Rencontre avec Guillaume Terrien, Fondateur et Rédacteur en chef de neotech.nc

Par Clotilde Richalet | Publié le 16/12/2021 à 21:30 | Mis à jour le 17/12/2021 à 17:14
neotech nouvelle calédonie Guillaume terrien

Créé en mars 2021 et basé à Nouméa, Neotech.nc est un média en ligne dédié à l'innovation technologique et à l'univers du numérique en Océanie. Guillaume Terrien a fondé ce média en début d’année avec ses comparses : Xavier Sevin et Pierre-Antoine Siame Gonzalez. Leur but premier est d’informer le grand public sur l’innovation technologique et les dernières actualités numériques en Nouvelle-Calédonie et plus globalement sur l’ensemble de la zone Pacifique. 

 

Neotech logo bannière nouvelle calédonie

 

Présentation de l’entrepreneur Guillaume Terrien : polyvalent et passionné

 

Après une école de commerce à Reims : la Neoma Business School, Guillaume devient chef de projet pour un média citoyen en ligne, puis lance sa première entreprise : « Les Pièces Rapportées », un site de vente en ligne d'objets « art déco » autour de la matière plexiglass. Après avoir géré cette première société, il s’associe dans une startup hébergée à la Gaité Lyrique et qui a pour vocation de démocratiser l’accès à la musique classique et d’enrichir l’événementiel culturel grâce à une application B2B personnalisée. Après cette aventure, il prend la direction du pôle digital de l’agence Alchimia Communication à Paris.

Féru d’action et d’expériences, il décide alors de réaliser un rêve de gamin : réaliser un tour du monde ! Il collabore alors avec des médias métropolitains, rédige des articles et réalise des interviews autour de la thématique de la transformation digitale à travers le globe ! Ainsi, dans chaque pays, Guillaume rencontre des acteurs du numérique et se penche sur l’épineux sujet de la transition numérique internationale.

Après avoir sillonné le globe, il décide de partir s’installer à Nouméa et s’associe alors avec un entrepreneur local afin de créer NeoTech.nc, un webmedia 100% gratuit. Son objectif ? Sensibiliser les Océaniens au rôle du digital et des technologies dans les économies locales. Interviews, articles de fond, actualités, portraits, études de cas, livres blancs pratiques, dossiers thématiques… tout est fait pour informer le lecteur et l’encourager à embrasser cette avenir « (Green)tech ».

 

page d acceuil neotech nouvellecalédonie

 

L’INTERVIEW MOTS CLEFS :

 

LPJ NC : Que peux-tu nous dire de la : Filière numérique en Nouvelle-Calédonie

Guillaume : La première chose qui me vient à l'esprit est un chiffre : 3,5. Le numérique ne représente qu’environ 3,5 % du PIB Calédonien… C'est très et trop peu ! Le marché du numérique est encore en cours de structuration et de développement mais le territoire manque encore de compétences malgré une accélération de sa transition numérique au cours des dernières années. Il n’existe ni GAFAM, ni des centaines de startups innovantes bien que ces dernières soient de plus en plus soutenues par des initiatives gouvernementales et privées.

 

Peu de clubs de Business Angels, ni de VCs, des investissements globalement profitables à l’industrie ou au BTP mais quelques éclairs qui annoncent l’avenir : la création d’une FrenchTech locale, un incubateur à l’ADECAL, un cluster numérique - OPEN NC - dynamique, un gouvernement qui pousse dans le bon sens, des groupes qui accélèrent leur transformation numérique, des appels à projets qui se multiplient, des événements dédiés à l’innovation et à la tech… et bientôt une Station N à Nouville. La Calédonie va dans la bonne direction même s’il reste encore du chemin à parcourir !

