Pâques au Brésil: l’art traditionnel ukrainien de l'oeuf pyssanka

Par Vincent Bosson | Publié le 18/04/2022 à 10:58 | Mis à jour le 18/04/2022 à 10:58
Photo : L'art du pyssanka, une tradition ukrainienne au Brésil
l'oeuf pyssanka, une tradition ukrainienne au Brésil

La célébration de Pâques au Brésil est un évènement important pour la communauté chrétienne du pays et, selon la région, cette tradition révèle le lien historique et culturel qui attache le Brésil à ces différents peuplements. Parmi ces coutumes, les descendants ukrainiens ont conservé l’art du pyssanka - pêssanka, en portuguais - , un œuf peint qui raconte une histoire.

 

L’origine du pyssanka au Brésil

Le mot pêssanka vient du verbe ukrainien « pyssaty » (писати), qui signifie écrire en français. Il s'agit donc d'œufs sur lesquels sont dessinés des symboles qui racontent une histoire. Selon les sources historiques, peindre des œufs à cette période de l'année remonte à une tradition des régions slaves d'Europe de l'Est. Les habitants de l'Ukraine actuelle offraient ces œufs décorés aux divinités liées à la nature et à la culture de la terre (comme le dieu du soleil Dajbóh) pour célébrer le solstice de printemps. Lorsque la région a été convertie au catholicisme, l'Église s'est appropriée la culture païenne et l'a adaptée, la transformant en un hommage à la résurrection du Christ.

Emportée par les immigrants ukrainiens qui se sont installés en majorité dans le Paraná, au milieu du XIXe siècle, la pêssanka au Brésil est différente de celles que l'on trouve dans d'autres pays de la diaspora ukrainienne. En effet, la pêssanka brésilienne intègre dans ses compositions traditionnelles des éléments locaux, comme le pin araucaria et Nossa Senhora Aparecida.

 

Selon Vilson José Kotviski, un artiste et auteur ukrainien qui s’est installé au Brésil après l'indépendance en 1991: Les gens s'offrent des œufs en guise de symbole de renaissance et de bénédiction.

Vilson José Kotviski a également réalisé une œuvre au mémorial ukrainien de Curitiba en 2011. Il s'agit d'une pyssanka de 2,1 mètres de haut, faite de céramique et de bronze, qui reproduit un timbre ukrainien.

 

 

La fabrication du pyssanka

Les œufs sont d’abord vidés par un petit trou fait avec une aiguille et nettoyés avant d'être peints. La peinture est réalisée avec avec de la cire d'abeille, à l'aide d'une plume d'oie, un outil spécial composé d'une sorte d'entonnoir métallique fixé à un manche en bois, qui est chauffé à la flamme d'une bougie pour maintenir la cire d'abeille fondue et ainsi réaliser les traces des pêssankas. Pour finir, l’œuf est chauffé à la flamme de la bougie et les couches de cire fondent, révélant les couleurs et les formes des symboles inscrits. Un processus magique qui relie l'artisanat contemporain au savoir ancestral.

 

pyssanka, symbolique de l'oiseau

 

L’oiseau dans la symbolique du pyssanka 

Parmi les nombreux dessins et symboles utilisés pour réaliser le pyssanga, nous retrouvons l'oiseau qui est le symbole de l'âme humaine (selon les croyances, l'âme vole comme un oiseau vers le nouveau-né et s'envole vers le ciel lorsqu'une personne meurt). L'oiseau joue le rôle de "conducteur" entre le ciel et la terre, de protecteur contre le mal, de symbole d'amour, de loyauté et d'harmonie.

Vincent Bosson

Vincent Bosson

Formé en science de l’éducation et en sociologie, Vincent Bosson est photojournaliste installé à São Paulo, correspondant de lepetitjournal.com pour ses éditions au Brésil (Rio de Janeiro et São Paulo).
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