Nouvelle route de la soie : une opportunité de développement de l’Afrique ?

Par Le Petit Journal Shanghai | Publié le 13/06/2022 à 12:25 | Mis à jour le 13/06/2022 à 12:25
nouvelle route de la soie carte

La Chine se rapproche de l'Afrique de l'Est avec un projet d'envergure

 

L'initiative "One Belt One Road", également appelée "Nouvelle route de la soie", a été annoncée par le président chinois Xi Jinping en 2013. Elle vise à relier la Chine par voie terrestre et maritime à plus de 60 pays, pour la plupart en développement, qui représentent plus d'un quart du PIB mondial. La route maritime provisoire contournerait le continent asiatique par le Sud pour relier les ports chinois aux pays situés sur le golfe du Bengale, puis traverserait l'océan Indien pour atteindre l'Afrique de l'Est. Quatre pays ont des ports sur cette route : le Kenya, le Soudan, l'Éthiopie et Djibouti.

 

L’Ouest africain oublié ?

 

Il semblerait que les intentions chinoises soient principalement concentrées dans l’Est africain et peu de projets atteignent les pays de l’Ouest. Pourtant, des zones économiques comme celles de la Zone économique spéciale du Gabon (GSEZ), du Bénin avec la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) et au Togo avec la Plateforme industrielle Adétikopé (PIA) sont en plein essor. En témoigne les nombreux projets menés par Arise IIP sur cette partie du continent.

 

Ceci dit, les relations entre l'Empire du Milieu et le continent africain ne sont pas nouvelles : 52 missions diplomatiques chinoises sont présentes en Afrique et les échanges commerciaux de 2014 ont été estimés à 220 milliards de dollars. Ce sont ces liens et ces relations commerciales que la Chine cherche à favoriser dans ce projet qui bénéficiera aux exportations de produits manufacturés chinois ainsi qu'aux importations de matières premières. La Chine est autant attirée par les matières premières de l'Afrique que par son marché de consommation.

 

Si les perspectives évidentes du projet de "Nouvelle route de la soie" sont d'ordre commercial et économique, les intérêts diplomatiques et politiques ne doivent pas être sous-estimés. L'un des objectifs de cette route est de transformer la façon dont la Chine traite avec ses voisins asiatiques et avec le monde extérieur.

 

La Chine en Afrique : une certaine vision du développement

 

La Nouvelle route de la soie permet au gouvernement chinois de réactiver la définition du développement qui était dominante avant les années 1980. Selon cette vision, le développement ne se fait pas tout seul, et les prix justes, les réductions d'impôts et la dérégulation sont insuffisants. Les pays en développement ont avant tout des besoins concrets, comme les infrastructures. Et c'est bien ce que la Chine s'efforce de fournir aux pays africains partenaires : entre 2003 et 2015, l'aide chinoise à l'Afrique est passée de 631 millions d'euros à près de 3 milliards. Les investissements chinois financent principalement les grandes voies de communication et les unités de production.

 

Actuellement, les pays africains accueillent favorablement ces investisseurs, et cette nouvelle source d'aide est souvent considérée comme un partenariat gagnant-gagnant plutôt qu'une politique d'aide. D'autres sont moins optimistes sur l'implication de la Chine et des entreprises chinoises en Afrique, et s'interrogent sur la nouvelle dépendance du continent africain.

0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Shanghai !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Guillaume Asmanoff et Thomas Aunave

Rédacteurs en chef de l'éditon Shanghai.

À lire sur votre édition locale