Lundi 27 septembre 2021
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Aux USA, les « Jeunes Avec Macron » marchent avec Béatrice Leydier

Par Rachel Brunet | Publié le 13/04/2021 à 16:44 | Mis à jour le 14/04/2021 à 13:24
Photo : Béatrice Leydier
Béatrice Leydier et les Jeunes avec Macron

Le parti En Marche fondé par Emmanuel Macron vient de fêter ses 5 ans. Depuis 2016, des jeunes, en France ou à l’étranger, soutiennent le président et se rassemblent au travers du mouvement les Jeunes Avec Macron (JAM). Notre édition a voulu mesurer l’impact de ce mouvement aux États-Unis. Nous sommes partis à la rencontre de Béatrice Leydier, référente États-Unis des JAM. Chercheuse, la jeune femme est installée à Washington depuis 6 ans. Elle nous raconte son engagement ainsi que le fonctionnement et les valeurs des JAM qui rassemble des milliers de jeunes de par le monde.

 

Béatrice Leydier

Béatrice Leydier

 

Rachel Brunet pour lepetitjournal.com New York : Racontez-nous ce qui vous a poussé à adhérer au mouvement les JAM, en quoi vous étiez et êtes toujours séduite ?

Béatrice Leydier : J'ai d'abord rejoint En Marche à l'occasion de la campagne présidentielle de 2017. J'étais séduite par le projet social-libéral d'Emmanuel Macron et surtout par la démarche citoyenne de son mouvement. En 2018, j'ai repris l'animation du comité, à Washington, et dans le même temps les JAM cherchaient à se développer et se structurer à l'étranger, donc j'ai postulé pour en être la référente aux Etats-Unis. Cela me semblait un bon moyen de toucher de nouvelles personnes et dynamiser le mouvement ici, et je ne me suis pas trompée !

 

Qui sont les JAM en Amérique du Nord aujourd'hui, comment fonctionne le mouvement, quel est votre rôle en tant que référente ?

Je suis référente pour les États-Unis, et nous avons une référente au Canada — coucou Nolwenn à Montréal ! — qui est aussi la coordinatrice pour tous les JAM Français de l’étranger et nous aide à mener des actions en commun à travers le monde. Aux États-Unis, nous avons des jeunes partout : à New York, Austin, Philadelphie, Los Angeles... Souvent, ils sont membres actifs du comité En Marche local, et la structure des JAM FDE permet d'organiser des rencontres ou porter des projets sur des thématiques plus originales ou avant-gardistes. Par exemple, au mois de mars nous avons mené une grande réflexion sur la légalisation du cannabis en France, avec Caroline Janvier, la députée chargée de la mission parlementaire sur le sujet, et des jeunes des États-Unis et du Canada qui connaissent dans leurs pays de résidence différents modèles de légalisation. Les JAM fonctionnent comme un véritable laboratoire d'idées, et ça me plaît !

Ce laboratoire d'idées est aussi très concret : une de nos actions principales de ces derniers mois, c'est d'avoir formulé, avec des jeunes dans le monde entier, des propositions concrètes pour l'adaptation du SNU pour les jeunes à l'étranger. Aujourd'hui, ces propositions ont reçu le soutien de nombreux députés et membres du Gouvernement et tous les acteurs concernés travaillent sur leur implémentation à venir. Lors de notre lancement de campagne, Gabriel Attal a pu affirmer son soutien aux propositions et l'importance de cette prise d'initiative jeune et citoyenne dans le monde. Permettre aux jeunes dans le monde entier de formuler des propositions qui se voient ainsi reprises par le gouvernement est très gratifiant !

 

Jeunes avec Macron

Béatrice Leydier en conversation avec Gabriel Attal

 

À un an des prochaines élections présidentielles françaises, quelle est la stratégie de ce mouvement de jeunes adultes, notamment aux États-Unis où Emmanuel Macron avait été élu haut la main ?

Mobiliser ! De nombreux jeunes ici ne savent pas qu'ils peuvent voter pour les élections françaises. Les élections consulaires sont une excellente occasion de mettre en avant l'importance du vote à l'étranger. Nous avons une stratégie de communication sur les réseaux pour toucher les jeunes là où ils sont - instagram, twitter, reddit avec un AMA samedi 17 avril - en plus des canaux plus traditionnels comme les e-mails et groupes WhatsApp et Facebook. C'est important aussi de rappeler que les élections consulaires élisent des Grands Électeurs pour le Sénat, qui est à forte majorité LR et bloque toutes les réformes progressistes importantes depuis plusieurs années.

La meilleure façon de mobiliser, c'est avant tout d'écouter et de donner la parole. Le mois dernier par exemple, nous avons organisé une rencontre entre la députée Samantha Cazebonne et des jeunes lycéens à Washington et à Philadelphie pour parler de l'éducation française à l'étranger. On prend souvent la perspective des parents, des profs ou des administrations quand on parle d'éducation à l'étranger, mais c'est important d'avoir aussi la perspective des principaux intéressés : les élèves et étudiants ! Donner la parole à des élèves en établissement conventionné ou en programme FLAM nous a permis de montrer la diversité des parcours, de comprendre l'importance de la langue et la culture française pour les jeunes, et de mettre l'accent sur ce qui marche et ne marche pas. Cet exercice a donné lieu à des recommandations qui pourront s'appliquer dans le monde entier et véritablement parler aux jeunes, qui les ont formulées.

