Édition internationale

MARC RIBOUD – Le regard du photographe sur la Chine d’avant la Révolution culturelle

Écrit par Le Petit Journal Shanghai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 3 mai 2015

Par Lydie Helmy

En plein c?ur du quartier artistique Tianzifang, la galerie Beaugeste présente l'exposition "LIULICHANG 50 Years", constituée de cinquante-cinq clichés du célèbre photographe Marc Riboud, de 1957 et 1965. Les photographies en noir et blanc nous montrent avec délice des instants de vie de la Chine d'il y a plus de cinquante ans?

En 1957, le photographe de la société Magnum photos figure parmi les premiers Européens à immortaliser des scènes en Chine : cours de sculpture de nu aux Beaux-Arts de Pékin, transport d'un paysan dans une chaise à porteurs dans la campagne du Sichuan? Le talent de Marc Riboud, déjà remarqué avec « Zazou », cliché d'un peintre de la Tour Eiffel publié dans le magazine Life, émeut une fois de plus. En 1965, Marc Riboud revient dans le pays. La Chine sort juste de la famine, conséquence de l'échec du Grand Bond en avant, et ne sait pas encore qu'elle entrera dans la Révolution culturelle un an plus tard. Le photographe suit un périple de quatre mois pendant lequel il parcourt douze des dix-huit provinces du pays. Il obtient l'autorisation de pénétrer dans les communes populaires dans le Yunnan et le Guanxi, alors peu visitées par les étrangers et photographie les spectacles et les jeux des villageois. Il immortalise également le lit de Mao dans le Yan'An, témoignage de la simplicité de l'ameublement du Grand Timonier.

La photographie iconique de Marc Riboud : les fenêtres de Liulichang

Parmi les photographies du périple de 1965, celle prise à travers les fenêtres d'un antiquaire de la rue de Liulichang à Pékin devient célèbre. Jean Loh, directeur de la galerie Beaugeste, explique avec passion le cliché reproduit sur l'affiche de l'exposition. "Marc Riboud se trouve alors dans une boutique d'objets d'art, ancienne fabrique de tuilerie datant de la dynastie des Yuan (de 1271 à 1368) qui produisait des tuiles vitrifiées pour les toits des palais, et déclenche son Leica pour immortaliser ce qui se passe à l'extérieur." En face se situe une autre boutique d'antiquités dont l'enseigne indique un dépôt-vente d'objets d'arts pour les particuliers. La rue se trouve être celle des magasins d'objets d'art. Ironie du sort à la veille de la Révolution culturelle qui obligera les Chinois à donner leurs objets de valeur !... Dans les légendes accompagnant ce chef-d'oeuvre, Marc Riboud précise d'ailleurs que les magasins du lieu serviront pendant cette période sombre de points de collecte des "jades, pierres précieuses, tapis, perles et céramiques etc.".  

Toujours avec emphase, Jean Loh invite le visiteur à regarder plus attentivement la photographie. Elle contient en réalité six clichés, délimités par les contours des fenêtres de la boutique dans laquelle se trouve Marc Riboud. Chaque fenêtre met en valeur une scène particulière? On remarque aussi deux fillettes qui regardent Marc Riboud, ce blanc au long nez ! Marc Riboud précise que le physique de sa premiere épouse, une Afro-américaine présente lors du cliché,

a accru l'étonnement...

L'exposition, riche d'autres clichés, plait grâce au côté éphémère des instants de vie quotidienne figés sur la pellicule. Elle plait aussi grâce à la richesse des informations historiques. Un moment agréable et instructif à partager entre amis ou en famille!

Exposition du 18 avril au 31 août 2015
Galerie Beaugeste, Lane 210, Taikang road, building 5, space 519

Lydie Helmy lepetitjournal.com/shanghai Mercredi 29 avril 2015

Le Petit Journal Shanghai
Publié le 28 avril 2015, mis à jour le 3 mai 2015
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