À New York, certaines communautés s’imposent par des quartiers entiers. D’autres existent différemment, à travers les commerces, les lieux de rencontre et les habitudes du quotidien. Les Marocains font partie de cette deuxième catégorie. Sans enclave officielle, ils ont réussi à préserver leur culture et à transmettre leurs traditions tout en s’intégrant pleinement à la ville.


Une présence diffuse mais bien réelle
La communauté marocaine à New York est dispersée, mais son influence se lit dans le quotidien. Épiceries, salons de thé, cafés et restaurants reflètent cette identité, où l’arabe, le français et parfois l’amazigh se croisent. Le thé à la menthe, les pâtisseries traditionnelles ou les épices comme le cumin et le safran sont autant de petits signes qui rappellent le Maroc. Certains commerces importent même directement des produits du pays, allant des olives aux tajines, ce qui attire une clientèle marocaine mais aussi curieuse de découvrir la culture culinaire marocaine.
Des vagues d’immigration variées
Les premières vagues marocaines arrivent surtout dans les années 1970 et 1980. Étudiants, commerçants, artisans ou cadres qualifiés sont attirés par les opportunités académiques et économiques, notamment dans la finance, la santé ou l’ingénierie. À partir des années 2000, de jeunes professionnels et des familles immigrent pour profiter des études universitaires ou du marché du travail. Sans quartier concentré, les Marocains s’organisent autour de réseaux informels, restaurants, associations culturelles comme le Moroccan American Cultural Center, ou événements ponctuels autour de la musique, de la danse et de la langue. La transmission culturelle se fait aussi dans les familles, avec un apprentissage de l’arabe et des traditions culinaires dès le plus jeune âge.
« On vient pour (...) parler arabe ou français et retrouver une ambiance qui nous rappelle le Maroc. »
Astoria, point d’ancrage discret
Astoria, dans le Queens, est aujourd’hui un des principaux lieux de vie de la communauté. Sur Steinway Street, certains établissements sont devenus des repères, comme le Rotana Lounge, où l’on vient autant pour le couscous que pour partager des nouvelles avec d’autres Marocains. « Ce n’est pas seulement un restaurant, c’est un lieu où l’on se retrouve », explique Samir, installé depuis dix ans. « On vient pour manger, mais surtout pour échanger, parler arabe ou français et retrouver une ambiance qui nous rappelle le Maroc. » D’autres lieux comme des salons de thé ou des épiceries communautaires accueillent régulièrement des événements culturels ou des célébrations comme l’Aïd ou le Ramadan.
« On devient new-yorkais très vite, mais la culture marocaine reste présente au quotidien. »
Préserver et transmettre son identité
Aujourd’hui, les Marocains de New York sont bien intégrés et actifs dans tous les secteurs de la société : finance, ingénierie, santé, arts et culture. Leur identité se vit davantage dans la sphère privée et les réseaux communautaires, cuisine traditionnelle, musique, fêtes religieuses et apprentissage de la langue. « On devient new-yorkais très vite, mais la culture marocaine reste présente au quotidien », explique Efe, commerçant à Astoria. Cette diaspora, bien que discrète, contribue à la diversité culturelle de la ville et continue de transmettre un héritage riche, alliant traditions anciennes et vie moderne new-yorkaise.
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