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Avoir un bébé à Shanghai

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Écrit par Le Petit Journal Shanghai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 7 février 2018

Partager leurs expériences, c'est ce que quatre femmes ont accepté de faire pour Lepetitjournal/shanghai. A travers leurs réponses, elles témoignent de leur expérience de la maternité sans langue de bois, en explicitant les bons comme les mauvais côtés ! Toutes sont heureuses d'avoir donné la vie à Shanghai, car finalement "on ne peut pas tout prévoir pour une naissance ... en France ou ailleurs ! Il y a une part d'inconnu qui fait la magie de cet instant, vivons le comme cela !".

Ici ou ailleurs ? - "Il y a des centaines d'enfants qui naissent tous les jours en Chine, pourquoi pas le mien ! "

Rentrer en France n'était dans les projets d'aucune, déjà car "d'un point de vue pratique nous n'avions en France ni logement, ni emploi, ni sécurité sociale" précise Virginie. C'est également le point soulevé par Julie, qui ajoute que, finalement, " sans point de chute en France, ils auraient été autant dépaysés en France qu'en Chine". Le fait de prendre les devants en rencontrant plusieurs mamans ayant déjà donné naissance à Shanghai a également conforté Priscille, Virginie et Julie, car pour toutes "l'accouchement s'était très bien passé". Par ailleurs, le fait de travailler a également été décisif : Virginie ne se voyait pas "quitter son emploi prématurément". Quant à Constance, elle a pensé "logistique de la famille", car avec deux autres enfants, elle n'avait pas envie de faire autrement, et précisant par ailleurs "j'avais accouché au Vietnam pour mon 2ème enfant, donc je n'avais pas de crainte particulière sur le pays".

Un des points de réflexion fut aussi le choix de la maternité et, d'autant plus important encore, celui du médecin obstétricien. Pour toutes, au-delà des remboursements couvrant ou non le coût de l'accouchement, ce sont les recommandations d'amies qui ont pesé dans la balance : "Grâce à cette maternité et ma gynéco, j'ai pu vivre un accouchement naturel merveilleux, tel que je ne pensais pas pouvoir le vivre !! " conclut Constance, alors que cette maman pensait que dans son cas, "la césarienne lui était prédestinée" tout autant en France qu'en Chine du reste. 
D'ailleurs, c'est cette intervention qui a été évoquée comme crainte principale, "car ici, semble t-il, c'est plus courant!  précise Priscille;

Pour toutes finalement, le choix d'accoucher en Chine semble s'être imposé tout naturellement.

La médecine à l'écoute ? - "J'ai été un peu déroutée par le suivi de grossesse à l'américaine"

C'est ce qui ressort de ces témoignages : le suivi est très régulier, avec "beaucoup de rendez vous et d'examens", peut-être même trop, mais dans tous les cas "pro et clean". Priscille a choisi de "faire comprendre à sa gynéco qu'en France ça se passait différemment et a "imposé" son rythme pour les premiers mois". Elle convient tout de même que "pour la fin de grossesse, je crois qu'on ne peut pas y échapper! Tous les 15 jours puis toutes les semaines!". Pour Constance, il s'agit, certes "d'un suivi régulier, mais nécessaire". Virginie avait, quand à elle, une solution toute trouvée : "je préparais tous mes rendez vous à l'avance pour savoir ce qu'un médecin en France m'aurait prescrit comme examen. Il m'est aussi arrivé de refuser des examens que je ne connaissais pas ...Le temps de me renseigner et de les accepter plus tard".

Le jour J, ce qui semble avoir plu à Julie est le fait de n'avoir "jamais été séparée de bébé : j'ai accouché dans ma chambre", et elle se satisfait complètement de cette façon de procéder : "il y avait un lit spécial pour mon mari, donc nous étions tous les trois pendant trois jours, ce qui a renforcé le cocon de la petite famille". Virginie de son côté ne peut qu'être soulagée de la manière dont a été pris en charge son accouchement. Elle est en effet la seule maman à pouvoir témoigner de la réactivité sans faille de la part du corps médical suite à une très grosse complication. Elle explique "ça a été fulgurant : à 24h près je pouvais ne pas survivre à cet accouchement. En quelques heures ils ont trouvé ce que j'avais et m'ont soigné...J'ai été obligé d'accoucher en urgence en césarienne. Pendant tout le process, j'ai vu des médecins qui ne parlaient pas un mot d'anglais et personne ne m'a vraiment expliqué ce que j'avais. J'ai apprécié de ne pas tout comprendre car cela nous m'a évité d'angoisser sur le moment. Après cette expérience, je peux certifier qu'il y a de très bons médecins en Chine et qu'on peut accoucher en Chine en confiance du moment qu'on choisit un bon médecin ... "

