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FRANÇAISES EN CHINE – Un quintet pétillant à la tête d’Alcatel-Lucent

Écrit par Le Petit Journal Shanghai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 24 mars 2015

 Par Carole Colomb et Delphine Gourgues

Par un beau midi printanier, nous avions rendez-vous avec un quintet un peu particulier : cinq femmes, françaises, travaillant chez Alcatel-Lucent à Shanghai, à des postes à hautes responsabilités. Décidément, après nos articles sur les Tai-Tai "actives" ou non, sur les Shanghaiennes de souche, le thème des femmes à Shanghai, quels que soient leur statut et leur occupation, est un sujet inépuisable ! Ces cinq femmes pétillantes, dynamiques et chaleureuses nous ont livré une part de leur expérience professionnelle et personnelle en Chine. Levons donc le voile sur leurs parcours !

Un quintet de choc dans les télécoms

De gauche à droite : S. DORIN-BLANCHARD, L. DELPY, K. COCHET, S. LEGRAND, C. LAFFITTE-VERMEULEN (Crédit photo : DG)

Le groupe Alcatel-Lucent, tout le monde connait en France, de nom du moins. Rappelons que l'activité principale du groupe est de concevoir et commercialiser des infrastructures de réseaux télécom, c'est-à-dire des antennes, des réseaux mobiles 3G et 4G, des routers... bref, tout ce dont le monde entier a besoin pour communiquer. En Chine, une joint-venture (co-entreprise) a été créée il y a de cela 30 ans (en 1984) entre le groupe français et une entreprise chinoise pour donner naissance  à Alcatel-Lucent Shanghai Bell. Cette filiale emploie environ 20 000 personnes en Asie dont 10 000 en Chine. Les bureaux de Shanghai accueillent à la fois la joint-venture franco-chinoise ainsi que le siège de la région Asie-Pacifique. Les clients directs d'Alcatel-Lucent Shanghai Bell sont les trois opérateurs téléphoniques que vous connaissez bien : China Telecom, China Unicom et China Mobile.

Mais qui sont ces cinq femmes françaises chez Alcatel ? Corinne LAFFITTE-VERMEULEN (directeur financier de la joint-venture), Karine COCHET (contrôleur financier pour une ligne de produits sur la zone Asie-Pacifique), Sandrine DORIN-BLANCHARD (directeur de l'audit interne du groupe au niveau mondial), Sandrine LEGRAND (directeur des ventes des alliances avec HP) et Laurence DELPY (directeur de la diversification et des ventes gouvernement, énergie et transports sur la zone Asie-Pacifique) : le palmarès inspire le respect ! En poste à Shanghai depuis peu ou depuis longtemps (de 18 mois à 14 ans), elles ont toutes évolué depuis leur arrivée. Car le groupe Alcatel a à c?ur de favoriser l'évolution professionnelle de ses collaborateurs dits " à fort potentiel".

Cinq Françaises ayant des postes à forte responsabilité dans une entreprise franco-chinoise, et depuis longtemps, ce n'est pas courant !

Comment l'expliquez-vous ? "Oui c'est vrai, dans notre société, nous sommes une quinzaine d'expatriés français en Chine, et sept femmes en fait ! Nous pouvons même vous dire que vingt femmes sont dans le Top 200 Alcatel-Lucent, dont cinq sont françaises. Et sur ces cinq, trois sont en Chine ! Mais nous cinq ici, c'est un peu le hasard car c'est nous qui avons volontairement demandé à venir en Chine. Nous étions toutes déjà dans la société avant mais nous ne nous connaissions pas, sauf Sandrine et Laurence qui avaient déjà travaillé sur des projets communs". Car Alcatel a toujours développé la mobilité internationale surtout pour les plus motivés. "De plus, Shanghai est une destination plutôt facile pour l'installation d'une famille, les opportunités professionnelles pour nos conjoints existent, la proportion de femmes est donc certainement supérieure à celle d'autres filiales. "

Amies aussi en dehors du travail, elles ont vécu des moments forts ensemble à Shanghai

En plus de soirées, fêtes, weekends, courses à pied (car deux d'entre elles sont de grandes sportives), Sandrine DB, Karine, Corinne et leurs maris se sont engagés dans l'association Les enfants de Madaifu*. "Nous avons recréé notre petite communauté de Alcatel Frenchy ! Certes, nous nous retrouvons pour la galette des rois tous les ans, mais nous nous voyons aussi très souvent avec les enfants et nos amis communs. Pour Madaifu, nous avons organisé des conférences, des soirées, et vendu des tonnes de pommes chaque automne au profit des enfants orphelins. Ça soude !".

