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Olivier Mourier : "Je souhaite me présenter aux législatives pour l’Amérique Latine"

Par Vincent Bosson | Publié le 21/03/2022 à 10:32 | Mis à jour le 21/03/2022 à 13:14
Photo : Olivier Mourier lors de notre entretien à São Paulo / Vincent Bosson
Olivier Mourier, candidat aux législatives des français établis à l'étranger

Fondateur de MOX Digital, Olivier Mourier souhaite se présenter comme candidat LaREM aux législatives de 2022 pour la deuxième circonscription des Français à l’étranger. Tout juste marié et embrassant la vie carioca, où il s’est établi depuis 7 ans, il se définit comme guidé par le service aux autres. Olivier Mourier est membre de Rio Pro, de la FrenchTech et correspondant pour le Brésil de Francophonie sans frontières. Depuis décembre 2021, il est responsable de la République en Marche pour l'Amérique Latine et les Caraïbes.

 

Olivier, pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours en France et au Brésil ?

Ardéchois de cœur, issu d’une famille d’exploitants forestiers, je me suis intéressé très tôt à la politique et, conscient de l’importance de l’éducation, j’ai intégré l'Institut d'Études Politiques de Lyon et ai poursuivi en obtenant un MBA dans une école de commerce (ESSEC). J’ai alors travaillé dans le secteur bancaire en France et à l'étranger, puis comme consultant en stratégie et opérations pendant 5 ans sur des projets de réorganisation et de transformation digitale pour des entreprises.

En 2016, avec mon associé, nous avons créé MOX Digital qui organise les « conférences .Futuro » sur l'impact de la technologie sur la société et les entreprises. Grâce à notre expertise dans la gestion et l’organisation de projets B2B, nous proposons à nos clients des évènements qui racontent une histoire. MOX Digital, c’est notamment de la curation d’évènement, mais c’est aussi du networking offert à nos clients et partenaires. En janvier dernier, par exemple, nous avons été engagés pour monter une journée de conférence au Rio Innovation Week sur le futur du travail.

La pandémie de la Covid-19 a impacté l’entreprise, mais nous avons réussi à nous transformer, à innover, en imaginant de nouveaux formats de conférences.

 

Pouvez-vous nous donner votre vision sur l’entrepreneuriat au Brésil ?

Entreprendre au Brésil demande, d’abord, de la patience. Il s’agit de prendre du temps pour comprendre les particularités de la société brésilienne afin de pas entreprendre dans la précipitation. Et le plus important est de créer un réseau aussi bien personnel et professionnel qui permet d’accélérer le développement de son activité. C’est ainsi que nous organisons régulièrement des rencontres « Os drinks dos amigos da MOX Digital » qui permettent de réunir en un même lieu des partenaires, des clients et des amis.

 

Pour être sincère, en quittant la brume parisienne et en découvrant le Brésil, j’ai ressenti le besoin de davantage m’ouvrir aux autres et de me mettre au service des autres.

L’expression brésilienne « Gentileza gera gentileza » - « la gentillesse génère de la gentillesse », en français – est une pensée fondamentale dans la vie de tous les jours.

 

Vous souhaitez vous présenter aux législatives de 2022 pour la circonscription de l’Amérique Latine et des Caraïbes, pouvez-vous nous expliquer votre démarche ?

Engagé dans la politique très tôt, j’ai été conseiller municipal à 20 ans et ai milité dans différents partis de droite. Ne me reconnaissant plus dans l’orientation conservatrice et parfois identitaire du parti, j’ai quitté Les Républicains. Me définissant d’une droite tolérante, libérale et ouverte, j’ai rejoint La République En Marche en juillet 2020. Aujourd’hui, j’en suis le référent pour l’Amérique Latine et les Caraïbes et le coordinateur pour la campagne présidentielle de 2022.

À ce titre, j’ai décidé de proposer ma candidature aux prochaines législatives pour la 2e circonscription des Français établis hors de France.

 

La transparence et l’éthique de l’engagement sont deux éléments qui soulignent mon action au service des autres.

Je veux être proche, disponible et à l’écoute de nos concitoyens qui se sentent, parfois, isolés, loin de leur pays. Je veux mettre l’accent sur l’éducation et la formation, contribuer au rayonnement de la langue et de la culture françaises, créer des ponts économiques et culturels entre l’Amérique Latine et la France. Je veux être au plus près des préoccupations des Français de l’étranger, que ce soit sur les questions de fiscalité, de santé ou d’éducation.

