Édition internationale

Les géants des mers reprennent possession de la baie de San Francisco

Le mercredi 29 janvier, le Ruby Princess s'éloignait majestueusement du port de San Francisco, entamant sa route vers l'océan Pacifique. Une scène qui se répète désormais presque chaque semaine dans la baie, témoignant du retour en force d'une industrie qui contribue à redynamiser l'économie touristique de la ville.

Le paquebot Princess Ruby quitte le port de San FranciscoLe paquebot Princess Ruby quitte le port de San Francisco
Photo - Fredéric Neema - Octamedia Productions
Écrit par Anne-Lorraine Bahi
Publié le 30 janvier 2026

 

Une présence imposante sur le waterfront

Lorsque le photographe Frédéric Neema a capturé le départ du Ruby Princess le 29 janvier dernier, il immortalisait bien plus qu'un simple navire. Avec ses 290 mètres de long et ses 113 500 tonnes, ce paquebot de Princess Cruises incarne à lui seul toute la dimension de l'industrie des croisières qui anime désormais régulièrement les quais de San Francisco.

Construit en 2008 en Italie, le Ruby Princess peut transporter plus de 3 000 passagers et 1 200 membres d'équipage – l'équivalent d'une petite ville flottante capable de naviguer à 23 nœuds. Ce navire fait partie des géants qui ont choisi San Francisco comme port d'attache, aux côtés des navires de Carnival Cruises.

 

Le paquebot Ruby Princess à San Francisco
Photo -  Frédéric Neema - Octamedia Production

 

Un secteur en pleine renaissance

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le port de San Francisco a enregistré, depuis 2023, 99 escales de paquebots, accueillant près de 391 000 passagers. Un record qui dépasse même les prévisions d'avant-pandémie. Pour 2025 et les années suivantes, le port prévoit de maintenir cette moyenne de 99 escales annuelles.

Cette renaissance s'inscrit dans une dynamique économique significative. Chaque escale génère environ 500 000 dollars d'activité économique pour la ville, entre les dépenses des passagers dans les commerces locaux, les restaurants du waterfront, et les services touristiques. Multipliez cela par une centaine d'escales, et l'on comprend pourquoi l'industrie des croisières représente désormais un moteur essentiel pour l'économie touristique san-franciscaine.

 

Des destinations qui font rêver

Les paquebots qui partent de San Francisco proposent des itinéraires variés qui attirent des croisiéristes du monde entier. L'Alaska reste la destination phare durant l'été, avec ses glaciers spectaculaires et sa faune sauvage. Le Ruby Princess, par exemple, alterne entre des croisières vers la Riviera mexicaine (Cabo San Lucas, Mazatlan, Puerto Vallarta) et des voyages vers Hawaï.

Ces itinéraires transforment San Francisco en point de départ idéal : suffisamment au sud pour rejoindre facilement le Mexique, et parfaitement positionné pour les routes vers le nord et l'ouest. Les passagers découvrent ainsi la ville avant ou après leur croisière, contribuant à remplir les hôtels du quartier de Fisherman's Wharf et à animer les attractions touristiques de l'Embarcadero.

 

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Un terminal à la hauteur des ambitions

Le succès actuel de San Francisco dans l'industrie des croisières ne doit rien au hasard. En 2010, un panel consultatif formé à la demande de Newsom (alors maire) avait recommandé la modernisation du Pier 27 pour remplacer le Pier 35, qui avait plus de 100 ans.

Quatre ans plus tard, la ville a inauguré le terminal James R. Herman au Pier 27, un investissement de 100 millions de dollars qui a modernisé les installations et positionné San Francisco comme un port de croisière de premier plan sur la côte Ouest.

Ce terminal dispose d'une technologie de pointe : un système d'alimentation électrique à quai qui permet aux navires de se brancher au réseau électrique local pendant leur escale. Cette innovation, mise en place il y a plus d'une décennie – San Francisco fut le premier port californien à l'offrir –, permet aux paquebots d'éteindre leurs moteurs diesel pendant qu'ils sont à quai, réduisant ainsi considérablement les émissions polluantes.

 

L'envers du décor : entre bénéfices et questionnements

Si l'impact économique est indéniable, l'industrie des croisières soulève aussi des questions environnementales légitimes. Les associations écologistes pointent régulièrement du doigt l'empreinte carbone de ces géants des mers et leur impact sur la qualité de l'air de la baie.

Le port et les compagnies de croisières ont néanmoins fait des efforts significatifs. Au-delà de l'alimentation électrique à quai, les navires modernes sont équipés de systèmes avancés de traitement des eaux usées. Certains analystes soulignent également qu'il faut mettre en perspective l'impact environnemental : des centaines de milliers de touristes qui arrivent par mer plutôt que par voiture individuelle, avec tous les défis de stationnement que cela impliquerait pour la ville.

 

Vers l'avenir

 

Ruby Princess dans le port de San Francisco
Photo -  Frédéric Neema - Octamedia Production

 

Avec Princess Cruises et Carnival qui ont établi San Francisco comme port d'attache permanent, l'activité devrait rester soutenue dans les années à venir. Le port de San Francisco a enregistré un revenu record de 133 millions de dollars en 2025, en partie grâce à l'activité croisière.

Le Ruby Princess effectue actuellement des rotations régulières entre San Francisco, la Riviera mexicaine et Hawaï, transportant des milliers de passagers qui découvrent la Californie avant de prendre le large vers le Pacifique.

 

Le départ du Ruby Princess le 29 janvier n'était qu'une escale parmi tant d'autres dans une saison bien remplie. Mais chaque départ, chaque arrivée, contribue à écrire un nouveau chapitre de l'histoire maritime de San Francisco, cette ville qui n'a jamais cessé de regarder vers l'horizon.

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