationale. Par exemple, Huawei joue maintenant un rôle majeur dans le Moyen-Orient, dirigeant 28 des 34 projets initiés par la Chine entre 2014 et 2024.
Plus récemment, en septembre 2025, l’Autorité des routes et des transports de Dubaï, ou RTA, a délivré ses premiers permis pour des essais de conduite autonome, autorisant trois grandes entreprises chinoises de mobilité, Pony.ai, WeRide et Apollo Go de Baidu, à commencer des tests sur route de leurs flottes de véhicules autonomes dans l’ensemble de Dubaï. Selon des responsables de la RTA, les opérations commerciales devraient débuter bientôt, conformément à l’objectif de Dubaï de convertir 25% de l’ensemble des trajets en modes de transport autonomes d’ici 2030. La Chine exporte donc son modèle de Smart Cities à l’international à travers ses plus grosses entreprises avec une première approche vers le Moyen-Orient.
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