Édition internationale

NUAGE DE TCHERNOBYL –La radioactivité n'a pas touché la France

 

Un arrêt de la cour d'appel de Paris, en établissant un non-lieu, estime que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl de 1986 n'a pas eu de conséquence sanitaire mesurable en France

Les associations de malades de la thyroïde sont furieuses
La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris a confirmé dans son arrêt du mercredi 7 septembre que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, survenue en Ukraine en avril 1986, n'a pas eu de conséquence sanitaire mesurable en France. Par cette décision, l'enquête ouverte en 2001 sur l'impact du nuage radioactif sur le territoire français prend fin, et Pierre Pellerin, directeur du service central de protection contre les rayons ionisants (SCPRI) à l'époque des faits, voit se terminer les poursuites lancées contre lui. Fait exceptionnel, suite à l'énoncé, le Parquet général a tenu à exprimer publiquement sa compassion à l'égard "de ceux qui espéraient trouver dans cette procédure judiciaire une explication ou des responsabilités à leurs souffrances".

Tollé chez les associations de malades
Et justement, les réactions n'ont pas tardé de la part des personnes atteintes du cancer de la tyroïde et des associations qui les représentent. "C'est peu de dire que nous sommes en colère, et amers", a indiqué Chantal Lhoir, coprésidente de l'association française des malades de la thyroïde (AFMT), qui s'est portée partie civile. "Avec ce non-lieu, on s'est moqué de nous", a déclaré le Dr Denis Fauconnier, médecin retraité, et l'un des premiers à avoir attiré l'attention sur les conséquences du nuage de Tchernobyl, tout particulièrement sur la Corse. Car c'est bien sur l'île de beauté que l'AFMT et la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité (Criirad), également à l'origine de la plainte, ont relevé "des taux supérieurs à 10.000 becquerels d'iode 131 par litre de lait de brebis et de chèvre, parfois jusqu'à 100.000". Le maximum autorisé est fixé à 300 becquerels par litre. C'est aussi en Corse que des médecins ont observé "une augmentation importante, à très importante des troubles thyroïdiens par rapport aux autres affections endocriniennes".

Fukushima toujours dans tous les esprits
Vives protestations également dans la classe politique où Noël Mamère, député d'Europe-Écologie les Verts (EELV) et Eva Joly, candidate écologiste aux élections présidentielles, n'hésitent pas à parler de "déni de justice". L'arrêt de la Cour d'appel de Paris est d'autant plus mal accepté que l'accident de Fukushima a relancé plus que jamais les interrogations du public sur la sécurité des centrales. "A l'heure où le Japon affronte une catastrophe nucléaire, où l'accès à l'information des populations civiles n'est pas garanti, et même bafoué, la garantie d'impunité que nous renvoyons est scandaleuse", a ajouté Mme Lepage, députée européenne et ministre de l'Environnement (1995-1997) au moment des faits. L'affaire ne devrait pas s'arrêter là. Les parties civiles ont en effet annoncé leur intention de se pourvoir en cassation, et même d'aller jusqu'à "la Cour européenne européenne des droits de l'homme, s'il le faut" a indiqué Michèle Rivasi, députée EELV et fondatrice de la Criirad.

Julie Ketkosol (www.lepetitjournal.com) jeudi 8 septembre 2011

En savoir plus:
Le nouvelobs: Tchernobyl : quand le nuage s'est (presque) arrêté à la frontière
Le Figaro : Tchernobyl : "procès volé" aux malades

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