Édition internationale

RDV DE L’ECO AVEC CHRISTOPHE BACHELET – Arc International, une entreprise familiale à la conquête de l’Empire du Milieu

Écrit par Le Petit Journal Shanghai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 20 novembre 2014

Qui n'a pas connu les verres de la Verrerie Cristallerie d'Arques, maison centenaire du Nord de la France ? Puis Arcopal®, une marque qui accompagne les Français dans leur vie quotidienne depuis les années 60. Luminarc®, déjà d'envergure européenne, décide de s'ouvrir aux marchés émergents dans le monde en 2000, et opte alors pour un nom plus facile à décliner à l'international, l'actuel Arc International. Nous avons rencontré son Directeur Général Asie-Pacifique, Christophe Bachelet.

Écrit par Marie-Eve Richet

Lepetitjournal.com/Shanghai - Pouvez-vous nous retracer votre parcours ?

Christophe Bachelet : Je suis un pur produit verrier. Après 2 ans d'expérience dans l'industrie, je rentre dans le groupe Arc International en 1993. Je passe par tous les métiers liés à l'industrie (production, maintenance, études..) sur le site de la maison mère dans le Nord, le véritable bastion du groupe avec près de 12 000 personnes. En 2006, je me vois confier l'usine de Nanjing, une petite usine de seulement 800 personnes. En trois ans, nous réussissons à combiner les compétences des deux cultures : le pragmatisme et la créativité des Chinois et le sens de la qualité et de la sécurité française. Nous amenons ainsi l'usine chinoise aux standards de la France. De retour en France en 2012, je m'implique dans un projet qui ressemble bien à un défi, le projet « Ambition Arques » qui est de réduire de 20 % les coûts en deux ans. Objectif atteint ! Fort de ce succès, je reviens en Asie, cette fois ci pour mettre en place une organisation qui s'appuie non plus sur les expatriés mais une équipe de manageurs locaux. Nous en félicitons encore aujourd'hui. Je lance avec eux le projet « Ambition ARC Glass Nanjing », même objectif que pour la France, lui aussi atteint.

Nanjing, une petite usine ! (crédit Arc)

En fin 2013, alors que je réalise avoir peut être fait le tour des fonctions industrielles et souhaite élargir mes responsabilités, le groupe me confie le poste de Directeur Général Asie-Pacifique.

Pas facile de démarrer une fonction business en Chine, non ?

Oui, mais très stimulant ! Dans la vente, on peut considérer qu'on est sans cesse en train de se battre pour avancer, sinon on recule et perd des parts de marché. Et cette compétition acharnée, elle est multipliée par 10 en Chine ! En effet, dans le pays, il existe 800 fabricants verriers locaux, du simple artisan à la véritable entreprise… On est copié sur tout : les produits, et le logo voire la marque, ce qui reste heureusement marginal. Néanmoins, même en tant que société étrangère, on obtient de plus en plus le soutien des autorités gouvernementales locales pour tout ce qui est contrefaçon. Donc, c'est vrai la concurrence est dure, mais à côté de cela, il y a un indéniable potentiel. On estime que la classe moyenne va passer de 400 à 600 millions, un formidable réservoir de croissance pour nos marchés ! De plus, avec l'urbanisation galopante et les modes de vie des couples qui évoluent avec une activité professionnelle pour les deux, le marché de l'équipement a encore de quoi se développer !

Arc, de la cuisson à la table (crédit Arc)

Justement pouvez-vous nous parler un peu plus de vos produits et vos marchés ?

Nous sommes certainement le seul acteur mondial à avoir une palette aussi large de produits : de l'ustensile de cuisine (la cocotte en verre vitrocéramique qui résiste à la flamme, au four, à la plaque…) à l'art de la table (verres, assiettes, plats…). Ainsi, alors que nos concurrents ne vendent que quelques lignes de produits, nous apportons une solution complète, un atout énorme pour des clients dans la restauration ou même pour les distributeurs avec qui nous travaillons beaucoup. Même si sur certains créneaux, des concurrents peuvent avoir une offre plus pertinente, nous sommes les seuls à pouvoir offrir des produits homogènes sur une gamme aussi large et jusqu'au haut de gamme.

Notre activité se répartit donc à un tiers de « Consumer Goods » Luminarc®,, un tiers de « Food Service» Arcoroc®,, des produits pour la restauration qui doivent résister à une utilisation plus intensive et développer une résistance mécanique pour le lave-vaisselle. Ce sont donc des produits « professionnels ». Grâce ces produits, nous sommes reconnus comme un acteur industriel de poids avec un très haut niveau de maîtrise technologique. C'est grâce à cette technologie et réputation que nous équipons 50 % des hublots de machines à laver dans le monde, 30 % en Chine qui est en forte croissance là aussi. C'est le dernier tiers de notre activité, qualifiée de B to B et qui inclut aussi les verres développés spécifiquement pour de grands groupes de « food & beverage » comme Coca-Cola ou Mac Mc Donald's, ce qui contribue à notre image de leader.

Vous avez localisé votre production, quelles sont les spécificités du marché chinois ?

C'est vrai que nous servons surtout la Chine à partir de l'usine de Nanjing, dont 85 % des produits sont commercialisés sur le marché intérieur. On essaie bien sûr de comprendre le marché local qui a ses spécificités, en particulier dans l'idée qu'ont les Chinois du verre à vin qui se doit d'être très haut et à diamètre très large mi à part le petit verre à pied destiné à boire cul sec, pour le fameux ganbei !

Nous avons aussi lancé des lunch-box en verre, à l'origine pour répondre à un besoin local, les Chinois ayant pour tradition d'emmener leur repas sur leur lieu de travail ou à l'école. Et le verre, reconnu comme le contenant le plus sûr en matière de contact alimentaire a tout de suite été plébiscité en Chine. De cette innovation chinoise, nous en avons fait un de nos produits phares pour le groupe, au niveau mondial.

Donc oui, il faut comprendre le marché local, mais aussi amener la French touch ! Se distinguer et apporter notre tradition et nos us et coutumes dans le domaine de la cuisine, de la dégustation et des arts de la table où les européens et les Français en particulier sont très bien représentés. Là encore, il s'agit de trouver le bon équilibre entre l'image de la belle table française et la souplesse d'adaptation à des besoins locaux…

Propos recueillis par Marie-Eve Richet. www.lepetitjournal.com/shanghai. Mercredi 19 novembre 2014

Le Petit Journal Shanghai
Publié le 18 novembre 2014, mis à jour le 20 novembre 2014
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