 

Vous êtes engagée en politique et sans doute l'une des plus jeunes femmes candidates aux prochaines élections consulaires ? Comment est né votre engagement politique et cette volonté d'entrer en politique locale ?

Oui ! J'étais toujours très intéressée par la politique mais sceptique du modèle partisan clivé, donc je n'avais jamais adhéré à un parti. Le principe de comités citoyens spontanés, comme celui que nous avons créé à Washington, m'a beaucoup plu chez En Marche, et c'est ce qui a motivé mon engagement local. Ensuite, rencontrer la communauté française si riche, diverse et entreprenante ici m'a donné envie de m'investir localement davantage. C'est comme ça qu'en 2019 j'ai co-organisé le Grand Débat à Washington — dont j'ai rédigé le compte rendu — et, en 2020, lancé l'initiative Entraide Amériques pour aider les Français en crise du COVID.

 

Que représente ce rôle de Conseillère des Français de l'étranger pour vous ?

Avant tout un relais direct et fort auprès du Gouvernement pour que les voix de nos concitoyens à l'étranger soient entendus. Être engagée au sein de la majorité présidentielle s'avère être un atout immense pour résoudre des problèmes locaux, pour lesquels on peut rapidement obtenir le soutien du député ou du ministre. Mais c'est aussi être un relais d'information et un moteur d'organisation ici à Washington et dans toute la circonscription. Il y a beaucoup de choses que l'on peut faire pour faciliter la vie locale, partager des bons plans, aider les gens avec des projets associatifs ou entrepreneuriaux, et s'organiser pour faire du lobbying auprès des autorités — que ce soit le county government pour les questions éducatives pour soutenir de nouveaux projets d'école française et faciliter les démarches locales, ou le Secrétaire d'État pour les questions de visa, entre autres. Récemment par exemple, nous avons envoyé un courrier commun au Secrétaire d'État pour évoquer les difficultés liées aux restrictions actuelles. Il y a beaucoup à faire, beaucoup plus que ce qui a été fait pendant 7 ans par les élus en place !

Un exemple d'initiative que je veux pérenniser et soutenir, c'est le projet Les Jeunes et les Consulaires que j'ai initié avec d'autres jeunes dans le monde pour impliquer les jeunes davantage dans leur représentation consulaire. C'est une simulation d'Assemblée des Français de l'Etranger, un peu comme un mini Model UN à la française ! Nous avons d'excellents retours sur cette initiative, et il y a plein de projets similaires dans le monde portés par des citoyens comme vous et moi que l'on peut mettre en avant.

 

Le Figaro titrait il y a quelques jours que le mouvement JAM s'effouflait. Vous qui en faites partie, vous êtes sûrement à même de nous livrer votre sentiment sur l'état d'esprit actuel des JAM ?

C'est une période difficile d'engagement pour tous les mouvements et associations ! La crise du COVID, la vie sur zoom et les restrictions de rassemblement n'ont pas rendu l'engagement facile. Ce n'est pas un phénomène spécifique aux JAM ou à LREM, d'après moi. Je le constate aussi dans d'autres activités associatives et culturelles, car je suis aussi très impliquée dans le monde du théâtre et de l'improvisation à Washington, qui a beaucoup souffert au cours de l'année écoulée. Paradoxalement, à l'étranger, je pense que le mouvement JAM a connu un regain d'activité l'année dernière plutôt qu'un essoufflement. Je pense que c'est lié au fait qu'en étant éloignés — de la France mais aussi les uns des autres — on était déjà davantage habitué aux formats virtuels, et tout d'un coup, on pouvait même se joindre plus facilement aux événements en France et organiser des débats et rencontres au travers des territoires. Aux États-Unis, on a produit énormément de contenu pour couvrir les élections américaines par les JAM pour les JAM sur notre insta et twitter et ça a été très apprécié. Depuis, on est à fond sur les élections consulaires à l'étranger et régionales en France, bien sûr !

 

Quel est votre message pour les jeunes Français expatriés aux États-Unis ?

S'engager au sein de la communauté française ici est une excellente façon de rester proche de la maison... Même si on n'a pas l'intention d'y retourner bientôt. Pouvoir être informé et discuter de l'actualité française avec des compatriotes, écrire des tribunes, prendre du recul avec notre perspective américaine, et aussi (souvent) se plaindre entre Français est quelque chose que je ne cherchais pas du tout quand je suis arrivée à Washington il y a six ans, mais qui contribue aujourd'hui, en partie, au fait que Washington est vraiment devenu la maison pour moi. On est une vraie communauté, un réseau, une ressource et ça a fait toute la différence pendant la période de la pandémie ! 

Ce qui est important, c'est de s'engager pour quelque chose qui nous importe. Pour moi, c'est la participation citoyenne et l'engagement des jeunes. Quand j'étais à Paris, j'étais très impliquée dans l'Institut Open Diplomacy qui remet les jeunes au cœur de la diplomatie. En Marche a récemment créé la plateforme pourunecause.fr où chacun peut proposer une cause citoyenne, politique, sociale qui lui tient à cœur et trouver des gens qui veulent défendre cette même cause. C'est ce qui donne tout le sens à l'engagement politique pour moi.

 

Si vous n'aviez qu'une phrase à dire à Emmanuel Macron, quelle serait-elle ?

On est prêts ! Ici, et partout, on est prêts à défendre les valeurs sociales, libérales, progressistes du projet En Marche pour une France forte au sein d'une Europe autonome, pour une société plus juste et des individus plus libres. 

 

Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal.
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