Édition internationale

GUILIN – L’estampe chinoise dans la brume !

Écrit par Le Petit Journal Shanghai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 23 décembre 2015

Par Marie-Eve Richet

En ce jour de Noël, nous vous offrons une estampe chinoise traditionnelle ! Une rivière, une montagne, des bosquets de bambous et un pêcheur au chapeau chinois sur son radeau… Vous avez déjà été pénétré par la beauté de ces encres chinoises ? Pour profiter de ces visions magiques, nous vous entraînons dans la région des brumes et des montagnes…

La signification de Guilin, la forêt d'osmanthus, est un bon résumé de la nature et du caractère typiquement chinois que vous réserve cette région. La ville, sans grand intérêt ne sera en fait que le point de départ pour irradier d'abord dans le nord dans la région de Longji, le dos du dragon, vers le village de Ping'An, un coin de la Chine superbement filmé dans le film du Promeneur d'oiseau ; puis dans le sud, dans la région de Yangshuo rendue célèbre grâce aux fameux billets de 20 RMB. Un grand périple ! Nous sommes en effet dans la province du Guang Xi, l'immense ouest…, qui est une des cinq régions autonomes* de Chine, des régions toutes frontalières qui invitent à un dépaysement certain…

Ping'An, le village montagnard

Il faudra presque deux heures de bus pour rejoindre la ville de Longsheng, d'où nous devrons prendre de nouveau une navette d'une demi-heure pour rejoindre l'entrée du village. Sur la route au relief un peu accidentée, nous monterons jusqu'à 800 m d'altitude en traversant des paysages de montagnes qui nous replongent dans nos Alpes françaises, mais avec une touche tropicale inédite : en cette saison automnale où la région sort de dix jours de pluie continue, les rivières et torrents de montagne déferlent de leurs eaux tumultueuses, les maisons en bois aux soubassements de galets rugueux et aux toits pentus évoquent des chalets montagnards… Mais les bananiers au fond des vallées nous rappellent que nous sommes au sud de la Chine, dans une région où il fait jusqu'à 40 ° l'été et les passerelles en bois travaillé et au toit de pagode ou les ponts suspendus ont une note résolument exotique ! Dépaysement garanti !

Les couleurs de Guilin, les femmes ! (photo Tanguy Fourchon)

Une fois arrivés à l'entrée du village de Ping'An qui est payante, nous devons nous délester de nos bagages pour grimper les 800 marches qui nous mèneront à notre hôtel, ou payer un porteur de palenquin pour les bagages encombrants ! Le village est donc entièrement piéton et les habitants y vivent encore de manière ancestrale… Ce sont essentiellement les minorités Zhuang qui habitent ce village, une ethnie fortement marquée par les femmes à la chevelure longue. La tradition veut que les femmes se coupent les cheveux qu'une fois dans leur vie, à l'âge de 18 ans et qu' à leur mariage elles forment un chignon sur le devant de leur tête, une manière originale de repérer les femmes mariées…. Une fois n'est pas coutume, nous croisons peu d'hommes dans ce village, à croire que ce sont eux qui restent dans le nei, espace intérieur réservé autrefois à la gente féminine. La vie quotidienne semble très rudimentaire : une paysanne porte des tiges de bambous, des femmes en tenue ethnique cuisinent dans l'âtre à même le sol, d'autres tissent les cotonnades multicolores qui composent leur tenue… Fait très rare à notre époque, les villageois vivent pratiquement en auto-suffisance, la production de riz locale ne servant qu'à leur propre consommation… Les maisons sont très pittoresques, presque toutes sur pilotis : le rez-de-chaussée est pour les animaux (nous serons réveillés à 5h du matin par le coq du village !), seule source de chaleur pour le premier étage réservé à l'habitation. La cuisine au feu de bois est le seul élément de chauffage, et noircit par ailleurs le bois, ce qui permet une meilleure résistance à la moisissure et la dégradation. Enfin, le dernier étage sert de grenier pour sécher les récoltes de maïs et de riz. Une odeur de fumée imprègne d'ailleurs le village…

Arrivés au sommet du village, nous déposons nos bagages dans notre hôtel de charme, au cadre rustique et chaleureux. De là nous partons à la découverte des rizières environnantes qui s'échelonnent en terrasse sur les flancs de la montagne et forment un superbe paysage. C'est sous un temps très brumeux que nous découvrons ce magnifique paysage, sûrement plus riant quand les collines irradient du jaune du colza contrastant avec le vert profond des rizières. En ce mois de novembre, l'eau des plateaux de rizières forme un miroir aux nuages du ciel, c'est aussi magique… De la crête, nous atteignons deux terresses qui offrent une vision panoramique sur les rizières superposées les unes sur les autres.

Vision envoûtante des pics rocheux de Yanghsuo (photo Tanguy Rouchon)

Yangshuo, le paysage enchanteur

Le lendemain, nous partirons vers Yangshuo. Le temps ne nous permettra pas de faire une promenade pédestre le long de la rivière, intialement prévue et qui devait être ponctuée de passages sur des radeaux de bambou. C'est donc sur un bateau de croisière que nous découvrirons le fleuve Li. Encaissé entre cette extraordinaire chaîne de pitons rocheux qui fait près de 550 km et se prolonge jusqu'à la baie d'Along au Vietnam, le fleuve se faufile entre ces mogotes érodées par le temps et l'eau (la région était recouverte de mer il y a 350 millions d'années). La promenade le long de la rivière Li offre des points de vue enchanteurs, évocateurs de la Chine éternelle. Hors du temps, entre montagnes et rizières, un autre moyen de découvrir cette région est de faire une virée en vélos à travers les champs de riz et de chataignes d'eau, les pitons rocheux émergent des carrés de couleur et semblent plus familiers…

Alors, envie de paysages et de villages séculaires ? Guilin, avec ses brumes et ses silences, vous offrira un autre visage de la Chine…

*autonome au niveau de la défense, l'économie et la fiscalité. Les quatres autres sont : le Yunnan, la Mongolie intérieure, les Ouighours...

Merci au CFS et à Mosaic Voyages pour l''excellente organisation de ce week-end prolongé hors du temps.

Marie-Eve Richet lepetitjournal.com/shanghai Jeudi 24 décembre 2015

Le Petit Journal Shanghai
Publié le 23 décembre 2015, mis à jour le 23 décembre 2015
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