Dimanche 17 octobre 2021
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Yohann Devezy, écrivain engagé pour l'inclusion des minorités

Par Charlotte Nobbs | Publié le 24/01/2021 à 22:00 | Mis à jour le 24/01/2021 à 22:00
Yohann

Yohann est installé à Perth depuis 8 ans où il vit avec son époux australien. Il nous raconte son parcours, pour le moins atypique, qui l’a mené vers l’écriture d’un magnifique livre pour enfants (Hugo, The Boy with the Curious Mark, 2019) et vers l’apprentissage du métier de psychothérapeute (counsellor) auprès de familles et d’enfants.

 

Qu’est-ce qui t’a amené à Perth ?

Je suis arrivé à Perth en décembre 2012. Je travaillais alors dans l’hôtellerie/restauration dans le sud-ouest de la France en tant que cuisinier. A cette époque je me rendais compte que j’avais besoin de perfectionner mon anglais. J’étais aussi à un moment de ma vie ou j’avais besoin de voyager, d’aller voir ailleurs. J’ai donc postulé au Working Holiday Visa pour l’Australie, direction Perth !

Les choses se sont enchainées très rapidement. Quelques semaines après mon arrivée, j’ai fait la connaissance de celui qui est aujourd’hui mon mari ! 

J’ai rapidement trouvé du travail, d’abord dans le secteur de la restauration. Puis en tant que formateur dans le domaine de l’hôtellerie. J’ai ensuite eu la chance d’être formateur dans le cadre d’un programme dédié aux populations Aborigènes*. Cette dernière expérience m’a vraiment beaucoup plu, j’ai été marqué par tous les témoignages de reconnaissance de la part de mes étudiants.  

 

Comment t’es venue l’idée de Hugo, The Boy with the Curious Mark, ton livre pour enfants ?


Un jour, ma sœur m’a raconté que mon neveu, Hugo, était rentré très triste de l’école car ses camarades s’étaient moqués de son tee-shirt. Cela m’a tout de suite renvoyé à mon enfance et mon adolescence. J’ai beaucoup souffert des moqueries des autres : j’étais trop efféminé, je n’aimais pas le foot, je préférais trainer avec les filles, etc. Bref, ce jour-là, j’ai ressenti le besoin de faire quelque chose pour qu’aucun enfant ne subisse ce que j’ai moi-même vécu.  

Hugo

C’est ainsi que peu à peu m’est venue l’idée de ce livre. J’avais envie d’y parler de la différence, quelle qu’elle soit. Non pas pour la rendre « normale », car ce mot ne veut rien dire, mais plutôt… « usual ». Je voulais finalement écrire un livre que j’aurais aimé lire quand j’étais moi-même enfant, et que le livre crée une relation confortable entre enfants et adultes pour aborder des sujets parfois difficiles.

J’ai un jour évoqué ce projet à mon amie Sandra van Doorn, qui est elle-même illustratrice de livres pour enfants et vit également à Perth. J’avoue que j’ai mis un peu de temps avant de lui en parler, je ne me sentais pas légitime dans le milieu de la littérature jeunesse ! Mais elle a tout de suite adoré l’idée et m’a encouragé à la mettre sur papier. Je me suis donc mis au travail pour de bon !

Yohann

Mais du coup, comment ça se passe pour créer un livre pour enfants ?

Il a fallu environ un an pour que je tienne mon livre entre mes mains, après en avoir écrit l’histoire. Sandra m’a aidé pour éditer le texte et elle m’a mise en relation avec une illustratrice réputée dans le monde des livres pour enfants, Manuela Adreani. J’ai même eu l’honneur d’être le premier livre publié par la maison d’édition Red Paper Kite. Je me rends compte que j’ai eu une chance inouïe !

J’ai ensuite essayé de faire parler de Hugo par différents biais. J’ai utilisé les réseaux sociaux, participé à des story times, notamment durant le Pride Month (en novembre à Perth), participé à des festivals, etc.  Et j’ai été incroyablement surpris de tous les retours positifs que j’ai reçus ! Des parents m’ont remercié d’avoir écrit ce livre, pour évoquer avec leurs enfants la question de la différence et de l’acceptation de soi. Mon livre est même utilisé par des enseignants en psychologie et des psychologues pour enfants ! Plus récemment je suis intervenue dans des écoles primaires de Perth pour organiser des ateliers avec les écoliers. J’ai été impressionné par la richesse des échanges avec ces enfants et leur grande intelligence face à la question des différences et des minorités.

 

Quels sont tes nouveaux projets ?

Ecrire ce livre a été une révélation pour moi ! J’ai décidé de poursuivre ce travail d’accompagnement d’enfants, adolescents et familles afin de leur donner des outils pour aborder les questions du handicap, du harcèlement, des identités LGBTIQ, etc. J’effectue donc actuellement une licence de Counselling /Psychotherapy, qui s’apparente à la profession de psychothérapeute en France. J’espère ainsi œuvre à l’inclusion de toutes les minorités dans la société australienne.


Et as-tu d’autres projets de livres pour enfants ?

Oui, bien entendu ! Il y a quelques mois, j’ai postulé pour une résidence au sein du Centre for Stories à Northbridge. Je suis profondément reconnaissant de cette opportunité que m’a offerte l’équipe. Cette immersion m’a permis de développer, avec leur aide, plusieurs projets de livres, qui m’aideront dans mon futur travail de psychothérapeute auprès d’enfants et de familles. J’aimerais que mes livres aident mes lecteurs, qu’ils s’identifient aux personnages que je crée et que ces histoires les aident dans leur parcours personnel.

Yohann

 

*Le terme « Aborigènes » a été volontairement écrit avec une majuscule comme une marque de respect envers ces différentes communautés. Pour plus d’information concernant l’usage d’un langage et d’une écriture inclusifs : https://www.monash.edu/about/editorialstyle/writing/inclusive-language

 

charlotte nobbs

Charlotte Nobbs

Résidente permanente en Australie, je poursuis ma carrière dans les études de marché à Perth où je suis installée depuis fin 2019. Je partage avec vous des conseils pratiques, mes coups de cœur et mes réflexions sur la société (western) australienne.
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