(Crédit photo : Les Enfants de Maidafu)

Travailler dans une entreprise franco-chinoise, un challenge au quotidien

Elles s'y étaient préparées, mais le vivre est une autre histoire : les différences culturelles sont très fortes, il faut s'adapter, encore et toujours, mais ne pas lâcher non plus, un délicat exercice de compromis et de persuasion, assez fréquent pour les femmes, avouons-le ! "La société Alcatel-Lucent Shanghai Bell est chinoise avant tout, les salariés sont en grande majorité chinois, les autres asiatiques." Ce constat est certes un peu moins extrême dans la filiale de la zone Asie-Pacifique mais bien réel. Par-dessus cela s'ajoute le sentiment d'appartenance au groupe Alcatel, qui est très fort. "Toute la complexité de la tâche pour chacune d'entre-nous a été de trouver sa place, mais au final, c'est tellement enrichissant et positif !". Par ailleurs, elles sont toutes d'accord sur ce point, "en Chine, on travaille énormément, beaucoup plus qu'en Europe". Le marché est certes difficile dans le monde entier, "mais si on est capable de se mesurer au marché chinois, on est vraiment plus fort à l'international."

Et le regard des collègues chinois sur cette équipe féminine ?

"Tu es une extra-terrestre pour nous !", entendent-elles parfois ! Direct mais toujours bienveillant et avec une pointe d'admiration. Assurément, ces femmes, étrangères, qui travaillent, à des postes intéressants, avec deux ou trois enfants, sans habiter chez leurs parents, cela en étonne plus d'un ! "En tant qu'étranger en Chine, tout commence par le respect, pour les femmes comme pour les hommes, ensuite vient la confiance." Et elles s'accordent toutes les cinq sur ce fait : "être une femme en entreprise en Chine, ça n'est pas un problème. On peut même dire que pour nous, travailler en Chine, c'est un accélérateur de carrière !".

Quelques anecdotes vécues dans le cadre de leur vie chez Alcatel Chine

Corinne a fêté les 30 ans d'Alcatel-Lucent Shanghai Bell, au sein de l'Université du Parti Communiste, un moment d'anthologie ! Elle se souvient aussi de réunions où la discussion s'animait si fort que tout le monde passait au  mandarin, difficile de suivre ! Sandrine DB se souvient des fêtes organisées par la société lors de Chinese New Year. "L'énergie mise par les employés à préparer, à répéter au bureau les petits shows qu'ils présentent sur scène est incroyable !". Sandrine L. s'amuse régulièrement des retrouvailles des expatriés tous les jours à la machine à café. Karine évoque les nombreux matins embrumés pour toutes, après des nuits écourtées par les téléconférences avec l'Europe et les Etats-Unis jusqu'à très très tard?

La Chine et elles, une belle histoire?

L'une a définitivement adopté le thé sous toutes ses formes, l'autre s'est mise au yoga, une troisième au kung-fu..., ce qui les charme encore au quotidien, c'est la surprise. La surprise au coin de la rue, la surprise de voir le visage souriant des jeunes collègues tous les matins, la surprise de ce paysage urbain si changeant. La richesse insoupçonnée de Shanghai aussi. "Nos compatriotes en France n'ont pas une assez bonne image de la Chine et de Shanghai mais ici, on ne le dira jamais assez, on rencontre tellement de gens si talentueux, qui ont mille projets, qui véhiculent cette énergie légendaire mais si réelle ! En Chine, tout est difficile, mais tout est possible !". Et pour plusieurs d'entre-elles, si c'était à refaire, elles se mettraient de façon intensive au mandarin dès le début, ou même avant, pour mieux comprendre la culture, les collègues, le pays? Leurs coups de c?ur ici et en Asie ? Le Yunnan, la rivière Li, le "Petit Tibet" au nord de l'Inde, la Birmanie, une île secrète aux Philippines? Et puisque c'est d'actualité pour certaines, ce qu'elles regretteront le plus pour leurs enfants à leur retour en France, c'est le contexte anglo-saxon si riche et si facile d'accès, "une porte grande ouverte sur le monde?".

* Les enfants de Maidafu : association chinoise venant en aide aux enfants orphelins pour les réintégrer dans leur cercle familial et les maintenir à l'école.
Pour plus de détails : http://www.madaifu.org/

 

Carole Colomb et Delphine Gourgues lepetitjournal.com/shanghai Jeudi 26 mars 2015 

Le Petit Journal Shanghai
Publié le 25 mars 2015, mis à jour le 24 mars 2015
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