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Célébration du centenaire de la Semaine d’Art Moderne à São Paulo

Par Vincent Bosson | Publié le 01/03/2022 à 12:00 | Mis à jour le 01/03/2022 à 12:00
Photo : Exposition "Il était une fois l’art moderne", au FIESP / Vincent Bosson
Une personne visite l'exposition Il était une fois l’art moderne au FIESP

La Semaine d’Art Moderne, qui s’est déroulée au Théâtre Municipal de São Paulo en 1922, est considérée comme l’un des évènements les plus marquants de l’histoire culturelle brésilienne, réunissant divers artistes, comme Mário de Andrade et, plus tard, Tarsila do Amaral. Pour commémorer cette date, des spectacles et expositions ont lieu dans toute la cité pauliste, en mémoire au travail des écrivains, peintres et sculpteurs qui ont rompu avec l’art académique et traditionnel de l’époque.

 

La Semaine d’Art Moderne de São Paulo en 1922

Dans les années 20, le Brésil est gouverné par l’oligarchie du café et São Paulo connaît une transformation majeure, tant sur le plan de l’essor industriel et de l’urbanisation que sur le flux migratoire européen. C’est dans ce contexte que l’exposition de 1922 émerge, dont l’objectif était de montrer les nouvelles tendances artistiques européennes. Cette forme d'expression n'a pas été comprise par l'élite pauliste de l’époque, qui était influencée par un esthétisme plus conservateur. Ainsi commence Mário de Andrade, dans son poème Inspiração, publié en 1922 : « São Paulo, bouleversement de ma vie ».

 

Peinture Antropofagia, de l'artista Tarsila do Amaral
Peinture Antropofagia de l'artiste Tarsila do Amaral, à la Pinacothèque Luz / Vincent Bosson

Antropofagia de Tarsila do Amaral

Lorsque Tarsila do Amaral offre l'œuvre Abaporu à son mari de l'époque, l'écrivain Oswald de Andrade, ce dernier écrit le Manifeste Antropófago (Manifeste Anthropophagique), dans lequel il défend non pas le rejet des cultures étrangères, mais leur appropriation, leur assimilation. Durant cette période, Tarsila do Amaral utilise encore des couleurs fortes, mais elle exploite les thèmes issus de son imagination, de ses rêves, de ses souvenirs d'enfance, de visions d'objets réels transformés en animaux imaginaires. Pour créer sa composition Antropofagia, la peintre a réuni les deux œuvres antérieures : Negra (1923) et Abaporu (1928), comme si ces êtres colossaux étaient interdépendants. Les deux personnages ont des têtes diminuées sans visage dans un corps gigantesque, induisant l'absence de pensées. Ils sont dans une forme primitive, connectés aux racines. Ils prennent vie comme les plantes, en absorbant l'énergie de la terre et du soleil.

 

Bien que Tarsila do Amaral n’ait pas participé à la « Semaine 22 », elle est devenue l’icône du modernisme brésilien. Son œuvre Abaporu, qui est exposée au Musée de l’art latino-américain de Buenos Aires, est estimée à 40 millions de dollars. Pour finir, en 2008, l’Union astronomique internationale a donné le nom d’Amaral à un cratère de Mercure.

 

oeuvre de Gê Viana, Série Paridades, 2017/2021
Photomontage de l'artiste Gê Viana, Série Paridades, 2017/2021, au CCBB / Vincent Bosson

Les expositions commémorant les 100 ans de la Semaine d’Art Moderne de São Paulo

Il était une fois l’art moderne au FIESP

L'exposition rassemble plus de 300 documents, des journaux intimes, des lettres, des manuscrits, des photos et des œuvres d'artistes et d'intellectuels qui ont fait partie de diverses initiatives autour de l'art moderne au Brésil, entre 1910 et 1944. (Entrée gratuite, jusqu’au 29 mai 2022)

 

Le post-modernisme brésilien au CCBB

L'exposition attire l'attention sur les différentes caractéristiques de l'art contemporain brésilien, dont la création est influencée, en partie, par l'héritage culturel artistique proposée par le modernisme. L’évènement réuni des œuvres de 51 artistes de différentes générations, dont Adriana Varejão, Anna Bella Geiger, Arnaldo Antunes, Cildo Meireles, Daniel Lie et Tunga. (Entrée gratuite, jusqu’au 7 mars 2022)

 

Modernisme : les œuvres de la collection Pinacothèque Luz

Parmi plus de 1000 œuvres exposées, 134 œuvres d'artistes liés au modernisme y sont présentées. (Entrée payante, jusqu’au 31 décembre 2022)

Vincent Bosson

Vincent Bosson

Formé en science de l’éducation et en sociologie, Vincent Bosson est photojournaliste installé à São Paulo, correspondant de lepetitjournal.com pour ses éditions au Brésil (Rio de Janeiro et São Paulo).
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