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Gabriel Décamps, un tennisman franco-brésilien à la conquête du circuit ATP

Par Maël Narpon | Publié le 09/05/2022 à 17:45 | Mis à jour le 10/05/2022 à 13:22
Le tennisman franco-brésilien Gabriel Décamps sur un court de tennis d'un ATP Challenger

Expatriés à l’année, les joueurs et joueuses de tennis professionnels sillonnent les routes du globe pour écumer les tournois des circuits ATP et WTA. Une expérience encore plus particulière pour le jeune Franco-Brésilien Gabriel Décamps, actuellement 381ème joueur mondial, qui s’est lancé l’année dernière sur le circuit professionnel et connaît une belle progression.

 

Le tennisman franco-brésilien Gabriel Décamps, âgé de 22 ans, a grandi au Brésil où il a cultivé sa passion jusqu’à ses 18 ans. Après quatre années d’études aux Etats-Unis, il s’est finalement lancé dans le grand bain du circuit ATP (Association of Tennis Professionals) sur lequel il a connu un certain succès au cours des huit derniers mois. Celui qui s’était déjà livré pour lepetitjournal.com en 2015 alors qu’il n’avait que 16 ans a maintenant bien grandi, et a à nouveau répondu à nos questions avec plaisir depuis Cannes, où il vit et s’entraîne depuis juillet 2021.

 

 

Quel votre parcours en tant que tennisman franco-brésilien ?

J’ai commencé le tennis au Brésil à l’âge six-sept ans, mon père et mes deux soeurs aînées jouaient déjà au tennis. J’ai vécu là-bas jusqu’à mes 18 ans, puis je suis parti étudier aux Etats-Unis. Il y a huit mois, j’étais encore à l’université américaine où j’ai passé les quatre dernières années. Au cours de la dernière, j’étais numéro trois du pays et j’ai ensuite décidé de jouer sur le circuit ATP. En juillet de l’année dernière, je n’avais aucun point et je n’avais donc pas de classement, aujourd’hui je suis le 366ème joueur mondial (à la date de l’interview, ndlr). J’ai évolué à un très bon niveau ces huit derniers mois, je me suis surpris moi-même. Je commence à participer à des Challengers, des tournois auxquels prennent part ceux qui disputent les qualifications de Grand Chelem. Je sens que je suis en train de passer un cap.

 

Ressentez-vous l’influence de vos différents pays d’accueil dans votre approche du tennis ?

Je pense que j’ai plutôt un caractère propre à l’université américaine, où il faut crier, mettre de l’intensité car on joue pour une équipe, mon attitude n’est donc pas très française mais plutôt américaine et sud-américaine. Mais j’essaie d’acquérir la technique française.

 

Le tennisman franco-brésilien Gabriel Decamps en train de frapper un revers

 

Vous sentez-vous plus brésilien ou français ?

J’ai passé 18 ans de ma vie au Brésil, j’ai la culture brésilienne et je me sens brésilien. Je suis en pleine exploration de la France et de mes origines françaises en ce moment (il s’entraîne à Cannes, ndlr). J’apprécie beaucoup le pays et sa culture, qui est celle de mon père, et j’adore surtout la nourriture ici. Mais au fond de mon coeur, je suis bien sûr brésilien.

 

Les joueurs et joueuses de tennis professionnels ne sont-ils pas des expatriés toute l’année ?

Tout à fait, nous ne restons jamais sur place. Nous sommes tout le temps en train de voyager, chaque semaine nous sommes dans un pays différent. Prochainement, je vais d’ailleurs enchaîner des tournois Challenger en Italie, au Mexique et puis au Kazakhstan (au moment de l’interview, ndlr).

 

Le tennisman franco-brésilien Gabriel Decamps en train de serrer le poing

 

Jusqu’ici vous avez déjà pris part à des tournois dans un grand nombre de pays, lequels avez-vous préféré ?

A l’occasion des Rendez-vous à Roland-Garros, j’ai joué pratiquement à côté de la Tour Eiffel, au Champ de Mars. C’était incroyable, je pense qu’il s’agit d’un de mes meilleurs souvenirs. C’était sûrement le meilleur court que j’ai foulé de toute ma vie. Mais mon pays préféré reste le Brésil, j’ai participé à un Challenger à Rio en décembre où les Jeux Olympiques 2016 s’étaient tenus.

 

Est-il vrai qu’au delà de la 100ème place il est difficile de vivre du tennis en tant que joueur professionnel ?

Il est très dur de devenir tennisman. Arriver où j’en suis implique beaucoup de travail et peu de récompenses financières. Même si l’ATP prend en charge les hôtels, les voyages nous coûtent énormément d’argent. Malgré tout, j’ai été privilégié pendant mes quatre ans d’études aux Etats-Unis, je n’ai rien eu à payer car j’ai bénéficié d’une bourse complète. A l’heure actuelle mes parents ont suffisamment pour m’aider encore un an, et nous chercherons ensuite le soutien d’un sponsor car je commence à avoir un très bon niveau. Mais j’ai failli ne pas jouer au tennis à cause de cet aspect financier. Je ne voulais pas que mes parents payent pour moi. J’étais déjà indépendant aux Etats-Unis, je pouvais y trouver un travail tranquille et m’éviter toute cette galère. J’ai finalement décidé de me donner une chance et je m’aperçois de la difficulté de la tâche. Malgré tout, j’ai connu une belle progression au cours des derniers mois, avec notamment une victoire contre le 176ème joueur mondial.

 

Il ne sert à rien de trop se projeter dans le futur

Quels sont vos objectifs futurs ?

A court terme, j’ai pour objectif d’accéder aux qualifications pour l’US Open au mois d’août, ce qui veut dire que je dois faire partie du Top 250 d’ici là. A plus long terme, j’aimerais intégrer le Top 100, et de là continuer à grappiller des places et à aller toujours plus loin. Il faut avoir de l’ambition et travailler dur tous les jours mais il ne sert à rien de se projeter trop loin dans le futur. Il n’est pas bon de mettre toute la pression sur un seul match en se disant qu’en le gagnant on peut atteindre le Top 100, il faut vivre un match à la fois. Au delà de ça, mon rêve est de participer aux Jeux Olympiques pour le Brésil. Ce serait un moment très spécial pour moi que d’essayer de gagner une médaille pour mon pays.

 

Mael Narpon - journaliste junior Londres

Maël Narpon

Diplomé d'une licence de sociologie à Pau et à Athènes, il intègre ensuite l'IEJ Londres. Il effectue un stage avec lepetitjournal.com Londres puis rejoint l'édition internationale en tant qu'alternant dans le cadre d'un Master à l'IEJ Paris.
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