Vous savez, pour la première fois de ma vie, tout ce que j’entreprends dans ce projet politique, je le fais avec envie et plaisir.

 

Quel est votre point de vue sur l’éducation et la santé pour les Français établis hors de France lors de la crise COVID-19 ?

La crise de COVID-19 a été particulièrement éprouvante pour les Français de l’étranger avec parfois, je le sais, un sentiment d’abandon. Tout n’a pas été parfait, forcément, mais il faut quand même rappeler le caractère inédit de cette pandémie qui a paralysé le monde. Et je crois que nous n’avons pas à rougir de la gestion du Gouvernement qui a tout mis en œuvre pour rapatrier les Français qui le souhaitaient, pour livrer des vaccins (là où il n’y en avait pas) et pour apporter une réponse sociale avec une aide exceptionnelle de 150 millions d’euros spécifiquement pour les personnes en grande détresse.  

Sur le plan éducatif, là aussi, parents, enseignants et établissements scolaires ont été mis à rude épreuve. De Rio de Janeiro à São Paulo, en passant par Brasilia, les lycées français ont réussi, néanmoins, à s’adapter et ont permis aux enfants d’étudier dans des conditions les plus favorables. Un plan de soutien financier a par ailleurs été mis en place pour venir en aide aux familles en difficulté.

Il nous faut désormais regarder vers l’avenir, car il faut 10 ans pour réformer un système éducatif : c’est, je l’espère, tout l’enjeu du second quinquennat d’Emmanuel Macron qui propose notamment de doubler le nombre d’élèves (aujourd’hui 370.000) de l’enseignement français à l’étranger d’ici 2030, avec, notamment, la création de nouveaux établissements et une meilleure formation des enseignants grâce à la création de 16 Instituts Régionaux de Formation à travers le monde.

   

Pouvez-vous nous parler de la campagne présidentielle de 2022 et des élections concernant les Français à l’étranger ?

Le premier enjeu, c’est le taux de participation, particulièrement faible dans notre circonscription (entre 15% et 30%). Je le redis à toutes et tous : votez, faites entendre votre voix ! 

Nous avons essayé de simplifier au maximum ce geste citoyen grâce à une plateforme de procurations mettant en relation mandats et mandataires dans toute la circonscription.  

En tant que correspondant de campagne pour LaREM en Amérique Latine, j’ai constitué et coordonne une équipe de campagne autour des enjeux suivants : mobilisation, communication, élections et conformité. J’ai par ailleurs monté le Comité de Réélection d’Emmanuel Macron au Brésil et je suis président d’un comité de collecte de fonds.

 

Ma maison, c’est le Brésil, mon territoire c’est l’Amérique Latine et les Caraïbes, mon pays, c’est la France.

Ensuite, le choix que nous avons à faire dans quelques semaines est crucial. Mon adversaire principal, c’est l’intolérance et le repli sur soi à l’extrême-droite. Entre la campagne pleine d’insincérité de la candidate de droite et les discours parfois teintés d’idéalisme à gauche, le seul à avoir une stature crédible pour mener à bien les transformations du pays, est à mon sens Emmanuel Macron.  

Viendra ensuite le temps des élections législatives. Il faudra faire attention à ne pas refaire les mêmes erreurs que par le passé : je sais combien, ici, en Amérique latine, ont été déçus de voir leur députée aux abonnés absents une fois élue, allant même jusqu’à se présenter aux dernières municipales… à Paris. Ce n’est pas ma vision de la politique. Souvent, on m’interroge sur la manière dont je partagerais mon temps si j’avais l’honneur d’être élu pour représenter les Français de l’étranger. Je réponds toujours : ma maison, c’est le Brésil, mon territoire c’est l’Amérique Latine et les Caraïbes, mon pays, c’est la France. Ce sont les 2 valeurs qui guident mon engagement : la sincérité de la démarche, le fait d’être enraciné là où l’on se présente, et l’efficacité, le fait d’être au service des autres plutôt que de se servir.  

Vincent Bosson

Vincent Bosson

Formé en science de l’éducation et en sociologie, Vincent Bosson est photojournaliste installé à São Paulo, correspondant de lepetitjournal.com pour ses éditions au Brésil (Rio de Janeiro et São Paulo).
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