À plus de 2.000 kilomètres des grands centres urbains brésiliens, dans la ville de Barra do Corda, au cœur de l’État du Maranhão, la Mission RobinHood traverse une nouvelle zone de turbulences. Expulsée sans préavis du bâtiment qui l’abritait, l’association poursuit pourtant son combat auprès des enfants défavorisés et des jeunes présentant des troubles de l’apprentissage. “Nous avons vraiment besoin de vous, d’un geste !”


« Des épreuves, encore, qui nous rendent plus forts », écrit Cédric de Giraudy, chef de projet de l’Association Santa Vitoria, dans une lettre adressée aux soutiens de la mission. La Mission RobinHood vient d’être expulsée du bâtiment qui l’abritait. Le local précédent, décrit comme « accueillant », « aéré » et « très spacieux », correspondait parfaitement à la méthodologie éducative développée par l’association. Mais dans cette région du Brésil, les conditions de location restent précaires. « Les contrats écrits dans l’intérieur du Maranhão sont rares et d’ailleurs nous avons été expulsés sans réel préavis », précise le responsable.
Cédric De Giraudy : “Un seul enfant sauvé justifie toutes ces années”
RobinHood au Brésil, une école gratuite née d’une rupture
Face à ces difficultés, l’association a déménagé dans une maison plus étroite, située juste en face de l’ancien bâtiment afin de ne pas désorienter les familles accompagnées. Mais ce changement intervient surtout dans un contexte de profonde transformation du projet éducatif. Après avoir travaillé plusieurs années en partenariat avec la principale école publique de la ville, la Mission RobinHood a décidé de créer sa propre école privée gratuite destinée aux enfants défavorisés et aux enfants « avec des besoins d’éducation ».

Cette décision s’accompagne toutefois d’un défi inattendu : convaincre les familles d’inscrire leurs enfants. « Cela va vous paraître insensé : c’est très compliqué d’inscrire des enfants ! », écrit Cédric de Giraudy. Selon lui, les enfants souhaitent majoritairement étudier et rejoindre la mission, mais les réalités sociales freinent souvent les démarches administratives et la régularité scolaire.
Le responsable évoque des familles monoparentales, des grands-parents dépassés ou encore des difficultés logistiques majeures : « Il faudrait un bus et un chauffeur ! » Jusqu’ici, les enfants étaient directement pris en charge via les écoles publiques partenaires. « Les enfants étaient retirés de leur propre salle de classe afin d’étudier avec nous », rappelle l’association.
Au Brésil, l'association de Cédric de Giraudy contrainte de quitter ses locaux
Un objectif fort pour la Mission RobinHood : 70 % de filles
Malgré un budget réduit et un espace plus limité, deux classes ont déjà été ouvertes, l’une le matin et l’autre l’après-midi. L’objectif affiché est désormais de doubler ce dispositif. Mais la Mission RobinHood poursuit également une ambition sociale forte : accueillir 70 % de filles parmi les élèves.
Pour l’association, l’éducation des jeunes filles constitue un levier essentiel contre les violences et les inégalités. « Violence, pauvreté, pratiques culturelles néfastes… sont des obstacles qui freinent l’accès des filles à l’école simplement parce qu’elles sont des filles », souligne la lettre. Le texte insiste aussi sur les conséquences directes de l’exclusion scolaire : « Une fille privée d’éducation est reléguée aux tâches ménagères, exposée aux grossesses et mariages précoces et à la dépendance. »
Au-delà de l’accès à l’école, l’association veut promouvoir l’égalité dès le plus jeune âge à travers les contenus pédagogiques et la sensibilisation des communautés locales. « Une fois éduquées, elles ont la possibilité de devenir le moteur de changements au sein de leurs communautés », affirme l’équipe éducative.
Pour soutenir l’association :
ASSOCIATION SANTA VITORIA
Déclarée sous le n° 32028884 (Loi du 1er juillet 1901, article 5)
Adresse Courriers ET Siège social
Association Santa Vitoria c/o Cédric de Giraudy
10, Impasse du Chatelou 24000 Périgueux
06 61 31 76 27
Email : jf-degiraudy@orange.fr / cedricdegiraudy@hotmail.fr
Une ouverture vers un nouveau modèle au Brésil
En mars 2026, la Mission RobinHood a également entrepris un déplacement dans l’État de Goiás pour rencontrer une structure plus importante spécialisée dans la protection de l’enfance. Située à plus de 2.000 kilomètres de Barra do Corda, cette association dirigée par Livia dispose notamment d’un refuge accueillant une douzaine d’enfants retirés à leur famille sur décision judiciaire.

Psychologues, assistantes sociales, ateliers et classes maternelles composent ce dispositif baptisé « Lar de Luara ». Cette rencontre pourrait déboucher sur un partenariat inédit. « Nous étudions un possible partenariat et, pourquoi pas, un nouveau cycle de la Mission RobinHood », écrit Cédric de Giraudy.
L’association rappelle enfin qu’elle avait reçu, il y a un an, le Trophée des Français de l’étranger dans la catégorie humanitaire, une distinction saluant son action au Brésil. Mais derrière cette reconnaissance, les besoins restent immenses. « Nous avons vraiment besoin de vous, d’un geste », lance le chef de projet à ses soutiens.












