Mardi 28 septembre 2021
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Recoleta, un quartier à visage humain, bruyant et animé

Par Édouard Maury | Publié le 02/07/2021 à 22:38 | Mis à jour le 02/07/2021 à 23:12
Photo : Édouard Maury - secteur Patronato dans la commune de Recoleta
quartier recoleta santiago visite

Situé sur la rive nord du Rio Mapocho, le quartier de Recoleta n’est pas aussi bohème que Bellavista, ni aussi touristique que Providencia. À Recoleta les vendeurs ambulants grouillent et la commune accueille l’un des plus grands et majestueux cimetières du pays. Visite.

Du bruit. C’est comme cela que l’on pourrait résumer une journée à Recoleta. Le calme n’est pas le point fort de la commune. Mais cela fait partie de l’ambiance conviviale et marchande du lieu. Au sein du quartier, vous pouvez entendre des marchands de fruits et légumes crier à gorge déployée leur dernière promotion, tout comme des vendeurs de vêtements négocier le prix de leur article avec les acheteurs. De quoi retrouver un côté humain dans la ville, loin des boutiques ordonnées des communes du centre de Santiago.

Passé le fleuve Mapocho, le brouhaha

Les premiers pas dans Recoleta en venant de Bellavista se font dans le secteur Patronato. C’est la zone centrale de vente de vêtements. Les stands et boutiques abondent les trottoirs et ne laissent que peu de place pour circuler. Ce ne sont pas des vêtements de marque coquets qui y sont vendus, mais vous pourrez trouver de quoi vous habiller dès 2 000 pesos (environ 2,50 €). C’est cette simplicité qui marque Recoleta. Ce marché à ciel ouvert a d’abord été tenu par des migrants palestiniens. Au XIXe siècle, ils étaient nombreux dans la commune. Puis peu à peu, ils ont laissé leur place aux coréens, autre diaspora importante à Recoleta.

 

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Édouard Maury - Église la Viñita à Recoleta

 

Cette diversité de population s’explique. Lorsque les colons espagnols sont arrivés au Chili, le lieu portait le nom de la Chimba ("de l’autre côté de la rivière", en raison de sa position sur la rive nord du fleuve Mapocho, en opposition au reste de la ville). Ils y ont installé les indigènes natifs chiliens qui ont formé une communauté à part du reste de la capitale. Cela a participé à transformer le quartier en un lieu de débrouillardise basé sur l’échange, le troc et le commerce. Au fil des siècles, les migrants qui sont arrivés au Chili, y ont retrouvé une similarité culturelle avec leur pays d’origine et s’y sont installés.

 

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Édouard Maury - La vega central à Recoleta

 

On peut se sentir dans un premier temps oppressé dans Recoleta. Les rues étroites et les trottoirs resserrés n’aident pas. Mais on comprend rapidement que l’on se situe dans un des cœurs de Santiago. La commune se distingue par son côté humain. Le marché de la Vega en est un exemple typique. Ce grand bâtiment regroupe tous les besoins alimentaires. Autant des fruits et légumes, que des épices, du poisson, ou de la viande. Le marché est couvert et donc ouvert toute l’année pour répondre aux besoins de la population. Clients et vendeurs passionnés y échangent. On y compte plus de 500 stands indépendants. Du falafel libanais au poulet coréen, on y perçoit l’héritage de l’immigration.

Pauvres et riches y terminent leur vie

Au nord de la commune, après le cerro Blanco, se trouve le cimetière général de Santiago. Au-delà de la solennité du lieu, on y sent une réelle communion. Pauvres et riches, catholiques et juifs, tous sont enterrés au même endroit. Le cimetière compte plus de deux millions de sépultures en faisant ainsi l’un des plus grands du Chili. Et parmi elles, on peut retrouver celles de grandes figures chiliennes comme le général Bernard O’Higgins, Salvador Allende, Andres Bello, ou encore Victor Jara. Ce lieu de recueillement accueille également le mémorial des exécutés et disparus politiques de la dictature.

 

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Église Dominica de Recoleta - Branislav Marelic Rokov - Creative Commons (CC BY-SA 3.0)
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Église Franciscana de Recoleta - Usachino - Creative Commons (CC BY-SA 3.0) 

 

Recoleta est aussi un lieu de religion puisque la commune accueille les églises de la Recoleta Franciscana ou celle de la Recoleta Dominica. Mais c’est avant tout son côté humain qui rend agréable les quelques heures passées en son sein. Les différents marchés participent à créer ce côté convivial et en faire une vraie place de partage et d’échange. Quitte à ce que ce soit un peu bruyant.

Édouard Maury

Étudiant à Sciences Po Aix, j'effectue un stage au sein de la rédaction de lepetitjournal.com Santiago. Passionné de sport, et de nature, je découvre le Chili pour la première fois.
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