Donald Trump va tenter lundi de convaincre les Américains de faire à nouveau confiance aux républicains lors d'un ultime discours à Washington, à la veille d'élections de mi-mandat périlleuses pour son camp et cruciales pour ses deux dernières années à la Maison Blanche.



En face, les démocrates jettent aussi leurs dernières forces dans la bataille pour reprendre mardi le contrôle du Congrès aux républicains.
Pour décrocher le Sénat, les démocrates espèrent notamment la victoire de James Talarico au Texas et d'Adam Hamilton au Kansas, qui organisent des rassemblements lundi dans ces États traditionnellement conservateurs, point d'orgue d'une campagne des "midterms" tendue.
Le président américain, qui a multiplié les meetings ces dernières semaines, a choisi de s'exprimer une dernière fois à Washington, au bord du bassin du Lincoln Memorial, devenu emblématique de sa volonté contestée de remodeler la capitale.
"Nous allons gagner", a martelé dimanche le milliardaire républicain, qui cherche depuis des mois à semer le doute sur l'intégrité du scrutin et a évoqué par avance une possible contestation des résultats.
Historiquement, le parti qui occupe la Maison Blanche perd du terrain au Congrès lors des élections de mi-mandat, souvent vues comme un référendum sur le président.
Les démocrates sont ainsi favoris pour reprendre la majorité à la Chambre des représentants, dont tous les sièges sont renouvelés.
Les démocrates :"Outrageusement optimistes"
La bataille pour le Sénat, où 35 des 100 sièges sont en jeu, demeure, elle, incertaine, même si un sondage dimanche du Siena College pour le New York Times montre les candidats démocrates favoris à présent dans la plupart des États les plus disputés, notamment le Texas et le Maine.

Le seul contrôle de la Chambre donnerait aux démocrates la main sur le budget fédéral et la possibilité de lancer des enquêtes parlementaires sur des présomptions de corruption sous l'administration Trump, le dossier Epstein et d'autres sujets explosifs.
Un Sénat à majorité démocrate pourrait bloquer les nominations à vie par le président au sein du pouvoir judiciaire, en particulier à la Cour suprême.
Les démocrates restent tout de même prudents, les sondages ayant par le passé sous-estimé la mobilisation de la base trumpiste. Le sénateur démocrate Raphael Warnock a ainsi parlé sur CNN d'un état d'esprit "outrageusement optimiste" dans son camp.
Il n'en demeure pas moins qu'une majorité d'Américains sont désenchantés par Donald Trump depuis son retour au pouvoir.
Un sondage publié dimanche par NBC News montre que 60% d'entre eux désapprouvent son action, notamment en raison de l'explosion du coût de la vie. Une situation d'autant plus aggravée par la guerre contre l'Iran, qu'il a initiée malgré sa promesse d'arrêter les campagnes militaires à l'étranger.
Record de participation pour le vote anticipé
Face à ce bilan impopulaire, les républicains ont préféré conduire pendant la campagne une politique de la terre brûlée, présentant notamment les démocrates comme de dangereux "communistes".
En meeting dans l'Iowa dimanche, Donald Trump a affirmé que l'opposition était constituée de "radicaux extrémistes" qui laisseront entrer des migrants pour "mettre à sac, violer et piller".

Le président américain avait déjà qualifié ces derniers mois de "terroriste" le démocrate Abdul El-Sayed, qui deviendrait le premier sénateur musulman s'il était élu dans le Michigan.
Dans cet État industriel du nord, la campagne a connu un nouveau bouleversement dimanche avec le ralliement de la démocrate Haley Stevens - qui avait perdu face à Abdul El-Sayed lors des primaires - au candidat républicain Mike Rogers, à la grande satisfaction notamment de Donald Trump.
"C'est une trahison abjecte", a jugé le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, conscient qu'il est possible que le contrôle de la chambre haute se joue à un siège près.
Signe de l'importance des enjeux de mardi, un chiffre record de 54 millions de personnes, dont une majorité d'électeurs enregistrés comme démocrates, a déjà voté de manière anticipée.
Ces élections ont vu environ 11 milliards de dollars dépensés en campagnes publicitaires, dont une large part provenant de mégadonateurs privés, comme Elon Musk, qui a versé à lui seul près d'un demi-milliard de dollars.
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