À l’occasion des 25 ans du Petit Journal, nous avons choisi de célébrer la Chine autrement : en prenant de la hauteur.


En Chine, la montagne n’est jamais un simple décor. Elle est demeure des immortels, lieu d’éveil, refuge de moines, parfois même interdite à l’ascension par respect sacré.
L’est de la Chine, aux origines de la Chine
Dans l’Est, les montagnes sont intimement liées à la pensée chinoise et au pouvoir impérial.
Au mont Taishan, on remonte le temps. Les empereurs y venaient légitimer leur mandat céleste. Il s’agit de la « première des cinq grandes montagnes » aux sites bouddhistes sacrés, un symbole d'importance spirituelle et historique. Tai Shan est au cœur de la culture chinoise depuis des millénaires. On dit que gravir cette montagne, c'est dialoguer avec le ciel et la terre.
Le mont Huangshan, surnommée « paradis sur terre » invite à la contemplation. Pins centenaires, rochers sculptés et mers de nuages composent l’un des paysages les plus emblématiques de Chine. Selon la citation du géologue Xu Xiake de la dynastie Ming : « “Aucune montagne sur la terre ne pourrait égaler le mont Huangshan ».
Plus au sud, Jiuhua Shan plonge le visiteur dans un silence monastique, tandis que Putuo Shan, montagne insulaire surnommée le « Royaume bouddhiste sur la mer » mêle spiritualité et horizon marin avec son imposante statue de Guanyin, le Bodhisattva de la Compassion.

À Songshan, berceau du temple Shaolin, la quête spirituelle passe aussi par la discipline du corps.
Dans la province du Shandong, au bord de la mer Jaune, le Mont Lao est considéré comme le berceau du taoïsme et occupe une place centrale dans l’histoire religieuse et spirituelle de la région.
Autres montagnes de l’Est : Mont Lu, Mont Longhu.
Le centre de la Chine, montagnes et taoïsme
Dans le centre du pays, les montagnes recherchent l’harmonie plutôt que la grandeur.
À Wudang Shan, le mont wudang est connu pour son héritage taoïste, sa vue depuis le sommet doré et son académie d’arts martiaux qui reflète sa philosophie de l’équilibre et de l’harmonie.
Au mont Heng Sud, la spiritualité est populaire et quotidienne, tandis que Tianmen Shan impressionne avec sa gigantesque arche naturelle, véritable « porte du ciel ».

Autres montagnes du centre : Mont Laojun.
Le nord et le nord-est, montagnes de foi
Le Nord offre des paysages plus austères, propices à une spiritualité exigeante.
Wutai Shan, cœur vivant du bouddhisme chinois, le mont wutai est l'une des montagnes bouddhistes les plus sacrées de Chine et connu pour ses cinq sommets époustouflants et ses plus de 300 temples dédiés au culte de Manjushri, le Bodhisattva de la Sagesse. À Hengshan Nord, le mont Heng était considéré comme la première fortification naturelle du Nord où son temple suspendu accroché à la falaise semble défier la gravité.
Plus au nord-est, Changbai Shan, volcan sacré, fascine avec son lac céleste Tianchi, enveloppé de mythes fondateurs.
Le Mont Hua, connu comme le plus vertigineux, est célèbre pour ses falaises périlleuses, notamment la Longue Passerelle Céleste de 30 cm de large et la Pagode Jintian, inclinée à 30°. On retrouve également les décors du Mont Hua dans les romans de Jin Yong.

Le sud-ouest, la montagne-divinité
Dans le Sichuan et le Yunnan, la montagne est une entité vivante.
À Emei Shan, forêts humides et temples brumeux rythment une ascension spirituelle. Plus à l’ouest, Siguniang Shan et Yading nous immergent dans l’univers tibétain, où les sommets sont honorés plutôt que conquis.
Meili Xueshan, dont le sommet n’a jamais été gravi, incarne le respect absolu envers la montagne sacrée.
Autres montagnes majeures : Qingcheng, Gongga, Daxue, Yulong, Fanjing.
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