 

open nouvelle calédonie tech

 

 

LPJ NC : Que peux-tu nous dire de la : Dynamique d'innovation numérique dans la région Océanie

Guillaume : Cette thématique rejoint la question précédente : l’innovation commence à trouver sa place sur notre territoire, mais également ailleurs, grâce à quelques acteurs volontaires et des lois pays de plus en plus favorables à son éclosion. Par ailleurs, de nombreux projets innovants autour de la « GreenTech » se mettent en place, que ce soit en Calédonie, en Polynésie – le festival « Tech4Island » en est une illustration – ou sur d’autres zones iliennes qui commencent à s’y intéresser… le tout sans compter l’Australie ou la Nouvelle-Zélande qui sont déjà des acteurs présents sur le marché, quoi que très protectionnistes et difficiles à intégrer pour les jeunes pousses. C’est d’ailleurs, à date, une des limites autour de l’innovation : la phase de développement et d’internationalisation est difficile à atteindre pour les startup locales même si certaines tirent leur épingle du jeu. Keep going !

 

tech 4 island pacifique

 

 

LPJ NC : Que peux-tu nous dire de l’: Utilité des réseaux sociaux aujourd'hui

Guillaume : D’une manière générale, les réseaux sociaux et le numérique dans sa globalité ont eu un impact presque aussi important qu’une révolution industrielle : l’information est désormais globale, accessible à (presque) tout un chacun mais, malheureusement, souvent trop uniformisée, voire parfois totalement fausse (cf. Fakenews). Le business model des médias, partout dans le monde, a souffert de leur arrivée car le numérique et les RS ont cassé les codes de l’information traditionnelle. Dans l’ensemble, difficile de dire si leur existence est positive ou négative, disons plutôt, pour résumer, qu’on « n’arrête pas le progrès » et que l’être humain continuera d’avancer dans cette direction. 

 

Les réseaux sociaux sont par ailleurs devenus des facteurs d’accélération de certains business avec ce que ça peut comporter de positif et de négatif ; en Calédonie, les principaux réseaux sociaux sont Facebook, Instagram et TikTok. On voit également que LinkedIn, réseau social corporate, est en train de percer et trouver ses adeptes. Certaines techniques marketing, telles que le marketing d’influence ou les stratégies de communication, sont encore trop peu développées. On pourrait discuter pendant longtemps de ce sujet et de son impact sur l’Humanité ! Comme Internet, on pourra surtout se dire que ces derniers sont un moyen et non une fin, des outils mais pas des solutions…

 


LPJ NC : Que peux-tu nous dire de l’: Entreprenariat en NC

Guillaume : Il est assez simple d’entreprendre en Calédonie car il y a encore beaucoup de choses à faire ! Le récent soutien législatif et juridique autour de l’entrepreneuriat ainsi que certaines initiatives privées font avancer les choses et permettent aux entrepreneurs de s’épanouir, au moins à l’échelle locale. L’ADECAL Technopole et son Incubateur, le cluster numérique, et plus récemment, les premières levées de fonds en série a ou encore l’appel à projet Tech4Good sont des initiatives intéressantes pour les entrepreneurs. Le vent souffle du bon côté !

 

ADECAL technopole nouvelle caledonie

 

 

L’une des principales limites à l’entrepreneuriat demeure la taille du marché calédonien et son aspect de « marché test ». On peut rapidement créer son entreprise mais, si on souhaite optimiser son activité et développer son chiffre d’affaires, il faut penser plus global et aller chercher d’autres zones géographiques proches ou internationales. Il faut aller chercher ces relais de croissance pour développer son activité et faire évoluer son business model. La réalité d’un entrepreneur, c’est de rendre son modèle « scalable », c’est-à-dire duplicable dans d’autres zones / pays. C’est l’une des raisons pour laquelle je souhaite d’ailleurs que NeoTech se développe bientôt en Polynésie ou à Wallis. Affaire à suivre l’année prochaine !

 

 

Entreprendre, voyager, innover… quelques mots pour résumer le parcours déjà riche de Guillaume.  En attendant avec curiosité ce qu’il nous réserve pour la suite : filez faire un tour sur Neotech.nc pour tout savoir sur le Numérique en Nouvelle-Calédonie et dans le Pacifique. 

 

Sur le même sujet
Clotilde richalet

Clotilde Richalet

Photographe et voyageuse passionnée, expat à travers les Amériques et en Asie du Sud-Est, l'exploration journalistique et culturelle se poursuit aujourd'hui dans le Pacifique.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Nouvelle-Calédonie !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Clotilde Richalet

Rédactrice en chef de l'édition Nouvelle-Calédonie.

À lire sur votre édition internationale