Véronique Massei: « Maison Berger, une entreprise du Patrimoine Vivant de France »

Par Vincent Bosson | Publié le 30/05/2022 à 10:17 | Mis à jour le 30/05/2022 à 10:17
Photo : Véronique Massei dans sa boutique à São Paulo / Vincent Bosson
Véronique Massei Maison Berger

Véronique Massei, installée depuis plus de 25 ans au Brésil et formée à l’école de parfumerie de Versailles, nous ouvre les portes de sa boutique à São Paulo pour nous faire découvrir le savoir-faire français des parfums d’ambiance. Visite :

 

Véronique Massei, pouvez-vous nous parler de votre parcours parfumé au couleur du Brésil ?

J’ai fait l’école de parfumerie de Versailles (ISIPCA) et j’ai ensuite travaillé pour une société de création de parfums à Paris. C’est là que j’ai rencontré mon mari et l’ai suivi en expatriation en Italie puis au Brésil. Ici je suis devenue correspondante pour un magazine professionnel sur les parfums et cosmétiques « International Cosmétique News ». J’ai profité de cette période de travail à mi-temps pour avoir un 2eme enfant.

Ensuite nous avons décidé de rester au Brésil et de créer notre société Fragrance Expertise International. Nous proposions des conseils en développement de parfum pour des sociétés brésiliennes, des cours de parfumerie pour les entreprises du secteur et des études de marché pour les sociétés étrangères souhaitant s’implanter ici.

Depuis une dizaine d’année, nous travaillons dans les parfums d’ambiance. Un ami nous a proposé d’importer les Lampes Berger au Brésil.  Sur le moment, j’avais une image de la Lampe Berger chez ma grand-mère, je trouvais cela un peu vieillot. Mais j’ai découvert que cette marque avait beaucoup évolué et que les parfums d’ambiance avaient un fort potentiel au Brésil. Présente dans 50 pays, c’est l’une des marques françaises qui rayonne le plus dans le monde dans ce secteur. Aujourd’hui nous sommes 4 associés et avons une boutique à Moema.

 

Lampe de la Maison Berger
Lampe de collection Maison Berger / Vincent Bosson

 

Maison Berger : un savoir-faire français

La société s’appelle aujourd’hui Maison Berger Paris puisqu’elle a diversifié son portfolio et propose toute une gamme de parfums d’ambiance pour compléter les fameuses Lampes Berger. C’est une marque qui fait partie des Entreprises du Patrimoine Vivant de France. Il s’agit de sociétés qui détiennent un savoir-faire français d’exception.

Lampe Berger a commencé en 1898, avec le préparateur en pharmacie Maurice Berger qui voulait purifier l’air des hôpitaux. Il a inventé un procédé de lampe à catalyse, avec un brûleur. La première lampe était accrochée dans les couloirs de l’hôpital. À base d’alcool, la formule est versée dans un récipient en verre, à l’intérieur duquel il y a une mèche.

 

En fait, c’est tout un rituel.

Pour que la réaction de catalyse se produise, cela nécessite de la chaleur. Il faut allumer le brûleur avec une flamme et la laisser brûler pendant deux minutes. Ensuite, il faut souffler et enfin laisser la réaction de catalyse se faire.

Ce bruleur exclusif et breveté, fabriqué en France à Limoges, permet la destruction complète des odeurs désagréables (cigarettes, cuisine, humidité) et en même temps permet un parfumage de l’air incomparable.

Au XXème siècle l’art et la technique ont permis de créer des lampes en porcelaine décorée, en verre, en cristal (St Louis, Lalique).  Certaines pièces des années 1920 ont été réédités récemment comme « l’artichaut ». Aujourd’hui nous avons encore des modèles d’exception, nos « Éditions d’Art » qui sont des séries limités créées par des designers venant de divers univers comme la mode ( Lolita Lempicka, Ines de la Fressange) , l’art comme  Hilton McConnico dont l’œuvre nommée « Fifi », a un singe sur le sommet du couvercle.

Il existe aujourd’hui un marché d’occasion sur les sites pour acheter ou échanger des lampes anciennes et depuis 1993 pour les amateurs passionnés une association « le cercle des collectionneurs de lampes Berger ».

 

Comment définissez-vous la culture du parfum d’ambiance au Brésil ?

Quand je suis arrivé au Brésil il y a plus de 25 ans, il n’y avait pas de parfums d’ambiance.  Lorsque j’ai demandé, à l’époque, où je pouvais acheter des bougies pour décorer ma table, on m’a répondu qu’au Brésil il y a des bougies blanches pour l’Église et des bougies rouges pour les macumbas…

Aujourd’hui, quand les clients brésiliens viennent dans mon magasin, à São Paulo, ils veulent des parfums frais, citriques, comme la verveine, la bergamote, des notes marines. Ils n’aiment pas les odeurs florales trop lourdes, trop entêtantes ni les notes fruitées, collantes.  Ils préfèrent les classiques, comme la lavande, la fleur d’oranger, les notes boisées, un peu plus sèches, orientales ou ambrées.

L’aromathérapie est également à la mode et nous proposons différents parfums, avec des huiles essentielles au pamplemousse, au cloud de girofle, à l’eucalyptus et au bois de cèdre, ou encore au patchouli dans notre gamme de bouquets parfumés (« Les brins de parfums »)

 

Avez-vous un livre sur les parfums à conseiller ?

« Cueilleur d’essences » de Dominique Roque, un « sourceur » pour l’industrie du parfum. Depuis plus de 30 ans, il part en quête des odeurs les plus exceptionnelles, du Laos à Haïti en passant par l’Inde et autres contrées.

Vincent Bosson

Vincent Bosson

Formé en science de l’éducation et en sociologie, Vincent Bosson est photojournaliste installé à São Paulo, correspondant de lepetitjournal.com pour ses éditions au Brésil (Rio de Janeiro et São Paulo).
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