Après une vie personnelle marquée par la violence, Sonia Kermen est partie vers les Etats-Unis et a trouvé refuge dans l'écriture. Sa nouvelle Le souffle de l'aurore parue dans l'ouvrage Le jour où elles se sont choisies évoque cette reconstruction à l'étranger : "Ce départ, symbolisé par ce « souffle à l’aurore » dans l'avion, était l'acte fondateur de ma décision de "me choisir" et d'offrir une vie de paix à mes enfants"


Comment êtes-vous arrivée aux États-Unis ?
Mon arrivée aux États-Unis il y a 18 ans a été le point de départ d'une véritable renaissance personnelle. Après avoir traversé des épreuves marquées par la violence et la nécessité de me protéger, j'ai tout planifié avec l'aide d'une avocate pour obtenir les documents nécessaires et quitter mon pays. Ce départ, symbolisé par ce « souffle à l’aurore » dans l'avion, était l'acte fondateur de ma décision de "me choisir" et d'offrir une vie de paix à mes enfants.
L'expatriation a apporté une dimension bilingue et multiculturelle à mon travail
Est-ce que votre vie aux États-Unis a influencé votre écriture ?
Absolument. L'expatriation a apporté une dimension bilingue et multiculturelle à mon travail, m'incitant notamment à écrire des livres jeunesse bilingues pour offrir à mes enfants avec Enzo le petit aventurier/Enzo the Little adventurer, et à d'autres, cette richesse linguistique. De plus, vivre dans des États aussi variés que la Californie, le Colorado et aujourd'hui la Caroline du Nord a nourri mon inspiration. Le dépaysement et la solitude relative de l'expatriée m'ont permis de puiser dans mes racines (bretonnes) tout en développant une écriture centrée sur la résilience et l'authenticité.
Comment en êtes-vous venue à collaborer à l'ouvrage Le jour où elles se sont choisies ?
En tant qu'autrice et philanthrope, je conçois la littérature comme un moteur de création collective. Ma participation à cet ouvrage collectif, paru en mars 2026 aux Éditions Mindset, s'inscrit naturellement dans mon parcours de co-autrice d'anthologies participatives. Quand Julie Dénès m'a présenté son projet, il a immédiatement représenté pour moi un hymne à l'émancipation féminine, une valeur que je porte tant dans ma vie que dans mes écrits.
Le souffle de l'aurore est un témoignage de ma propre traversée du désert
Votre nouvelle Le souffle de l'aurore évoque la reconstruction après les violences. En quoi ce sujet vous touche-t-il particulièrement ?
Ce sujet est au cœur de mon identité car il est le reflet de mon propre vécu. J'ai moi-même connu l'enfer de la violence, de l'intimidation et du harcèlement, dès l'enfance puis dans ma vie d'adulte. Le souffle de l'aurore n'est pas une fiction ; c'est un témoignage de ma propre traversée du désert, du combat pour briser les schémas de soumission et de la difficulté de se reconstruire quand le système banalise parfois votre souffrance.
La liberté est possible et il n'est jamais trop tard pour se choisir
Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ce projet ?
Je veux dire aux femmes que la liberté est possible et qu'il n'est jamais trop tard pour se choisir. Mon message est celui de l'espoir et de l'action : ne rien se reprocher, sortir du silence et transformer ses blessures en cicatrices de résilience. Je souhaite insuffler le courage de briser les chaînes pour que les générations futures, comme ma fille et ma petite-fille, ne connaissent jamais ces horreurs.

Travaillez-vous actuellement sur d'autres nouvelles ou ouvrages ?
Mon actualité est très riche ! Je viens tout juste de publier, ce 1er mai, un nouveau livre intitulé À la ferme de Rose / Rose at the farm, qui vient enrichir ma collection d'ouvrages bilingues. Parallèlement, je suis actuellement en phase de correction sur un nouveau roman mettant en scène quatre héroïnes, tout en continuant d'explorer la polyvalence littéraire qui me tient à cœur.
Sur le même sujet

