Néanmoins, elle émet un bémol sur son séjour à l'hôpital : "j'ai eu les mêmes repas que tous les autres malades préparés par la clinique sans égard de ma condition : résultat je me suis tordue de douleur le 1er jour (?) une infirmière m'a également proposé du café, parce qu'elle pensait que toutes les étrangères boivent du café? alors que c'est interdit quand on allaite? et tout en me disant qu'elle n'en donnerait jamais à une maman Chinoise pour cette même raison" . Puis elle nuance en avouant avoir apprécié la différence de culture car "Ici en Chine tout est un peu vintage: on emmaillote les bébés comme dans les années 50 chez nous ! J'ai aimé recevoir plein de conseils de grand-mère de la part des infirmières". Ce sentiment mitigé concernant le service post-natal l'est également chez les autres mamans. Constance parle d'un suivi "un peu léger, pour un 3ème ce n'est pas grave car on sait déjà comment ça se passe (?) mais pour un 1er, je pense que certaines mamans peuvent se sentir un peu seules ou démunies". Priscille, de son côté évoque un personnel qui "ne parlait pas bien anglais avec lequel la communication était difficile", et ne s'est pas senti soutenue lorsqu'elle a dû demander aux infirmières à assister à la toilette de son nouveau-né, celles-ci ne prenant pas l'initiative de l'y convier. Elle s'est également sentie sous pression, recevant trop de recommandations "elles faisaient (les infirmières) une fixette sur le poids du bébé et ne me mettait pas en confiance! Vous n'avez pas assez de lait (?) il faut lui donner un biberon en complément... Heureusement, je savais ce que je voulais, et j'ai aussi été soutenue par des amies". Néanmoins, elle a aimé que le temps d'hospitalisation soit court "J'ai accouché un jeudi matin, et le samedi midi j'étais chez moi!". Julie a, quant à elle, "été bien suivie, et eu à faire à du personnel très à l'écoute et respectueux de ses choix (accouchement par voie naturelle, allaitement?) (?) mon bébé a trois mois et nous sommes encore suivis tous les deux".

Nous ici, vous là-bas? - "Avec un premier, n'est-on pas toujours démuni ?"

C'est Julie qui pose cette interrogation universelle, lorsque la question de comment est vécu l'éloignement de la famille apparaît. Constance, pour sa part, répond : "Pour moi le plus important était de de vivre cela avec ma famille, c'est-à-dire mon mari et mes autres enfants. J'ai eu la chance d'avoir la présence de mes parents tout de suite après, et c'est un c?ur à c?ur unique de voir un bébé s'ouvrir à la vie avec ceux qui nous ont donné la nôtre !". Parce que 10 000 kilomètres de distance ce n'est pas rien, il n'est pas évident pour tout le monde d'avoir ses proches auprès de soi à ce moment-là... Heureusement, il semble que ça ne soit pas déterminant dans la décision de donner la vie en Chine, la complicité et solidité de son propre couple apparaissant comme primordial. Ainsi, pour Priscille, même si la frustration de la distance est présente, elle reconnaît que "ça n'a pas été difficile, je pense même que ça nous a davantage soudé avec mon mari (?) et avec internet, c'est facile d'envoyer régulièrement des photos!". L'histoire de Virginie vient également appuyer ce point de vue : "Mon accouchement s'est mal passé. Mais pendant ces moments d'angoisse, j'ai apprécié de n'être qu'avec mon mari et de ne pas avoir à gérer le stress et la présence de toute ma famille comme cela aurait été le cas en France.". En revanche, elle confie sans détour qu' "une fois rentrée à la maison, je me suis sentie très seule face à mon nourrisson et complètement démunie en cas de problème ? En Chine pas de famille proche et pas de Samu à qui expliquer en français les problèmes éventuels de mon nourrisson. A ce seul moment j'ai regretté d'être en Chine".

Vis ma vie de maman - "Les Chinois sont fans des bébés et enfants donc c'est facile au quotidien!"

Priscille décrit bien ce quotidien et concède qu'il y a un revers à la médaille : "Les Chinois sont fans des bébés et enfants donc c'est facile au quotidien ! Le côté un peu désagréable est d'étouffer parfois, tant les Chinois s'agglutinent autour de nous dans le parc! Ils prennent photos et vidéos en permanence, sans demander, ou bien y vont de leur commentaire sur la manière dont je dois habiller mon fils!". Pragmatique, Constance avoue "à partir du moment où j'ai accepté de vivre à Shanghai, j'ai accepté les contraintes comme les avantages, pour mes ainés comme pour mon bébé". Ici, on parle aussi de la pollution, sujet ô combien sensible lorsqu'il s'agit de nourrisson : "Les alertes à la pollution en décembre dernier nous ont donné un coup de blues. Mais sinon, je sors quasi tous les jours en poussette dans le parc d'à côté" souligne Priscille. Si à la maison, toutes ont équipé les pièces principales de purificateur d'air, il n'est en effet pas pour autant question de rester enfermé, surtout que toutes s'accordent sur le fait qu' n'y a "pas de problème pour promener bébé en taxi (?) avec le cosi (?) et que les trottoirs sont praticables". Et puis "l'ayi qui aide au quotidien est une bénédiction".

Merci à Constance, Priscille, Julie et Virginie d'avoir pris le temps de répondre à mes questions !

Aurélie Evalet 

 

Le Petit Journal Shanghai
Publié le 9 juin 2014, mis à jour le 7 février 2018
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