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EMPLOI - Comment j’ai trouvé mon job à Shanghai ?

Écrit par Le Petit Journal Shanghai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 6 mars 2014

Trois profils, trois expériences d'expatriations réussies à Shanghai pour vous apporter méthode, idées et astuces afin d'optimiser votre recherche d'emploi ... et aussi pour vous motiver !

Un parcours riche et une création à la clé !

Aurélie est revenue en Chine avec sa famille en 2012 alors qu'elle y avait déjà vécu de 2000 à 2008. A l'époque, alors qu'elle souhaitait de suite avoir une activité professionnelle, peu de femmes travaillaient et les démarches étaient plus difficiles. "C'est donc par l'associatif que j'ai commencé, je me suis engagée dans A Pleines Mains pendant plus de deux ans, et j'ai aussi profité de cette période pour bien apprendre le chinois. Cette expérience m'a permis de créer mon réseau, de comprendre la façon de travailler en Chine, mais aussi d'acquérir des expériences en management, sponsoring, préparation d'événementiels, travail en équipe. Ensuite, j'ai eu plusieurs emplois successifs (formations à la CCFC, gestion de projet dans des sociétés de sourcing, ?) à chaque fois grâce au "guanxi", le réseau en Chinois, si important en Chine et source de nombreuses opportunités : les gens vous rencontrent, voient ce que vous faites, ce que vous "valez", et ils font appel à vous plutôt qu'à un inconnu le jour où une occasion se présente. De plus, j'ai souvent pu travailler en partie chez moi, ce qui était appréciable pour aussi gérer la vie de famille."

Son retour en France est consacré à l'accueil d'une petite fille chinoise après un processus d'adoption réussi. De retour en Chine, Aurélie se remet tout de suite au travail, d'abord au LFS, puis quelques mois après, elle rejoint, toujours grâce à ses relations, un beau projet entrepreneurial sur lequel elle travaille maintenant depuis presque un an. "Il faut savoir accepter parfois une certaine précarité administrative et financière. En contre partie, on peut négocier plus de flexibilité et de congés. Toutes mes expériences précédentes me servent beaucoup aujourd'hui. Et surtout, c'est très excitant d'être au début d'un projet, dans une petite équipe. J'ai des responsabilités et une marge de man?uvre que je n'aurai jamais eues en France, et des missions très diverses : administration, recrutement, comptabilité, achats, marketing, et... traductions en tout genre sur le chantier ! Toutes mes expériences précédentes me servent beaucoup aujourd'hui. Je n'ai pas?eu à me vendre, c'est mon cursus très varié qui m'a permis de convaincre les personnes avec qui je travaille, ça booste la confiance !"

Aurélie ouvrira bientôt les portes de La Parisienne, boulangerie pâtisserie proposant des produits traditionnels français de qualité, à partir du 15 mars. Elle pourra donc discuter avec vous plus longuement sur son parcours devant un bon café croissant?

Un enfant de la 3ème culture toujours en quête d'expérience à l'étranger

Benoit dans son environnement de travail

Benoît a 27 ans, il a vécu dans les îles des Caraïbes étant enfant, il parle 6 langues, a étudié en France, au Japon, puis à Shanghai. A peine trentenaire, il a déjà travaillé au Canada, en France, et en Russie. Avant même d'avoir  son diplôme de l'EM Lyon (école de commerce qui envoie tous les ans 300 étudiants français terminer leur cursus a Shanghai), il cherche du travail car il ne compte pas retourner en France. "Je veux profiter d'être jeune pour vivre dans un monde différent, pratiquer le chinois que j'ai appris. Pour trouver mon poste de Business Manager chez NetConcepts, une startup qui propulse les sociétés au sommet des moteurs de recherches chinois, j'ai vraiment ciblé les entreprises qui m'intéressaient. Je voulais rejoindre une entité chinoise, dynamique et reconnue dans son domaine. J'ai contacté directement les dirigeants d'une quinzaine ces entreprises sélectionnées, eu 5 entretiens et j'ai commencé à travailler avec un CDI en octobre dernier. Ici, on peut créer son poste, créer l'opportunité, les opérationnels sont plus vite convaincus."

