L’Union Européenne vient de revoir les mesures anti-dumping mises en place en 2013 concernant notamment la vaisselle et la céramique importées de Chine. Les taxes actuelles oscillant entre 13,1% et 36,1% s’élèveront désormais à 79 %. Cette mesure est une réponse à ce qui est perçu en Europe comme des pratiques commerciales déloyales.


Avantages pour les fabricants chinois
La Commission Européenne pointe notamment que les fabricants de vaisselle chinois bénéficient des aides et subventions du gouvernemental et/ou des gouvernements locaux en termes de financements et accès à la matière brute ce qui leur permet d’exporter leur production à des prix artificiellement baissés.
La question ne date pas d'hier. L'Union européenne avait déjà instauré des lois anti-dumping sur la vaisselle chinoise une première fois en 2012-2013 et les a ensuite reconduit en 2019 après avoir révélé des pratiques de contournement des droits de douane notamment en exportant par des pays tiers.
La filière européenne sous tension
Ces nouvelles taxes mises en place seront appliquées sur les cinq années à venir. Ce qui réjouit les professionnelles européens de la filière céramique qui emploie plus de 30 000 personnes.
D’après les représentants de Confindustria Ceramica (association italienne de fabricants de céramique) cette mesure est indispensable pour combattre des pratiques déloyales qui ont provoqué la faillite de plus de 60 sociétés et la suppression d’environ 10 000 emplois.
Les pratiques chinoises sont jugées incompatibles avec les coûts de fabrications en Europe. On souligne enfin que ces nouveaux droits de douane ne protègent pas uniquement les fabriquant européens de céramique mais tout un écosystème qui y est lié: la chaine d'approvisionnement, le design et la création artistique, la filière de pigments et de métaux précieux utilisés pour la décoration. Là encore on parle de plusieurs milliers d'emplois.

La guerre des taxes entre la Chine et l’Europe
La guerre commerciale par taxes interposées entre l’Union Européenne et la Chine a commencé depuis plus d’un an. Le fait est que les deux parties s’accusent mutuellement de mesures protectionnistes et agissent en conséquence en brandissant des lois anti-dumping.
Après le cognac français (taxé à presque 35% actuellement) et la viande de porc (4,9 - 19,8%), la dernière annonce en date du côté chinois concernait les droits de douane oscillant entre 7,4 et 11,7% sur les produits laitiers comme fromages, la crème et le lait, en provenance d’Europe pour une durée de 5 ans. Ceci en plus des 15% de droits de douane déjà appliqués auparavant.
Ceci en réponse notamment à la surtaxe des véhicules électriques chinois par l’UE: 35, 3% en plus des 10% déjà existants. Par ailleurs, pour contrer entre autres la tendance “fast fashion” et l’e-commerce chinois, l’Europe a supprimé l’exonération des droits de douane sur “petits colis” (valeur moins de 150 euros) en imposant à la place un minimum de 3 euros par colis.












