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La diplomatie du Panda, ou le « soft power » chinois

Par Le Petit Journal Shanghai | Publié le 25/06/2019 à 21:30 | Mis à jour le 26/06/2019 à 10:26
Photo : Brigitte Macron rencontre le panda du zoo de Beauval.

Depuis plus d’un demi-siècle, la Chine a su utiliser les pandas jusqu’à en faire des symboles. Plus doux que le dragon aux froides écailles, le panda est devenu un instrument incontournable du « soft power » chinois.

Autrefois prélevé directement dans leur habitat naturel, les individus envoyés dans les zoos du monde entier sont désormais issus de l’élevage. Mais ils n’en restent pas moins les vecteurs privilégiés de la diplomatie parallèle chinoise.

 

Une politique de « soft power » ancestral

Cette pratique ne date pas d'hier. Déjà sous la dynastie Tang (618 à 907), les Empereurs chinois usaient de cette coutume nationale pour sceller un accord de paix ou de relations de tout autre genre avec les pays voisins ou les étrangers. L'impératrice Wu Zetian fut en effet l'une des premières à accorder un tel présent à l'Empire japonais à cette époque.

Cette ancienne pratique fut pourtant interdite en 1984 alors que les pandas géants étaient sévèrement menacés de disparition en Chine. Cette année-là, on comptait officiellement 1600 individus dans tout le pays. Pour la plupart, il s'agissait de pandas vivant dans les réserves naturelles protégées et gérées par l'Etat comme ceux de Sichuan, Gansu et Shaanxi. Les pandas à l'état sauvage n'existaient quasiment plus.

Mais à partir de la création de la République Populaire de Chine, cette pratique évolua un peu. Il s'agit désormais de prêter ces mammifères à des pays amis. C'est alors que le terme de "diplomatie du panda" fut inventé.

 

Un symbole des environnementalistes 

Si Mao remis la diplomatie du panda au gout du jour dans les années 50, cette pratique fut rapidement abandonnée au profit d'un autre système. Son successeur, Deng Xiaoping prêtait ces animaux en contrepartie de compensations financières.

Et face aux diverses opinions politiques et publiques, la Chine fut contrainte de transformer ce don en prêts à long terme accordés à des zoos étrangers. En général la durée du prêt des ursidés herbivores s'étend sur 10 ou 15 ans.

La popularité grandissante de l'animal en fit un véritable symbole des environnementalistes. La fameuse association World Wild Foundation (WWF) fondée en 1961 en fit d'ailleurs son logo. Face à un tel engouement, les zoos du monde entier se précipitent pour en obtenir auprès des autorités chinoises. 

L'un des dons les plus mémorables fut celui que la Chine fit aux États-Unis en 1972 lors de la visite de Richard Nixon. Le zoo de Washington reçu alors 2 pandas géants. De nombreux pays ont bénéficié de ce généreux don par la suite. On compte parmi eux l'Australie, le Canada, le Japon, Taïwan, la Thaïlande, la France et la Belgique.

La France obtint un couple de pandas en 2011 après avoir scellé un accord commercial avec la Chine de 20 milliards d'euros concernant la fourniture du pays en Uranium. Ils sont actuellement hébergés au parc de Beauval.

En 2013, la Belgique a obtenu la durée de garde la plus longue qui est de 15 ans, un geste perçu comme un signe des liens solides avec la Chine.  

 

 

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