Après deux dates à guichets fermés à Québec et Montréal, l'humoriste français entame sa conquête des États-Unis avec Rodéo, d'abord à Boston puis New York. Et il reviendra plus tard sur la côte ouest. Rencontre avec un artiste aux talents redoutables et d'une gentillesse désarmante, aussi généreux en coulisses que sur scène.et qui avance à son rythme, depuis vingt ans, et qui n'est pas près de s'arrêter.


Il parle vite, il rit de lui-même, et il s'excuse d'avance de trop bavarder. Verino, c'est ça : une personne sincère qui a troqué les plateaux télé contre YouTube, les paillettes contre la patience, et qui se retrouve aujourd'hui à remplir des salles de 3 000 personnes sans que personne ne réalise vraiment à quel point ça cartonne. Ce paradoxe-là, il en est fier. Profondément.
Après avoir traversé le Canada avec Rodéo — deux représentations sold-out à Québec et Montréal qui ont confirmé que le public francophone de ce côté de l'Atlantique n'attendait que ça —, le voici qui met le cap sur les États-Unis pour ce qui constitue sa toute première fois sur le sol américain. Il commence par la côte est, Boston puis New York. La côte ouest viendra après
Un rodéo, vraiment
Le titre du spectacle n'a rien d'anodin. « Les journalistes disent souvent que les artistes surfent sur l'actu sociale. Mais aujourd'hui, on surfe plus du tout. C'est un cheval fougueux. On est obligé de l'enfourcher et de faire ce qu'on peut avec. ». D'où Rodéo.
Pendant 1h30, Verino s'attaque aux tensions de notre époque avec son arme favorite : l'observation sociale doublée d'une autodérision qui n'est jamais de la complaisance. Au programme, la déconstruction masculine — jusqu'à la vasectomie, assumée sur scène avec une logique implacable —, les questions de genre, la religion vue par un père qui emmène son fils à la messe sans rien y comprendre, et ses enfants, ces « fables vivantes » qui lui servent de boussole.
Mais attention : Verino ne fait pas la leçon. « J'aime apprendre, mais j'aime pas qu'on me fasse la leçon. » Alors il se remet lui-même en position de celui qui tâtonne, qui se plante. C'est là que le rire surgit — pas le rire de la gêne ou de la moquerie, mais ce qu'il appelle « le rire d'enfant », celui qui vient des tripes, celui qu'on ne contrôle plus.
Vingt ans de scène, et toujours en apprentissage
En 2004, c'était « un gamin qui voulait faire de l'humour ». En 2026, c'est « un gamin qui veut faire du stand-up ». La nuance est énorme. Avec plus de 2 000 représentations derrière lui sur ses quatre spectacles, Verino est de ceux qui savent exactement ce que ce métier coûte — et qui continuent d'en mesurer l'exigence avec une humilité rare.
C'est aussi l'homme qui, en 2015, a eu l'intuition de tout miser sur YouTube quand ses contemporains faisaient la queue pour une chronique radio. Aujourd'hui, 200 millions de vues et 500 000 abonnés plus tard, le calcul semble évident. À l'époque, ça demandait du courage — et une certaine forme de clairvoyance. « J'ai toujours 3-4 ans de retard, mais j'ai toujours 10 ans d'avance. »
L'Amérique comme terrain d'exploration
Première fois aux États-Unis, donc. Et il arrive sans plan préétabli, sans chercher à « adapter » son spectacle à un public qu'il ne connaît pas encore. « Si je commence à imaginer à quoi il ressemble, je vais le faire avec une anticipation un peu fake. » Il préfère poser ses valises, sentir, vivre — et laisser ses instincts faire le reste sur scène.
Ce qu'il sait déjà, c'est que les Françaises et Français expatriés qui remplissent les salles ici ne viennent pas voir « un humoriste ». Ils viennent retrouver quelque chose. Un peu de chez eux, ce rendez-vous du samedi matin qu'ils partagent chaque semaine depuis leur écran. La salle de spectacle, c'est le prolongement naturel de tout ça.
Pourquoi y aller ?
Si vous hésitez encore, Verino lui-même vous répondrait : « Allez voir les 341 vidéos de 5 minutes sur YouTube. Et si t'as encore envie de me voir à la fin, c'est que le spectacle va te plaire. »
Et lorsque nous lui demandons de dire un mot pour les francophones qui vont venir le voir au Canada ou aux Etats- Unis", il répond avec une sincérité désarmante "I love you"
Ce serait dommage de se priver. Parce que Verino, c'est l'un de ces artistes qui ne seront jamais à la mode. Et donc jamais démodés. Et qui fait l'unanimité du public à chaque représentation.
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