

Par Anthony Delachaise
Internationalement reconnue, la gastronomie française a d'ores et déjà conquis une bonne partie de la planète avec ses produits phares, mais c'est aujourd'hui vers la Chine que de nombreuses entreprises hexagonales de l'agroalimentaire se tournent. Rencontre avec Hélène Hovasse, directrice du pôle Agrotech d'Ubifrance (devenu Business France au 1er juillet) qui accompagne les entrepreneurs français dans leur conquête de l'Empire du Milieu.
Lepetitjournal.com : Quelle est votre parcours, votre mission ?
Hélène Hovasse : Je suis actuellement en charge de la filière agroalimentaire à Business France Chine et Hong Kong. Sur ce secteur, nous sommes une vingtaine de personnes reparties sur les six bureaux qu'Business France a en Chine et que je coordonne depuis Shanghai. Je suis de retour en Chine depuis 2006 et à Business France depuis une vingtaine d'années. J'ai vécu à Shanghai pendant quinze ans et six ans à Taiwan. Notre rôle est d'aider les entreprises de l'agroalimentaire françaises à se développer en Chine et à Hong Kong. C'est-à-dire de trouver des partenaires, importateurs et distributeurs, mais aussi d'étudier le marché, de regarder ce qui se passe en amont. Nous les aidons ensuite dans leur promotion avec notamment de multiples événements. Notre particularité est que nous travaillons à 100% pour des entreprises françaises puisque Business France est sous tutelle du Ministère du commerce extérieur français. Nous travaillons à 70% de notre temps pour le secteur des vins et spiritueux car les exportations explosent. Par ailleurs, nous nous intéressons aux groupes chinois qui pourraient servir de partenaires pour les groupes français. Notre domaine de compétence s'étend également au machinisme agricole, aux équipements, au packaging de boisson.
Quelle est l'équilibre entre l'offre et la demande ?
La Chine s'est mise a importer massivement des denrées agricoles depuis dix ou quinze ans, mais surtout des matières premières bruts comme du soja, de la viande, du blé. La part de la France est de 3 à 4 % du total des importations chinoises alors que la moyenne mondiale est de 10% de part de marché pour l'agroalimentaire français. Les produits importés sont essentiellement des vins et spiritueux mais aussi des produits laitiers, de la viande de porc, des fruits, de l'orge brassicole. En fait, nous sommes très bien positionnés car nous vendons des produits avec une forte valeur ajoutée. C'est ainsi que même si notre part est assez limitée, la balance commerciale est largement excédentaire. La Chine était notre quinzième client de vins et spiritueux en 2006, aujourd'hui elle est quatrième et une bouteille de vin importé sur deux vendues en Chine est française. De plus, nous avons une très bonne image, celle du romantisme, du mode de vie à la française et cela bénéficie à tous nos produits.
Quelles opportunités voyez-vous en ce moment pour les entreprises tricolores sur le marché chinois ?

Affiche de la fête du pain
En dehors du vin, avez-vous une succes story d'entreprise que vous avez accompagnée à nous citer ?
Sur les produits gourmets, on a récemment eu le cas d'une petite entreprise d'Aquitaine qui a réussi à vendre grâce à son importateur et qui est maintenant présente dans de nombreux supermarchés. Les hypermarchés français jouent aussi le jeu en mettant en avant les produits hexagonaux et en aidant les PME françaises à vendre leurs produits en Chine. En fait, j'attribuerais le succès de cette entreprise à un bon rapport qualité prix, un produit très qualitatif demandé sur le marché, un bon importateur. Son représentant est venu souvent en Chine, il était là au moins trois fois par an pour participer aux salons et présenter ses produits, il a vraiment eu une démarche proactive. Alors évidemment nous l'avons accompagné mais sa volonté d'être présent et d'investir dans le marché chinois a vraiment été déterminante.
Est-ce que vous auriez des conseils pour des entreprises françaises qui voudraient venir s'implanter en Chine ?
Je pense que la présence est vraiment très importante. Une fois qu'on commence à vendre, le marché reste très concurrentiel, c'est bien d'avoir quelqu'un sur place qui peut suivre les évolutions du marché, les clients, l'essor important de la consommation, les nouvelles modes et les tendances. Et puis être vigilent, car le marché change tout le temps, les partenaires chinois difficilement identifiés et avec qui les entreprises ont noué une relation peuvent changer et donc il me semble essentiel d'arriver à bien suivre les changements et d'être proche de son partenaire.
Anthony Delachaise de l'Utseus pour lepetitjournal.com/shanghai Lundi 19 janvier 2015
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