Mercredi 27 janvier 2021

Avoir 20 ans en plein Covid-19 : des vingtenaires témoignent

Par Harmonie Vandame | Publié le 11/01/2021 à 14:43 | Mis à jour le 14/01/2021 à 17:18
20 ans Covid-19

Lorsque l’on pense à la vingtaine, on pense à la jeunesse, à la découverte de soi, au moment transitoire vers un monde plus adulte. Généralement, la vingtaine fait appel à de nouvelles expériences au niveau universitaire, professionnel ou appelle voyage, à la découverte. L’année 2020 — début de la pandémie — a été particulière pour tout le monde, mais également pour cette tranche d’âge qui a pu se sentir freiné dans cet élan de découverte du monde et de soi — et également pour certains, se retrouver dans une précarité imprévue.

 

Changer son mode de vie 

Pour certains comme Zoé, étudiante à Maastricht en Interdisciplinary Arts, la pandémie a créé un éloignement dans un premier temps de son cercle amical puis de sa famille. « Je suis partie de chez mes parents, habitant aux États-Unis dans le New Jersey, en août après y avoir passé quatre mois en quarantaine, loin de tout, ou plutôt de ma vie. Je les ai quittés sans savoir quand serait la prochaine fois que je les reverrai ». Cette année fut aussi une première, car elle passa les fêtes avec ses amis et non sa famille comme elle en avait l’habitude.

La pandémie a compromis la sphère sociale et a fait ressentir un manque pour certains.  Pour Marianna, étudiante en dernière année de psychologie en Italie, cette année signifiait « ne plus pouvoir sortir avec ses amis ou passer du bon temps avec eux dans les cafés romains. C’est de renoncer pendant des mois entiers à ne pas voir mon copain avec qui je suis depuis plusieurs années, ce qui fut pour moi, un des manques les plus durs. »  Maxence, étudiant en économie politique à Montréal, conçoit la vie de façon duelle avec d’un côté les contraintes, le travail, les études ; et de l’autre, le plaisir social, les sorties entre amis, la rencontre de nouvelles personnes. « Cette année a totalement déséquilibré cette balance dans la mesure où on a perdu toute vie sociale ce qui est difficile pour certaines personnes de la vingtaine ».

En général nous associons la vingtaine comme les meilleures années de notre vie comme le rappelle Ophélie, étudiante  en Master en gestion du développement international et de l’aide humanitaire au Québec. « Si 2020 a été révélateur pour de nombreuses personnes de la vingtaine, car le confinement leur a permis cette exploration d’eux-mêmes, étant coupé de l’extérieur et de liens sociaux, une frustration et des manquements ont pu également se faire ressentir. Serais-je en train de passer à côté de ce qui est censé être mes meilleures années ? Alors que je devrais être dans la période de ma vie où je me sens le plus libre, n’est-ce pas injuste que ce satané virus me retire cette liberté ? » Cette perte de liberté fut également ressentie par Samuel, pâtissier en France, avec l’annonce du couvre-feu « on doit s’adapter en se voyant plus tôt et rentrer plus tard ou plus tôt. Il y a une perte de liberté dans la façon d’organiser ses journées et soirées. Je trouve ce mode de vie un peu triste ».

 

Avoir la vingtaine en plein Covid, c’est apprendre à s’adapter

Pour Charlotte, diplômée d’une licence de tourisme et actuellement en année de césure, cette année lui a appris à s’adapter. « Moralement ce n'est pas facile et il y a eu à quelques moments de déprime, d'improductivité voire d'inefficacité ou carrément d'abandon, mais je trouve qu'il y a eu une force qui a pu dépasser tout ça, c'est l'adaptabilité ». Pour Zoé, la pandémie lui a appris à grandir plus rapidement « tu dois savoir t’adapter, te réjouir des heureuses occasions, et quelque part, grandir plus vite, moins innocente et plus consciente. Tu apprends que rien n’est jamais acquis et que les choses changent ».

Cette année a été une expérience de vie dans le milieu universitaire comme professionnel. Un grand nombre d’étudiants se sont retrouvés à suivre leurs cours derrière leurs ordinateurs sans contact social. Ils ont dû créer de nouvelles façons de communiquer. D’autres se sont retrouvés au chômage partiel comme Samuel. Certains ont su tirer des avantages du premier confinement. Samuel a pu faire beaucoup de choses qu’il repoussait depuis longtemps comme le jardinage « ce fut une nouvelle expérience donc la découverte d’un nouveau mode de vie ».

 

2020 a permis pour certains d’obtenir une plus grande conscience de certains enjeux actuels :

Pour Charlotte 2020 ce fut « d’avoir de plus en plus une conscience de l'environnement, de notre rôle face aux défis écologiques, d’être confronté aux crises économiques, politiques et sociétales ». Marianna se considère chanceuse par rapport aux enfants « qui souffrent beaucoup plus que nous les jeunes adultes avec l’absence de leurs ami.es ou amoureux.ses ». De même Ophélie relativise de sa situation face à la précarité de certains jeunes adultes « avoir 20 ans en pleine pandémie, c’est dur oui, mais c’est plus dur pour certains que pour d’autres. Nous ne sommes pas invincibles et certains d’entre nous ressortiront d’ailleurs encore plus vulnérables après l’expérience éprouvante qu’a été la pandémie cette année ».

Pour Samuel, son inquiétude envers l’avenir  s’est agrandie. Au début de l’année 2020, il était plein d’espoir avec la baisse de la consommation et des moyens de transport qu’il voyait comme l’occasion de saisir un virage radical. Mais son espoir s'est amoindri en réalisant qu'après «  le confinement tout ce qu’on attendait c’était de revenir à la normale avec le même mode de vie qu’auparavant. Les États ont fait en sorte que l’économie soit relancée et que tout reprenne sur les mêmes rails ». Actuellement, il est un peu inquiet pour la suite, car au-delà des soucis environnementaux s’ajoute le problème des épidémies qu’on n’avait pas forcément anticipées et qui peuvent devenir récurrentes à l’avenir. Ainsi, je finirai avec les mots de Zoé « en 2020 quand tu as la vingtaine, tu attends 2021 autant que tu t’en méfies ».

 

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Harmonie Vandame

Harmonie Vandame

Diplômée d’une licence en études internationales avec spécialisation en paix et sécurité, je m’apprête à commencer un master en administration humanitaire en Amérique du Nord.
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