Seul hic au tableau, les contraintes administratives?

En effet, pour le visa de travail, les conditions se sont durcies puisqu'il faut aujourd'hui prouver de 3 à 4 ans d'expérience et avoir au?moins un bac +4. Une fois ces conditions remplies, plusieurs cas sont possibles: l'entreprise peut se charger de l'obtention du visa de travail puis du permis de résidence, ou l'on peut passer par une société de portage. Benoît s'est chargé tout seul des papiers et a su transformer son visa d'étudiant en visa de travail pour 1 an. Le chinois (et une bonne dose de débrouillardise !) sont donc indispensables au quotidien.

Des difficultés parfois ?

"Oui, bien sûr. La communication en interne est difficile a appréhender dans les entreprises chinoises : peu de procédures, peu de planification, on n'a jamais une réponse claire, on se sent parfois seul a se battre dans l'océan, il y a une certaine inertie, peu de formation. Pourtant ca marche ! J'ai envie de comprendre comment, et donc j'ai bien l'intention de rester ici pour avoir la réponse a cette question!"

Savoir capitaliser sur son diplôme et se lancer très vite

Marie-Hélène est à Shanghai depuis août 2011 avec une fille au lycée et une en France. Infirmière diplômée, elle exerçait en France en milieu hospitalier puis en centre d'hébergement.  A peine arrivée en Chine, son mari, un peu coupable de lui avoir fait changer de poste, trouve une annonce sur le site du Lycée Français de Shanghai (LFS) et l'encourage à y répondre. Malgré plusieurs candidatures pour ce poste, c'est elle qui est sélectionnée à la suite de son entretien, et commence quelques semaines après.

Une opportunité pour Marie-Hélène car le diplôme d'infirmière n'est pas reconnu en Chine et il est impossible de travailler à l'hôpital. A noter que c'est aussi le cas des sages-femmes et des pharmaciens, alors que les médecins et dentistes trouveront sans problème une équivalence. De même, les psychologues, assistantes sociales ou paramédicaux seront aussi facilement embauchés dans les centres médicaux dédiés pour s'occuper de la communauté expatriée.

Travailler au LFS présente aussi d'autres atouts 

"Postuler dans une institution française est plus facile. Il y a aussi de nombreux avantages, on y est bien accueilli, on parle la même langue, on comprend vite le fonctionnement de la structure, le  quotidien est plus facile, et le travail en équipe plus aisé. Et puis, pour l'avenir, mon CV est ainsi enrichi par une expérience qui sera plus facilement reconnue. De plus, j'ai eu un poste à mi temps, ce qui me laisse deux jours pour moi."

Marie-Hélène et une collègue

Quels conseils ?

"Il faut se faire confiance, ne pas se positionner comme le conjoint suiveur, se dire qu'on a une chance. Je suis vraiment contente d'avoir travaillé dès mon arrivée, ça me correspond mieux. J'ai pu débuter cette expatriation sur le même pied d'égalité que mon mari et mes enfants. Même si j'ai dû apprendre de nouvelles pratiques, me remettre à l'anglais qui est nécessaire pour communiquer avec certaines personnes du lycée, c'est une très belle expérience!"

Quelle que soit la durée de votre expatriation en Chine, votre parcours, votre avenir, de nombreuses possibilités s'offrent à vous entre la reprise des études, le bénévolat, un poste dans une institution française, dans une entreprise ou encore la création d'un business. Lancez-vous !

Carole COLOMB (www.lepetitjournal.com/shanghai) mercredi 5 mars 2014

Le Petit Journal Shanghai
Publié le 4 mars 2014, mis à jour le 6 mars 2014
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