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Mimante Musa : “La danse est mon passeport pour m’ancrer à Kunming”

À Kunming, Mimane Musa mène plusieurs vies à la fois. Directeur de Dangsters Dance Studio, fondateur des O’Reilly’s Irish Pubs et de la Brasserie Chaba, cet entrepreneur français installé de longue date dans le Yunnan raconte un parcours fait de rencontres, de passion et d’interculturalité. Entre danse hip-hop, entrepreneuriat et vie franco-chinoise, il revient sur ce qui l’a conduit à s’ancrer durablement à Kunming.

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Arrivé en Chine par curiosité et resté par passion

Peux-tu te présenter brièvement et nous dire ce qui t’a amené en Chine ?

Je suis arrivé en Chine en 2007, dans le cadre d’un programme d’échange avec Montpellier Business School. J’ai commencé par un an à Shanghai, à la Shanghai Finance University. À la fin de ce parcours, le programme nous proposait d’aller dans une ville dite « secondaire » ou « tierce ». J’avais le choix entre plusieurs destinations que je ne connaissais pas du tout, et j’ai choisi Kunming un peu au hasard, parce que les photos montraient du ciel bleu… et venant du sud de la France, c’était important pour moi (rires).

 

Kunming s’est imposée comme une évidence

Pourquoi être resté dans le Yunnan, et à Kunming en particulier ?

Au départ, c’était vraiment un choix opportuniste. Mais une fois sur place, j’ai découvert une ville agréable, un climat exceptionnel et une qualité de vie difficile à battre. Très vite, j’ai aussi fait des rencontres décisives. C’est à Kunming que j’ai découvert la danse hip-hop, presque par hasard, en rencontrant une troupe féminine locale. J’ai commencé à prendre des cours, puis à m’impliquer dans le projet, et peu à peu, tout s’est construit autour de ça.

Dangsters est né d’une aventure humaine 

Comment est né Dangsters Dance Studio ?

Quand la troupe a décidé d’ouvrir son propre studio, je me suis intégré au projet. Je ne suis pas danseur professionnel, mais j’ai essayé d’être utile autrement : communication, gestion, ressources humaines, organisation. On était une petite équipe très soudée, et ça m’a permis de m’ancrer durablement à Kunming, de m’immerger vraiment dans la société chinoise, bien au-delà du cadre universitaire classique.

Adaptabilité et persévérance pour entreprendre en Chine

Quels ont été les principaux défis de ton parcours entrepreneurial ?

Au début, la langue a été un vrai défi. J’avais commencé le chinois en France, mais c’est sur place, au contact de mes amis et collègues chinois, que j’ai vraiment progressé. Parler chinois est devenu un atout majeur dans toutes mes activités. Ensuite, les défis sont ceux de toute gestion d’entreprise : rester cohérent, garder l’énergie, travailler en équipe et s’adapter en permanence à un environnement qui évolue très vite.

Le hip-hop a gagné en reconnaissance

Comment évolue la danse hip-hop à Kunming ?

Quand on a commencé, la danse hip-hop était très marginale. Beaucoup de danseurs venaient de milieux modestes, avec peu de soutien familial. Aujourd’hui, les choses ont beaucoup changé : les parents comprennent mieux, la discipline est plus respectée, et les profils sont plus variés. L’école de danse est devenue essentielle, car elle permet de vivre de la danse dans un contexte où le statut d’artiste reste fragile.

L’interculturalité est notre force

Quelle place occupe la dimension franco-chinoise dans tes projets ?

Elle est centrale. C’est ce qui nous différencie et ce qui donne du sens à ce que l’on fait. Grâce aux échanges avec la France, notamment dans le cadre du festival Croisements, nous avons pu accueillir des danseurs français, organiser des ateliers, monter des spectacles communs. Cette interculturalité apporte une vraie fraîcheur artistique et humaine, et permet de créer des projets uniques, impossibles sans ce dialogue entre les cultures.

Kunming a un potentiel immense

Comment vois-tu l’évolution de Kunming ces dernières années ?

Kunming a toujours eu un potentiel énorme grâce à son cadre de vie et à la richesse du Yunnan. Depuis l’après-Covid, j’ai le sentiment qu’il y a un nouveau souffle, avec des initiatives intéressantes, notamment dans certains quartiers culturels. Les infrastructures sont là, mais il reste un défi : mettre en valeur le patrimoine, la culture et les spécificités locales autrement que par de simples projets commerciaux.

Un dernier mot pour les lecteurs de Lepetitjournal.com ?

Kunming est une ville où l’on peut vraiment s’ancrer sur le long terme, à condition d’être curieux, patient et ouvert. Que ce soit par la danse, la culture ou l’entrepreneuriat, il y a ici un terrain incroyable pour créer, expérimenter et construire des projets qui font sens, entre la France et la Chine.

 

 

Propos recueillis par Lucas Klemensiewicz,

Responsable culturel et pédagogique à l’Alliance Française de Kunming.

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Publié le 4 février 2026, mis à jour le 4 février 2026
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