

Originaire de l'Aveyron, Jean-Michel Peyrat a toujours eu la passion du bois. Après des années passées auprès des Compagnons du Tour de France, il élargit ses horizons et parcourt le monde entier. Tour à tour artisan indépendant, bénévole dans des associations humanitaires, missionné pour l'Unesco ou l'Union Européenne, il reste fidèle à ses convictions de découverte permanente de l'autre et de transmission de son savoir. Aujourd'hui installé à Shanghai (mais depuis plus de quinze ans en Chine), il crée et restaure du mobilier, avec toujours le même amour du bon et beau produit. Zoom sur un expert de l'éternel recommencement?
Au commencement était l'amour du bois
Né dans l'Aveyron, dans le village de Rouens plus exactement, Jean-Michel Peyrat a toujours aimé le bois. Il a d'ailleurs commencé à créer des objets et à se fabriquer ses propres jouets en bois dès l'âge de huit ans ! Pas franchement passionné par les études, il s'oriente rapidement vers un CAP en menuiserie. Pour la suite, il caressait bien le rêve de l'école Boule mais le prix était trop élevé. Il trouve un jour un dépliant sur les Compagnons du Tour de France et les contacte, mais malchance, toutes les places étaient prises? Il commence donc à travailler chez un artisan pendant l'été. C'est alors que les Compagnons le rappellent, suite à un désistement, et proposent de le prendre, il a 48h pour se décider. Le lundi suivant, il part donc sur Toulouse pour devenir "ouvrier sur le Tour du Monde", il a alors 16 ans?
Les Compagnons du Tour de France, une expérience extraordinaire !

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Petit précis de vocabulaire Ebéniste : artisan spécialisé dans le placage des bois précieux (à l'origine l'ébène), par extension, artisan spécialisé dans le mobilier de luxe. Cette profession n'existe plus vraiment, même si l'appellation reste utilisée par certains. Menuisier : professionnel qui travaille le bois, sous toutes ses formes (meubles massifs, portes, fenêtres, boiseries?). Jean-Michel Peyrat se présente comme menuisier en agencement, mais réalise aussi du placage et travaille toutes sortes de bois et autres matériaux (pierre, verre, métaux?) |
Citoyen-menuisier du monde

Des plus belles expériences aux gros coups durs?
"Les Compagnons m'ont appris à pouvoir partir de zéro et à m'adapter partout. Le Cambodge m'a permis de me redécouvrir et m'affirmer. Maintenant, je sais faire de mes points faibles des points forts !" Par exemple, la langue. Pour lui, ne pas parler la langue du pays n'est pas un problème. "Dans mon métier, on peut convaincre par le geste et le contact". "Si je n'avais pas vécu cette expérience au Cambodge, je ne serai pas ici aujourd'hui !", conclue-t-il. Jean-Michel passe donc toutes ces années à former des artisans en menuiserie, en sculptures sur pierre aussi. "Les process sont identiques, c'est la matière qui change". Il leur apprend aussi à fabriquer des objets pour les vendre et nourrir leurs familles. L'Union Européenne reprend le projet, l'élargit au niveau national. Mais quand certains clients lui demande de falsifier des rapports pour obtenir de nouveaux financements publics ("comme souvent quand il y a de l'argent subventionné" déplore-t-il), il finit par claquer la porte.

Les leçons de la Chine
Depuis 2005, il se concentre sur la Chine. Il monte une société de contrôle qualité pour des clients français et s'installe à Canton. Toujours dans la logique du compagnonnage et de la transmission, il emploie des stagiaires en permanence, certains veulent revenir, comme Quentin qui deviendra, et est toujours, son associé. Jean-Michel, exalté par l'aventure chinoise, décide alors de lancer sa propre ligne de meubles. Mais le marché a évolué, les interlocuteurs ne sont plus des professionnels du mobilier mais des acheteurs, "on ne parle pas le même langage? Et puis je ne suis pas commercial dans l'âme", reconnaît-il. Après une autre tentative infructueuse en 2012 de "prototypage mobilier", dans le Fujian, il convertit finalement son entreprise en une société de design, qui propose des projets désignés en Chine mais qui ne s'occupe plus de la production. Ayant réduit la voilure, il décide alors d'en laisser les rennes à son associé Quentin et de se relancer comme artisan à Shanghai, où il connaît déjà pas mal de monde.
Nouveau départ à Shanghai

| Toujours dans cet esprit de générosité et de partage, Jean-Michel Peyrat s'engage pour le Téléthon 2016 à Shanghai ! En effet, il va créer un meuble, pièce unique, qui sera proposé, lors du gala annuel de fin d'année, traditionnellement organisé par l'UFE (Union des Français de l'Etranger). |
Jean-Michel Peyrat est bien un homme aux mille vies, avant tout amoureux de ce matériau qu'est le bois, et qui veille à appliquer dans tous ses choix sa devise favorite : "Le savoir, le savoir-faire, le faire savoir".
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Email : jmp.lbc@gmail.com Tel. : +86 137 09 39 85 12 |
Crédits photos personnels
Delphine Gourgues lepetitjournal.com/shanghai Mardi 4 octobre 2016








