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S'ESSUYER LES FESSES AVEC LE DRAPEAU – Politiquement ou juridiquement incorrect ?

 


Primée dans un concours, outrageuse pour l'Etat, une photo a déclenché la polémique. Un homme qui s'essuie le postérieur avec le drapeau français, ça gagne des prix mais ça ne fait pas rire Michèle Alliot-Marie. Le cliché controversé n'est-il qu'une simple expression artistique ou bien une provocation à la République ?

Un jeune homme de dos, le pantalon baissé et en train de s'essuyer avec le drapeau français, voilà ce que représentait le cliché vainqueur de la catégorie "Politiquement incorrect" du concours de photo organisé par la Fnac de Nice le 6 mars dernier (AFP). Quelques jours plus tard, le journal Métro publie les photos lauréates, dont celle de Frédéric Laurent. La photographie devient publique, la polémique enfle.

L'Etat intervient
La réaction ne se fait pas attendre, des lecteurs du quotidien gratuit viennent rapidement se plaindre au magasin organisateur du concours. La Fnac présente ses excuses et la photographie controversée est retirée de l'exposition prévue le 31 mars. Le débat aurait pu être clos si le député et président du conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti n'avait pas fait appel à la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, pour"que soit sanctionné celui qui a commis cet outrage et éventuellement ceux qui l'ont publié". La Garde des Sceaux a pris la requête à c?ur et a demandé mercredi dernier que "des poursuites pénales soient engagées contre cet acte inadmissible". Or le droit actuel, qui prévoit des sanctions en cas d'outrage au drapeau (7.500 euros d'amende ainsi que 6 mois d'emprisonnement si le délit est commis en réunion), exclut les ?uvres de l'esprit. Le procureur de la République de Nice, Eric de Montgolfier, avait d'ailleurs déjà classé la demande du préfet de la République sans suite le 30 mars dernier.

Un décret nécessaire ?
Mais cela ne devrait pas arrêter une MAM visiblement remontée. Pour la ministre de la Justice, on ne rigole pas avec la sacralité des symboles de l'Etat. Via son porte-parole, Michèle Alliot-Marie a fait savoir que"si le droit actuel se révélait être lacunaire sur ce point, alors il faudrait le faire évoluer". Créer un nouveau décret pour une simple photo amateur, n'est-ce pas un peu disproportionné ? L'auteur de la photographie ne comprend pas l'ampleur qu'a pris son cliché. C'est"une histoire de fou pour pas grand-chose", a-t-il déploré sur TF1 News. Les défenseurs de la liberté d'expression artistique font également des bonds."La question qui est posée est celle de savoir quelle est la limite de l'art, de la provocation, de la liberté d'expression", a relevé Frédéric Vézard, directeur de la rédaction de Metro France.

Où s'arrête le droit à l'expression artistique ? Le politiquement incorrect, va-t-il trop loin ou n'est-il pas partie intégrante de l'héritage culturel français ?  L'artiste provocateur, Serge Gainsbourg, qui a malmené l'hymne français avec son "Aux armes etc?", pourrait-il être aujourd'hui condamné pour outrage à la République ? Doit-on sévèrement punir les ?uvres artistiques qui maltraitent les symboles de l'Etat français, car elles influencent la population à ne plus les respecter ? Votre avis nous intéresse ! Laissez-nous vos commentaires en bas de cette article.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) jeudi 22 avril 2010

En savoir plus

Article du Parisien, Photo jugée offensante pour le drapeau: MAM étudie la riposte juridique
Article du Figaro, MAM veut punir l'auteur d'un outrage au drapeau présumé

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